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Un vrai article sur le trophée d'or AT 2009

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Posté par : Pierre Orphelin le 08 Sep 2010, 14:20
Index de l'article
Le trophée d'or 2009 de l'analyse technique
Le centre de gravité, grave...
La raison, ce n'est pas raisonnable
Le maquillage, tout un art...
France2 valide la recompense
Conséquences dérives incontrolées
Toutes les pages

 

Cet article présente un cas d'école extraordinaire sur les dérives de l'analyse technique et de sa médiatisation à tout prix. Rares sont ceux qui en connaissent les tenants et aboutissants, aussi lisez jusqu'au bout et vous serez surpris de la taille des couleuvres qu'on peut faire avaler à un public manipulé et désinformé (ou plutôt informé faussement, et sans contradicteurs). Et comble de la gourmandise, on remet le couvert en septembre 2010 avec la même recette. Tant que ça marche, pourquoi se gêner, n'est ce pas ? Oyez bonnes gens,

La fabuleuse, véridique mais lamentable, histoire du Trophée d'Or de L'Analyse Technique 2009


1-Partons du résultat pour comprendre :

Vous pouvez consulter leur site, SalonAT.com  tout y est, y compris les revendications d'autorité sur la matière, d'éducation, de formation et de diffusion du savoir boursier : On y parle d'université, de méthodes de traders à succès, des meilleurs intervenants, on y délivre des récompenses, et la presse est invitée à répercuter ces évènements, ce qui par chance peut se faire sans difficulté, les organes de presse ayant souvent un stand avec hôtesse(s) dans la partie commerciale du salon. Rien que du très sérieux, donc.

Le lauréat y a été adoubé en mars 2009 par le vote du public du salon de l'analyse technique qui se tient depuis 2000 à Paris (France).
 (1231 voix sur  4477 bulletins)

 

 

La  publicité en  question  mène vers  le site commercial du lauréat  qui  produit divers documents visant à prouver le caractère génial de l'invention, dont des videos et des documents au format HTML ou PDF qui expliquent le principe du "Centre de  gravité des mouvements  boursiers" (sic!).
On retiendra tout particulièrement une vidéo ébouriffante   datant de 2008, disponible sur YouTube, ainsi qu'un document PDF  qui reprend les mêmes arguments du plus haut intérêt et qui à l'évidence ont emporté l'adhésion du vote du public en 2009.

Enfin un forum de discussion du lauréat  accompagne le tout et quelques messages sont assez révélateurs : Certains doutent, mais ils n'auront pas gain de cause, le vendeur espagnol des outils dorés veille au grain.

Pour la suite des évènements et comprendre de quoi il s'agit, il  vous faut avoir accès aux documents suivants que nous allons utiliser dans ce qui suit :

- La  vidéo ci dessus
- L'accès au forum de discussion
- La  plaquette PDF
- L'accès au site commercial

Vous y êtes ?

Parfait, nous pouvons passer à l'opération démontage du trophée, en commençant par le socle.

 



2-Le centre de gravité, grave ...

Le futur lauréat a un jour de l 'année 2005 pris rendez vous à mon bureau pour me présenter un indicateur révolutionnaire qu'il appelait "centre de gravité d'un marché boursier" ,et qui aurait dû permettre d'obtenir d'excellents résultats dans notre logiciel SAFIR-Xp. Il m'a été fourni le code pour que je puisse faire des essais, et bien que très  sceptique, j'ai accepté.

Le code informatique provenait en fait du forum de  TradeStation (accessible seulement aux clients, dont  je suis), et calculait une  régression polynomiale qui pouvait faire illusion à cause de l'affichage qui se fait de façon récursive (c'est à dire en réécrivant sur le graphique le passé avec la connaissance  du futur).


L'auteur du code, (pseudonyme ghkramer) précisait bien sur le forum que ce code ne pouvait pas être utilisé pour cette raison en temps réel sur les marchés.

Appeler cela centre de  gravité, ça n'a en plus aucun sens, et c'est révélateur d'une pratique de la pseudo science. A partir de ce point, on peut rechercher les entorses faites à la vérité, elles sont en général en troupeau.

 

Le fichier ci dessous provient d'une discussion sur le forum de TradeStation où certains posaient des question sur le centre de gravité de notre ami. Ils  ont retrouvé le code d'origine sur ce forum qui est évidemment le même que celui que j'avais reçu en  2005, avec le copyright de ghkramer dans  la fonction ipower  incluse.

A télécharger ICI: Le code original de l'indicateur de  régression polynomiale au format MSWORD

On  voit très bien à la fin du code la boucle qui permet de réécrire le passé embelli avec la connaissance rétrospective du futur.
Je lui ai donc fait remarquer que cette formule était illusoire quant à l'avantage présenté, et d'aucune utilité comme outil de débruitage, le retard induit étant considérable en temps réel.



if NonZero then    begin  

   if LastBarOnChart then  

      begin  
   for iBar = 0 to (nBars-1)
          begin  
            W[iBar] = 0.0;  
            for jCoef = 1 to (Degree+1)  
     begin  
                W[iBar] = W[iBar] + Avect[jCoef]*iPower(iBar, (jCoef -1));  
     end;  
  ma = W[iBar]; 
   plot1[nBars-1-iBar](W[iBar], "Polynomial");
Sigma = StdDev(ma, DataLength);  
plot2[nBars-1-iBar](ma +  Width*Sigma, "1 Sigma");  
plot3[nBars-1-iBar](ma + 2* Width*Sigma, "2 Sigma");  
plot4[nBars-1-iBar](ma + 3* Width*Sigma, "3 Sigma");  
plot5[nBars-1-iBar](ma -  Width*Sigma, "-1 Sigma");  
plot6[nBars-1-iBar](ma - 2* Width*Sigma, "-2 Sigma");  
plot7[nBars-1-iBar](ma - 3* Width*Sigma, "-3 Sigma");  
          end;
    ...
 

L'histoire en serait restée là si le futur impétrant n'avait pas persévéré dans son idée d'exploiter cette merveille mathématique. 

Bien évidemment, ce code informatique ne donne aucun avantage particulier dans SAFIR- Xp puisqu'il produit en temps réel un retard préjudiciable. Il s'agit d'une illusion mathématique due au fait qu'on réécrit le passé avec la connaissance de l'avenir, inexploitable en temps réel, pas plus qu'une moyenne mobile centrée de recul L qui présente le même comportement flatteur dans le passé reconstitué, mais qui s'arrête à  L/2 du dernier cours, ce qui empêche toute supercherie. Or là, la régression polynomiale va  jusqu'à la dernière barre, et c'est ceci qui va permettre de monter une fable.

Beaucoup d'analystes techniques renomment des indicateurs dont ils ne sont pas les auteurs et les revendent légèrement modifiés en les présentant comme des nouveautés, et lorsque cela peut être fait sous un jour aussi favorable que ce code là,  il est difficile de résister à la tentation de franchir quelques interdits.

Lisez donc le début de la légende qui commence dès la  page suivante...

 

 



3-La raison, ce n'est pas raisonnable ...

Notre futur lauréat entreprend une campagne sur les sites d'analyse technique en avril 2005 pour présenter son "travail."


Il a  rajouté des bandes de part et d'autre de la régression polynomiale avec un coefficient qui est un ratio de Fibonacci  
 
Remarque : Quand un analyste ne sait pas  quoi  mettre  comme coefficient dans un de  ses indicateurs, il  prend un nombre basé sur la série de Fibonacci. C'est magique et ça  suffit à son bonheur, surtout qu'il va ensuite s'évertuer à admirer les effets dudit coefficient dans les cas où il fonctionne, si on peut dire. Après, dès qu'il a suffisamment d'exemples, il va écrire un livre (enfin, il va mettre du texte entre les copies d'écran), gagner un trophée dans un salon, ou une notoriété, puis il va distribuer des cartes de visite pour un fond situé très loin de notre pays, ce qui vous évite le déplacement.
 
 et la promeut en prétendant que ces bandes (qui sont aussi fausses dans le passé que la régression polynomiale elle-même sur laquelle elles sont calées) agissent comme des zones de support résistance, et il présente les graphiques repeints comme étant réels. A lire sur ce lien:

2005: Le centre de  gravité à la conquête du petit monde de l'analyse technique

 


Le problème, c'est que ces bandes ne sont pas connues au moment où elles sont tracées sur le graphique.
J'ai donc posté ceci sur le site en question, mais ce n'est pas facile de convaincre le petit peuple des croyants au n'importe quoi, du moment que ce soit un miracle.

J'écrivais ainsi à un admirateur des courbes idéalisées:

"J'espère cependant que tout le monde a bien compris que les courbes affichées telles que vous les voyez ne sont connues qu'à l'instant t (au point A) et que les positions remarquables marquées avec les flèches bleues par rapport au faisceau de niveaux n'ont pas dans le passé les mêmes positions relatives par rapport à ces courbes que celles que vous voyez actuellement depuis le point A..."

Et comme l'explication ne suffisait pas,  j'ai ajouté ceci où l'on voit le centre de gravité et sa position réelle au cours du temps.
J'ai affiché en superposition la courbe repeinte en bleu et la courbe réelle au dernier point connu.
On voit bien que la courbe rouge réelle n'est d'aucune utilité, pourtant elle représente l'évolution du dernier point connu à l'instant t.
J'écrivais encore à l'appui de la copie d'écran:

  "Le graphe ci dessous vous indique la position du point A dans le passé (et de plus la courbe rouge change de forme).
Il n'y a pas de retard (lag) quand on est au point A, mais les autres points de la courbe bleue n'ont pas la position actuelle que vous voyez sur le graphe.
Hélas...."

L'observation des réactions du public montre qu'il est très facile de le mystifier, d'autant qu'il est demandeur de solutions dont les sites boursiers font la promotion au mauvais sens du terme, c'est à dire commercialement et sans éthique d'aucune sorte. Et aucun contrôle, les tenanciers sont souvent les plus intoxiqués, et comme de toute façon ils ont intérêt à avoir des lecteurs pour les attirer vers la partie boutique du site, toute polémique est étouffée dans l'oeuf.

 On peut dès lors affirmer que depuis avril 2005, il était facile de voir que ce qui s'annonçait relevait d'une chimère, et que cette information était publique.

 Donc, on peut très facilement tromper les gens et avoir à bon compte une audience validée par l'absence de contestation, et pour cause. Le bon sens populaire fera dire au lecteur que si ça ne fonctionnait pas, cela se saurait, et comme on ne voit pas de critique, c'est qu'il n'y en a pas, donc que ça fonctionne.
A l'heure où j'écris ces lignes, elle est encore disponible au même endroit sur internet...

Mais il en faut plus pour arrêter un analyste technique en quête de reconnaissance, et il ne faut certainement pas compter sur la raison. A ce stade, elle n'a déjà plus droit de cité.

Bien, puisque c'est aussi facile d'avoir des admirateurs qui ne demanderaient pas mieux que de payer, pourquoi ne pas passer à la commercialisation ?




 

 

 


 
4-Le maquillage, tout un art.

Notre ami a maintenant enrichi "son" indicateur "centre de  gravité", d'un autre qu'il appelle  "centre de gravité statique", et il nous présente l'ensemble, comme provenant de nombreuse années de  collaboration avec l'Institut de mathématique (sic!) de Marrakech. Il est d'ailleurs dommage qu'après tant d'années de collaboration, il fasse encore une faute d'orthographe étrange sur le nom "mathématiques" qui  s'écrit au pluriel dans  la plupart des  langues.


 

 

Le  premier "centre de gravité" (sans les bandes) c'est  l'indicateur pris sur le forum TradeStation, quant au deuxième en bas, qu'on voit dans la plaquette PDF et dans  la  vidéo, il a la même origine, le forum de TradeStation, hébergé comme chacun s'en doute à Marrakech, Floride, USA ( juste à côté de l'institut de mathématique(s):

Il s'agit d'un indicateur créé par David Stendahl, et Mark Hellweg en 2001 également disponible sur le même forum TradeStation, appellé  ValueChart (un indicateur qui normalise les cours sous forme d'un oscillateur avec des zones surachetées survendues, et affiché sous forme de barres OHLC) :

Le code est consultable ici pour les utilisateurs de TradeStation :

https://www.tradestation.com/Discussions/Topic.aspx?Topic_ID=90094

Pas plus que pour l'autre, il n'y a pas la moindre notion de centre de gravité là dedans : il s'agit de renormalisation de séries chronologique assez classique. Par contre, il n'y a pas d'affichage régressif.


 


En tout  cas, la pratique en pareille circonstance consiste à citer ses sources et à ne pas s'attribuer la paternité du travail d'autrui, ni de détourner son usage en se référant à un institut mathématique hypothétique, à tout le moins dans son implication réelle.

Quand de surcroît, le détournement de propriété intellectuelle s'accompagne de manoeuvres visant à tromper le public auquel le document s'adresse, on n'est pas loin de la faute.

Dès lors qu'il y a commercialisation de tels outils présentés fallacieusement, cela relève à mon sens du droit. Car qui peut croire que des algorithmes trafiqués et présentés de telle sorte qu'il y ait tromperie, puissent ne pas produire les résultats escomptés ?

Et qui sera alors responsable des dégâts financiers qui ne manqueront pas de survenir à l'application de ces outils frelatés ?

Parce qu'il y a bien intention de tromper, il suffit de lire le document PDF  et de regarder où sont placés les numéros cerclés du second indicateur :

 

Seuls ceux qui expliquent les point extrêmes sur les bandes repeintes sont pris en compte, et le discours indique que les cours vont bien rebondir sur ces bandes, bandes qui ne sont pas connues à cet instant.

Les signaux que j'ai marqués avec les flèches obliques rouges et vertes  font systématiquement perdre ce système, seulement elles ont été omises dans le document PDF, car elles ne collent pas avec l'illusion des bandes placées a posteriori.

L'intention de tromper est également flagrante dans la vidéo où le geste est joint à la parole sur un graphique similaire (à partir de l'index de temps). A aucun moment il n'est dit que cette  vision des  bandes est irréaliste et inconnue de l'opérateur. Les signaux sont montrés sur la courbe décalée, présentée comme actuelle. Il y a des dizaines d'exemples dans la video où les signaux sont pointés à la souris avec un commentaire extatique du conférencier qui s'étonne lui-même de leur validité, et qu'il attribue au nombre d'or qu'il a utilisé pour construire ses bandes, alors que la magie de l'opération est uniquement atribuable à la connaissance du futur que l'indicateur a par construction sur les données historiques.

Revoyons maintenant la vidéo ébouriffante en cliquant sur ce lien  

C'est bien là que réside la tromperie, parce que lorsque cette vidéo a été fabriquée et mise en ligne, l'auteur savait que la présentation était fausse (et je suis bien placé pour l'affirmer), ce qui ne l'a pas empêché de présenter cette horreur au salon de l'analyse technique et de s'y faire attribuer une récompense dont il se servira comme caution pour vendre cette méthode frelatée, à une échelle industrielle.

Et le tout, avec la bénédiction des organisateurs qui n'hésitent pas à le réinviter en septembre 2010 !

 


 

5- Il ne manquait plus que cela : La chaîne de télévision nationale France2 (service public) valide la récompense dorée à une heure de grande écoute !

La plus grande chaîne généraliste française du service public, FRANCE 2, vient d'accréditer ce jeudi 2 septembre 2010 à une heure de grande écoute dans une émission d'investigation réputée (ENVOYE SPECIAL) ce savoir-faire illusoire auprès de millions de téléspectateurs qui savent maintenant qu'un gestionnaire de fonds, mondialement reconnu, respecté et consulté, a été gratifié selon le commentateur, dont le ton indique le profond respect qu'il porte au titre (il doit y avoir le prix Nobel d'économie un cran au dessus pour produire davantage d'emphase, et encore), d'un prestigieux trophée d'or de l'analyse technique, sans aucune vérification de la validité de cette récompense.

L'émission traite de la voyance et rencontre notre ami à qui elle décerne des tombereaux de louanges, bien qu'après il aille consulter devant eux un voyant boursier, mais ce n'est pas notre propos (alors que c'est le leur).

Vous pouvez voir l'émission sur le  lien ci dessous (et pour vous éviter l'insupportable verbiage des intervenants, regardez simplement ce qui vous intéresse, entre 12 minutes 36 secondes et 13 minutes 30 secondes.

Envoyé spécial, émission du 2 septembre 2010

Vous pourrez admirer la mise en scène où l'on voit que les journalistes ont fait un travail d'investigation très sérieux pour trouver la meilleure façon de mettre en valeur le personnage avec des documents qui  leur ont été gracieusement fournis.

 

12:37 traders  déboussolés qui se tournent vers  la  voyance  12:50 pause déjeuner pour  le  boursicoteur (travelling de  la rue vers l'intérieur de l'appartement haussmanien, boulevard de l'opéra, arrêt sur 6 écrans de trading), "sauf  pour  un gestionnaire d'un fonds  en or  de 1 milliard. 13:00 MB est un personnage important sur les marchés internationaux. 13:03 Il a déjà attiré l'attention et des journaux spécialisés et télévisions qui l'interrogent régulièrement sur les tendances du marché.13:11 (videos complaisantes du  site  commercial)13:12 Ou se penchent sur la vie de ce  trader à qui tout réussit (vidéo complaisante du site commercial : piscine, baballe, bagnole, interview etc) ... 13:14 ...et pour couronner le tout il  s'est vu atribuer le trophée d'or de l'analyste technique financière (sic!) (video de la remise du trophée 2009, provenance site commercial)13:30"

 

Voilà encore une bonne occasion de relire le texte de Mario Bunge appliqué à l'analyse technique. En l'appliquant,cette dérive n'aurait pas été possible. Mais qui s'en soucie vraiment?

 

Récompense qui n'est issue d'aucune autorité, juste du vote d'un public manipulé par des bateleurs de foire, une fabrique de pseudo-respectabilité obtenue en collectionnant les références croisées de journalistes invités qui ne font pas, ni avant ni après le minimum de leur travail, à savoir vérifier leurs sources.

Parce que la vérification que j'ai faite, tout le monde pouvait la reproduire, j'avais déjà donné les clés pour cela publiquement en 2005. C'est en France que ça se passe, à Paris en 2010, et pas à la Cour des Miracles. Et quand même, quand on s'adresse à quelqu'un qui exhibe un trophée que le  journaliste prend pour un quasi succédané du prix Nobel, et que dans le même temps le même personnage va consulter un voyant (ce qui est quand même inquiétant)  dans le cadre de l'activité qui a produit la récompense en question, on peut aussi se poser la question de la représentativité, de la validité, du sérieux , de l'importance qu'on devra lui donner dans ce reportage.

 

 
Que retiendra le public de cette partie de l'émission ? Qu'un gros trader, très connu et très respecté dans son milieu (c'est  la  télévision d'état qui le dit, eux ils connaissent, nous pas, alors...), qui réussit quasiment tout (une réincarnation du roi Midas en mieux, n'ayons pas peur des  mots),  a reçu une récompense professionnelle des plus hautes (fait absolument acquis, c'est passé dans "envoyé spécial") et que malgré tout, malgré son niveau il s'intéresse comme d'autres à la voyance, sujet de préoccupation des  journalistes, qui ont été une fois de plus instrumentalisés pour promouvoir à leur insu une tromperie.
 
Gageons que cet extrait fera bientôt partie de la panoplie video publicitaire de notre ami.
Merci, service public...et toutes nos félicitations.

 

 
6- Et maintenant, quelles sont  les conséquences de ces dérives incontrôlées?
D'abord le manque de contrôle par une quelconque autorité compétente et la censure exercée font que ce genre d'entreprise est de plus en plus répandu, et pour l'heure la prise de conscience est loin d'être effective.

Quelques internautes ont bien flairé l'arnaque et ont essayé de le faire savoir. Soit ils ont été censurés, soit menacés de procès.
A titre d'exemple, le diffuseur espagnol de la méthode menace sur son siite de poursuites pour atteinte à la propriété intellectuelle, les gens qui diffuseraient le codes des indicateurs en question.
C'est bien, ça? La loi protégerait donc ceux qui l'enfreignent et qui s'en réclament pour cacher les preuves à charge ?

ICI: menaces de poursuites judiciaires sur le forum de discussion du lauréat

Ils  osent tout:

Un  comble quand on voit que leur inventeur les a récupérés sur un site américain en s'en attribuant la paternité et en en détournant l'usage de façon fautive. Mais le culot, c'est justement cela qui fait un bon analyste technique. Cela remplace largement l'absence de technique au sens  propre. Quant à l'analyse, c'est juste du discours qui flatte le pigeon dans le sens des plumes, ça fait le même effet qu'une démonstration en bonne et due forme, il suffit que ce soit présenté sous un jour pseudo-scientifique.

Le même individu devrait être plus prudent dans sa propension aux leçons de morale, parce que les retours de bâton judiciaires, ça existe : surtout quand on affirme en connaissance de cause, en vendant un produit frelaté, que celui ci est parfaitement sain, malgré les questions légitimes posées.

Pour mesurer l'impact de l'opération, il suffit d'utiliser le moteur de recherche Google et de taper comme mots clés: Belhkayate centre gravité.

Faites une recherche sur Google avec ces mots clés ICI
 
Vous y constaterez avec effroi que plus de 7500 pages sont trouvées à la date de publication de cet article, la plupart sont élogieuses, se reprennent les unes les autres, donnent des conseils, des séminaires, des cours sur la méthode en question et quasiment personne ne pointe les incohérences majeures développées ici.

Pire, cette recherche montre que des brokers proposent des séminaires, formation et autres enseignements bénévoles sur le "centre de gravité" à leurs clients ou prospects ! 

Je traduis pour ceux qui n'oseraient pas  comprendre:

Des agents de change (brokers) conseillent actuellement à leur clients ou au public, en leur proposant des formations sur cette pseudo technique directement ou via les manifestations ou sites qu'ils  financent, y compris en France, d'investir de l'argent sur les marchés financiers (si possible en passant par leur intermédiaire), c'est à dire en obtenant une commission à partir d'une technique qui est on ne peut plus fausse...

C'est pour cet ensemble de raisons que j'écrivais que cette affaire est bien un cas d'école : Elle reprend la plupart des griefs qu'on peut faire à l'analyse technique, de la conception des chimères à leur divulgation, le tout se terminant dans l'impunité et la gloire usurpée indécente, sur fond de mercantilisme, voire pire.

 

 

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