Rechercher sur le site

Volumes des agrégats monétaires USD et EUR

sur 2
Aller au dernier message
Posté par : philippulus le 03 Nov 2008, 00:05

GROSSIERE ERREUR - CORRIGEE CI-DESSOUS (9 Nov. 2008)

 

Taille des agrégats monétaires et PIB des économies:

 

USD

Base monétaire (22 Oct 08) :  1,182 trilliards - AAGR 38 %

True Money Supply (1 Sept 08) : 54,834 5,483 trilliards - AAGR 4.12 %

PIB US (2007) : 13,8 trilliards

 

EUR

M1 (1 Sep 08) : 3,8794 trilliards - AAGR 1,54 %

M3 (1 Sep 08) : 9,224 trilliards - AAGR 8,26 %

Taille de l'économie de l'euro-zone : 12,581 trilliards (18,493 trilliards en USD)

 

 

L'économie de l'euro-zone en 2008 est d'environ 1/3 supérieure à celle des USA en terme de PIB.

Sa base monétaire est toutefois bien plus importante (si l'on compare M1 en EUR à la Base monétaire en USD), ce qui veut dire que la zone Euro est beaucoup plus liquide.

Son agrégat M3, c'est à dire incluant le crédit de circulation, est beaucoup plus faible que le TMS en USD, ce qui veut dire que la zone Euro fait beaucoup moins appel au levier monétaire pour financer son développement.

En effet, la devise US est démultipliée près de 50 fois (TMS / Base) tandis que la devise européenne est multipliée par un peu plus de 2 (M3 / M1).

Cela constitue une énorme différence significative, et c'est notamment la faiblesse de la base monétaire US ainsi que son énorme niveau de levier qui doit nous surprendre.

 

 

Ce sont des chiffres qu'il faut garder à l'esprit lorsque l'on compare les économies des deux zones et que l'on s'intéresse au cours de la paire EURUSD.

 

Avec la croissance récente de la base monétaire US, que l'on peut qualifier d'hyperinflationniste, il serait surprenant de constater la poursuite de la hausse du dollar US par rapport à l'Euro.

"La première panacée d'un gouvernement mal géré, c'est l'inflation de la devise. La deuxième, c'est la guerre. Toutes deux apportent une prospérité temporaire ; toutes deux apportent une ruine plus permanente". Hemingway --- Mon blog: http://philippulus.daily-bourse.fr/
Posté par : btrtorx le 03 Nov 2008, 10:21

c'est exactement le point de vue que je défendais sur une autre file avec à l'appui des arguments macro-économiques. La hausse du USD me parait compromise une fois le deleveraging achevé.

Mon Blog sur la crise financière http://colletis-wahl.over-blog.com/
Posté par : philippulus le 03 Nov 2008, 21:11

En commentaire de l'analyse de Dupilon : La crise 2008 : Comparaison avec un modèle oublié

 

Tout d'abord, pourquoi aller chercher ailleurs ce qu'on peut trouver à la maison:

 

StLouisMonetaryBase.gif

 

D'autre part, que veut dire ce "Compounded Annual Rate of Change"? Comment st-il calculé?

Car pour ma part, je calcule le ROC en année glissant et je trouve ceci:

 

StLouisMonetaryBaseAAGR.gif

 

Ce qui montre que l'inflation monéaire est actuelle est infiniment plus forte que celle de 1937.

D'autre part, en 1937, le dollar tenait la dragée haute à toute les autres monnaies de la planète, tandis qu'à l'époque actuelle, d'autres devises planétaires ont acquis une importance significative, comme je l'indique dans ce message sur les agrégats monétaires en USD et en EUR.

 

D'autre part, je constate un phénomène étrange et pénétrant forum_bourse_10

 

Si l'on trace la progression de la base monétaire et du True Money Supply (selon mises.org) en USD en échelle semi-log, et que l'on trace une courbe de tendance linéaire, on obtient la chose suivante:

 

TMS-Base-Semilog.gif

Les deux tendances sont linéaire et possèdent la même pente. Ce qui veut dire que le TMS tout comme la Base monétaire sont historiquement en croissance exponentielle, et que le rapport TMS/Base est en moyenne historique une valeur constante de 6,9963 / 1,6866 = 4,15 !

La question étant bien entendu de savoir si la croissance économique est elle même exponentielle sur le très long terme !

En tout état de cause, toute monnaie frappée est multipliée plus de 4 fois en moyenne par la magie du multiplicateur bancaire.

L'inflation ou l'hyper-inflation de la base monétaire étant l'arme absolue utilisée historiquement par la FED pour tenter de lutter contrer les marchés baissiers.

 

On remarque aussi une tendance équivalent sur l'EUR, bien qu'ici M1 et M3 sont beaucoup plus proches:

 

M1M2M3EUR.gif

 

Mais aussi que la "base monétaire" en Euro est en croissance quasiment nulle, tandis que la croissance européenne de ces dernières années s'est réalisée sur une hausse brutale du crédit de circulation, compte tenu de la croissance de M2 et M3:

 

M1M2M3EURAAGR.gif

 

Tout ceci reste assez incohérent: désinflation de M1 en Euros, hyperinflation de la base en Dollars US.

Un peu de réflexion devrait nous permettre d'y voir plus clair.

"La première panacée d'un gouvernement mal géré, c'est l'inflation de la devise. La deuxième, c'est la guerre. Toutes deux apportent une prospérité temporaire ; toutes deux apportent une ruine plus permanente". Hemingway --- Mon blog: http://philippulus.daily-bourse.fr/
Posté par : philippulus le 04 Nov 2008, 06:46

Une autre vision des chose:

- En orange, la base monétaire en USD

- En noir, la moyenne mobile 100 période

- En bleu, les périodes inflationnistes

- En rose, les périodes déinflationnistes

- Lors de la transition entre rose et bleu : LA DEFLATION !

 

USDFlations.gif

 

Nous allons vers la DEFLATION.

L'épisode actuelle hyperinflationniste n'est qu'une tentative supplémentaire de combattre la crise économique, mais si l'on observe le graphe, on observe que les pics de création monétaire ont toujours été suivis de pics dé(sin)flationnistes.

Il s'agit d'une tendance lourde de long terme.

Je souhaite mettre ceci en parallèle avec un commentaire de Peter Berstein reçu ce jour dans ma boite e-mail:

inflation  From 1954 to 1969, the average annual rate of inflation was 2.1% with a standard deviation of 1.5%. The period from 1970 to 1999 was entirely different, with an annual inflation rate that averaged 5.3% and a high standard deviation of 3.2%. Then matters settled back down again for the next eight years, with an average of 2.8% and a standard deviation of only 0.9%.

 

Berstein utilise bien entendu le terme d'inflation en référence au CPI (consumer price index), représentant les prix à la consommation.

Voyez vous la corrélation avec la moyenne mobile noire (qu'il faudrait décaler vers la gauche pour qu'elle corresponde parfaitement) relative au taux d'inflation monétaire moyen?

"La première panacée d'un gouvernement mal géré, c'est l'inflation de la devise. La deuxième, c'est la guerre. Toutes deux apportent une prospérité temporaire ; toutes deux apportent une ruine plus permanente". Hemingway --- Mon blog: http://philippulus.daily-bourse.fr/
Posté par : dupilon le 04 Nov 2008, 08:48

Bonjour Nicolas,

 

 

Si je me réfère à ton graphique AAGR , il s' agit bien de % d' évolution de la base monétaire. En ce sens, tant que le pourcentage reste supérieur à zéro , tu as toujours une création monétaire.  Simplement , sa vitesse augmente ou décroit selon les périodes .

A travers ton graphique , il n' y a pas eu de réelle déflation , mais plutôt une désinflation , c.a.d. un ralentissement de la croissance monétaire , exception faite de la période 1929-32 et d' un bref épisode vers les années 50 où on a assisté à une réelle déflation monétaire , toujours selon ton graphique.

Ici, avec une montée verticale du taux de croissance de la masse monétaire, on va certainement éviter la déflation réelle pour se retrouver au beau milieu d' une récession profonde. C 'est en tout cas ce que souhaite obtenir la Fed , qui n' a pas été en mesure d' éviter cette récession .

Jouer sur le thème de la déflation, comme elle ne cesse de la faire depuis plusieurs mois sert ses intérets , à savoir augmenter fortement la masse monétaire sans être considérée comme coupable de la hausse du cout de la vie et devoir  en subir les reproches .

 

Mais bref, je ne cherche pas à te convaincre, nous avons déja eu l' occasion d' évoquer le sujet autour d' une table . Mes propos ne sont là que pour tenter d' éclairer le lecteur . Enfin , j' espère......analyse_technique_15

 

 

 

Posté par : philippulus le 04 Nov 2008, 08:53

Didier,

C'est une question d'échelle et e timing: un épisode hyperinflationniste de "courte durée" devrait être suivi d'une longue phase désinflationniste, puis éventuellement déflationniste.

Il faut pour cela prolonger la courbe noire sur de nombreuses années.

Une relecture du graphe s'impose pour bien comprendre mes propos.

"La première panacée d'un gouvernement mal géré, c'est l'inflation de la devise. La deuxième, c'est la guerre. Toutes deux apportent une prospérité temporaire ; toutes deux apportent une ruine plus permanente". Hemingway --- Mon blog: http://philippulus.daily-bourse.fr/
Posté par : dupilon le 04 Nov 2008, 09:16

Citation : philippulus

Didier,

C'est une question d'échelle et e timing: un épisode hyperinflationniste de "courte durée" devrait être suivi d'une longue phase désinflationniste, puis éventuellement déflationniste.

Il faut pour cela prolonger la courbe noire sur de nombreuses années.

Une relecture du graphe s'impose pour bien comprendre mes propos.

 

 

Nicolas,

 

 

Alors nous sommes d' accord . Une période désinflationniste n' empêche absolument pas une hausse du cout de la vie et des matières premières. C 'est une simple réduction du % de croissance de cette masse monétaire.

Elle peut effectivement  devenir déflationniste si la Fed ne parvient pas à atteindre son but . Le risque existe à terme , actuellement , mais il n 'est pas déja inscrit comme un fait inévitable . Tout ( ou presque ) dépendra de ces agissements de ces Messieurs les banquiers centraux au cours des prochains trimestres.       

 

 

2D.gif

 

 

 

 

Posté par : btrtorx le 04 Nov 2008, 10:03

une question :

une baisse drastique du coût de l'immobilier et des actions, une augmentation du chômage qui provoque fatalement une baisse du pouvoir d'achat, n'est-ce pas déjà les prémices d'une déflation?

Mon Blog sur la crise financière http://colletis-wahl.over-blog.com/
Posté par : dupilon le 04 Nov 2008, 10:18

Tout dépend ce que l' on définit par prémices.

A  mes yeux , même avec une baisse de 30% par rapport à ses sommets, le prix de l' Immobilier est toujours nettement trop élevé , et supérieur aux prix en vigueur il y a 10 ans . Pour  les actions , les fluctuations de la Bourse s' avèrent parfois excessives , tant à la hausse qu' à la baisse . La correction de 2001-2002 n ' a pas pour autant débouché sur une déflation, que du contraire.

Quant au chomage , leproblème est plus grave , mais cela fait déja prés de 30 ans qu' il est en augmentation , malgré les multiples plans de relance. Comment créer de l' emploi quand on facilite les délocalisations ? Faudrait déja résoudre cette antinomie . Sur le plan de la consommation, on a résolu le problème en accordant des prêts de plus en plus aisément , soit directement, soit par l' implémentation des cartes de créit et pire , des cartes de consommations fidélisées ( Auchan, Carrefour , etc.....)  Il n ' y a donc pas eu d' effets déflationnistes tant que la consommation s' est maintenue , malgré la hausse du chomage.

 

Par contre , si la crise actuelle débouche sur un véritable ressérement du crédit , quelque chose de durable , et pas juste une légère contraction de quelques mois , alor là les prémices d' une déflation deviendront un peu plus conséquents , car sans une base d' acheteurs suffisante , on pourrait assister à un recul réel des prix à la consommation.

Mais pour l' instant , je constate plus de bruits que d' effets réels , hormis les prix à la pompe. Je n 'ai pas constaté de répercussions importantes de la baisse du cout du pétrole sur les prix dans les supermarchés. Pourtant , ce fameux pétrole a été mis en exergue par les producteurs comme étant la cause principale de la hausse des prix, puisqu' il intervient à plusieurs niveaux dans la chaine de production.

 

Bien complexe, tout cela........

 

 

Posté par : philippulus le 09 Nov 2008, 11:02

Citation : btrtorx

c'est exactement le point de vue que je défendais sur une autre file avec à l'appui des arguments macro-économiques. La hausse du USD me parait compromise une fois le deleveraging achevé.

Hormis que je me suis trompé d'un facteur 10 dans l'évaluation du TMS sur les graphe.

5000 milliards n'ont jamais fait 50 trilliards, mais bien 5 trilliards.

Désolé pour cette erreur.

 

Paradoxalement, j'ai posté plusieurs analyses sur les masses monétaires, et plusieurs fois en utilisant des données inexactes, mais personne ne m'a fait de remarques. Les spécialistes de la monnaie ne sont pas (encore) sur Daily Bourse).

"La première panacée d'un gouvernement mal géré, c'est l'inflation de la devise. La deuxième, c'est la guerre. Toutes deux apportent une prospérité temporaire ; toutes deux apportent une ruine plus permanente". Hemingway --- Mon blog: http://philippulus.daily-bourse.fr/
Posté par : GOLD le 09 Nov 2008, 11:48
M3 inclus M1, n'est ce pas le rapport M3-M1/M1 qui faut calculer ?
voleur de poule bak - eleveur de tik
Posté par : vincenzo le 09 Nov 2008, 11:53

Citation : dupilon

. Comment créer de l' emploi quand on facilite les délocalisations ? Faudrait déja résoudre cette antinomie . Sur le plan de la consommation, on a résolu le problème en accordant des prêts de plus en plus aisément , soit directement, soit par l' implémentation des cartes de créit et pire , des cartes de consommations fidélisées ( Auchan, Carrefour , etc.....)  Il n ' y a donc pas eu d' effets déflationnistes tant que la consommation s' est maintenue , malgré la hausse du chomage.

 

Bien complexe, tout cela........

 

 

Hello

 

Pour les délocalisations, tu ne pourras à mon avis ne rien faire même en baissant les charges sociales (comment rivaliser avec des chinois qui touchent 0,5 Dollar par heure en moyenne face à un américain ou un européen.....). Les plans de relances ne fonctionnent pas forcément (la baisse des impôts n'a jamais entrainé une augmentation de la consommation : en général les gens aisés en profitent pour plus épargner).

 

 

 

Un livre a lire : Une brève histoire de l'avenir de Jacques Attali (il essaye de dessiner un avenir à partir de l'économie actuelle).  Sa vision anticipée sur les prix immobiliers américain (et sur sa devise) est très intéressante. Il voit une diminution du prix des biens immo US avec une issue d'insolvabilité de ces ménages qui ont emprunté à taux variable.

 

Son livre a été écrit avant la crise des subprimes (Publication :31/10/2006). Sa vision a pris forme (crise financière).

 

Petit extrait du bouquin (page 225) :

 

"D'autres banques centrales étrangères commenceront ainsi à équilibrer leurs reserves en d'autres devises (ie autres que le $). Le trésor américain devra proposer un rendement beaucoup plus élevé pour ses emprunts, alourdissant le coût pour les américains des nouveaux contrats de vente à crédit; des prêts hypothécaires et des dettes indéxées sur les taux variables, comme les cartes de crédit. Les ménages américains devront vendre leurs logements donnés en garantie de leurs crédits ; le prix de l'immobilier aux Etats unis baissera massivement : la pyramide du crédit, dont l'assise est la valeur des logements des Américains, s'effondrera.Les ménages endettés deviendront insolvables."

 

 

 

Quand le chomage augmentera, il faudra baisser les prix (pour toucher plus de consommateurs et accroître/maintenir ses parts de marchés) vu que la consommation diminuera

L'Etat n'oblige pas les employeurs à payer les salariés au smic (contrairement à ce qu'affirment certains forumeurs - sur le sujet de l'économie, l'ignorance de certains forumeurs est abyssale)...heureusement pour moi et mon bulletin de paie/Le sage aime tous les hommes et na de partialité pour personne. Lhomme vulgaire est partial et naime pas tous les hommes. (Confucius) ******** depuis cette page des liens vers mes blogs http://vincenzo.fr.free.fr
bourse