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Le 17/03/2010 à 04:32

La Banque mondiale conseille à la Chine de laisser s'apprécier sa monnaie


La Banque mondiale a recommandé mercredi à la Chine de laisser sa monnaie s'apprécier pour contenir les pressions inflationnistes, tout en prédisant une croissance plus forte que prévu cette année dans la troisième économie de la planète, de 9,5% sur un an.

"Renforcer le taux de change peut aider à réduire les pressions inflationnistes et à rééquilibrer l'économie", a affirmé la Banque mondiale dans son rapport trimestriel sur l'économie chinoise.

Un taux de change fort "fait partie de l'arsenal" des moyens pour contrer l'inflation et les flux de capitaux entrants, a souligné l'économiste de la BM Ardo Hansson en présentant le rapport à la presse.

Forte de la reprise de ses exportations et d'une croissance de 8,7% en 2009 malgré la crise internationale, la Chine fait face à des pressions accrues de ses partenaires commerciaux, notamment des Etats-Unis et de l'Union européenne, pour laisser le yuan reprendre son mouvement à la hausse des années 2005-2008.

Depuis l'été 2008, la monnaie chinoise est restée chevillée au dollar, ce qui a déclenché ces dernières semaines la colère des parlementaires américains.

Mardi, des sénateurs américains ont désigné la Chine comme un pays manipulant sa monnaie pour aider ses exportations, estimant que cela avait "contribué à la récession mondiale et maintenant entrave la reprise".

Mais la Banque mondiale met l'accent sur les avantages au plan intérieur d'une appréciation du "renminbi" (Ndlr: monnaie du peuple).

"Les attentes d'inflation peuvent être contenues par davantage de contrôle monétaire et un taux de change plus fort, tandis que la politique monétaire a aussi un rôle clef pour contenir les risques de bulles de prix d'actifs", dit le document.

L'institution souligne que l'inflation elle-même devrait rester modeste, mais que les responsables chinois auront à gérer les attentes d'inflation, devront garder sous contrôle les prix immobiliers ainsi que la dette des gouvernements locaux.

La relance des exportations et des investissements immobiliers robustes devraient être les piliers de la croissance cette année, qui atteindra 9,5% en glissement annuel, selon les prévisions de la BM qui en janvier tablait sur 9,0%.

La relance de l'économie chinoise l'an dernier s'est appuyée sur le grand plan d'investissements de Pékin annoncé à l'automne 2008, prévoyant 586 milliards de dollars de dépenses sur deux ans, dont le tiers apporté par le gouvernement central.

Ce plan s'est accompagné d'un ample relâchement du contrôle monétaire et d'un bond du crédit.

Pékin s'efforce désormais de calmer le jeu, craignant de remarcher sur la voie de la surchauffe et a déjà élevé deux fois depuis le début de l'année les taux de réserves obligatoires des banques qui les obligent à conserver davantage d'argent et donc limitent leurs prêts.

"Le contrôle monétaire doit être plus fort que l'année passée et les arguments en faveur de la flexibilité du taux de change et d'une plus grande indépendance vis-à-vis des Etats-Unis se renforcent", indique la Banque.

En dépit des pressions et accusations, le gouvernement chinois insiste sur la nécessité de garder la stabilité du yuan, soulignant qu'elle a contribué à la relance de l'économie mondiale, dont la Chine a été une locomotive.



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