|
|
|
|
Posté par : hydron le 07 Aug 2011, 11:50
|
|
Un petit point de ce que je pense de la situation à venir, d'une part sans noircir le tableau mais sans y mettre de fioritures:
1) Les Etats-Unis: - A la fin de l'année 2011, le plus probable est que la note des US sera AA+ pour toutes les trois agences de notation occidentales. Il est probable aussi qu'une fois l'impact passé, les taux d'emprunt des US seront à peine supérieurs à ce qu'ils sont maintenant. La perte de leur AAA met les US au pied du mur, et d'une manière ou d'une autre le problème du déficit devra être sérieusement attaqué dans les deux années qui viennent, le plus vraisemblable étant que les mesures vraiment concrètes ne seront prises qu'après les éléctions présidentielles. C'est donc en 2013 et 2014 que l'impact réel des mesures prises se fera sentir sur la consommation US, avec certainement une "baisse apéritive" dès maintenant, dûe à la perte de confiance des ménages et au fait que les revenus ne devraient plus évoluer de manière significative dans le sens positif. Un éventuel QE3, sur lequel nous devrions être vite fixés, ne fera à nouveau que retarder les choses, et pourrait avoir des effets négatifs à terme. S'il était annoncé (ou un succédané), il faudra en surveiller les termes, la FED tirant alors vraisemblablement sa dernière cartouche, une cartouche susceptible de lui revenir en pleine tête, telle un boomerang: si ce QE3 était fait sur les modèles précédants, et n'était pas axé sur la consommation des ménages il signalerait à mon sens qu'il ne reste plus qu'à gagner du temps, et que les carottes sont cuites pour la première puissance financière mondiale. Il ne présagerait alors plus que de la perte, à terme, de sa suprématie dans plusieurs domaines...
2) L'Europe De la même manière que les US, mais pour des causes différentes même si elles peuvent paraître semblables dans leur fondement, l'Europe, et tout particulièrement la zone Euro se trouvent également au pied du mur. Pourtant, un ensemble de mesures n'ont pas encore été essayées. En particulier, si un desserrement monétaire quantitatif devait avoir lieu de la part de la BCE (et surtout si le mandat de la BCE était modifié, ce qui exige un geste politique fort de la part de l'ensemble des chefs d'états européens allant vraisemblablement jusqu'à une modification constitutionnelle, voire des modifications constitutionnelles respectives dans les états de la zone), la crise pourrait devenir moins aigüe, remplacée malheureusement pour nous par une apparition de l'inflation (peut-être autour des 5%) qui ne serait pas compensée par une hausse des revenus. En effet, même si ces revenus étaient indexés sur l'inflation afin d'éviter des troubles sociaux de trop grande ampleur, les années 2012, 2013 et 2014 vont d'une manière comme d'une autre voir la mise en place de mesures d'austérité dans TOUS les états de la zone, Allemagne y compris, mesures basées sur un service moindre des états et une augmentation de la pression fiscale, vraisemblablement à tous les niveaux. Le calendrier de ces mesures sera subordonné aux éléctions respectives dans les états. Nous savons tous que cela a déjà commencé dans plusieurs pays, et que c'est inévitable pour les autres. Les effets principaux de ces mesures devraient à mon avis se faire sentir principalement dans les années 2014 et 2015, où la consommation devrait commencer à se stabiliser, puis éventuellement reprendre une courbe ascendante.
3) Les émergents C'est là que va se situer la plus grosse inconnue: les émergents sont-ils à même, par leur croissance, de contrebalancer à travers leur consommation interne les effets négatifs de la baisse de consommation occidentale? Si un intervalle de 3 à 4 années peut paraître long à l'intervenant boursier, il est en revanche très court pour que les effets d'un changement de politique interne se fasse sentir dans le sens positif des choses. On peut donc estimer que les principaux émergents (Chine, Inde, Amérique du Sud) vont se trouver également au pied du mur, mais pour des raisons totalement différentes à l'occident. Il faudra donc scruter toutes les mesures prises dans ces pays en matière de favorisation de la consommation interne, et également surveiller toute mesure qui serait contraignante pour leurs importations (mais cela est un autre problème, les intérêts planétaires étant maintenant tellement liés qu'il faudrait à mon sens une crise beaucoup plus grave pour qu'il y ait des restrictions; néanmoins cette possibilité apparaîtra, et ne manquera pas de faire des vagues, au moins dans les gesticulations des politiques). Pourquoi scruter ces mesures? Eh bien tout simplement pour prévoir, à terme, la santé de nos multinationales, et par conséquent de nos indices dans les moments où la consommation baissera en occident.
4) Les situations sociales respectives En fait, c'est là que le bât blesse vraiment. Si une baisse généralisée de la consommation doit en principe faire chuter le prix des matières premières, il n'est pas évident que certains blocs n'y voient pas une opportunité pour l'avenir. En particulier ceux qui ont encore aujourd'hui les moyens. On peut en conclure à priori que la chute du prix des matières premières ne sera pas très prononcée, loin de là. De cette manière, les émergents eux-mêmes peuvent se trouver confrontés à des mouvements sociaux de grande ampleur, que je ne suis pas à même de prévoir voire d'analyser, n'étant pas assez connaisseur de la situation de ces pays. Dans tous les cas, il y aura là aussi matière à surveillance. Ces troubles sociaux, s'ils ont lieu, auront sans nul doute un impact économique supérieur à celui qu'ils auraient eu dans les années passées. En Europe plus qu'aux US, des troubles sociaux sont également à prévoir. Ils seront renforcés par les sentiments nationalistes, les uns estimant qu'ils sont impactés injustement au niveau de leur pouvoir d'achat par la faute des autres, les autres estimant qu'ils sont opprimés par les premiers. Ces troubles devraient voir leur pic en 2012 (moment où le principal des mesures d'austérité seront prises) puis en 2013 et 2014, au moment où la consommation sera précisément au fond du trou. De la capacité des états à rassurer voire réprimer leurs classes défavorisées et moyennes, qui seront les plus impactées, dépendra l'acceptation ou non des mesures et la possibilité de s'extraire du trou.
Dans tous les cas, la perte d'une partie de son pouvoir d'achat par l'occidental ne signifie pas la fin du monde. Elle signifie par contre un changement des habitudes de consommation, qui devra être apte à contrebalancer le sentiment négatif qui ne manquera pas de se développer dans les populations. De ce côté, la responsabilité des états (donc des politiques) tant en terme de pédagogie citoyenne qu'en terme de maintien de l'ordre social sera nettement engagée. De l'adresse ou de la maladresse des dirigeants dépendront beaucoup de choses.
Pour conclure, il est donc clair que l'environnement tant financier que politique des entreprises va se trouver considérablement modifié, que ce soit en matière fiscale, en zones prioritaires d'action (là où se trouve la consommation de préférence), en zones de production (des zones politiquement stables seront privilégiées).
C'est là que l'acheteur long terme va vraisemblablement trouver, peut-être dès maintenant, les investissements dont il espère un rapport intéressant dans les années 2015 à 2020. Dans ce cas, il lui faudra éventuellement accepter de subir une récession dans certains domaines d'activité jusqu'à ces années...
En ce qui me concerne, je ne suis pas acheteur long terme.
|
 | J'suis pas grand mais je trade... |
|
|
Re : Situation générale Long Terme
|
Posté par : hydron le 05 Sep 2011, 21:30
|
|
La cour constitutionnelle allemande va se prononcer cette semaine sur la validation ou non de l'aide de la République Fédérale à la Grèce (ou du moins de sa participation). Dans tous les cas, il vaudrait mieux qu'elle se prononce pour... Si c'est le cas, il y aura un vif rebond des indices, soulagés pour une ou deux semaines.
Mais le véritable problème n'est pas là. En ce qui concerne la zone euro actuelle, on peut considérer que le WE qui vient de passer vient de sonner le glas de ce que nous connaissions. Si le pire est bien l'annonce de la faillite de la Grèce dans un intervalle rapproché, à terme il ne fait aucun doute non seulement qu'elle est inévitable, mais que d'autres pays suivront. C'est bien le silence de ceux dont on attendait qu'ils se prononcent d'urgence qui fait tinter la cloche aux vibrations sinistres...
Sauf qu'il existe une solution pour éviter la crise majeure, au prix d'une crise larvée qui durera plusieurs années et dont les effets, à long terme, pourraient se révéler plus positifs qu'on croit. Cette solution passe par la sortie des pays du nord de la zone euro, et la création d'une nouvelle monnaie qui leur soit propre. L'euro deviendra alors la monnaie de la dette, promise à une dévaluation de fait qui soulagera les pays du sud, trop endettés. La création monétaire viendra au secours de la croissance, au prix d'une inflation forcenée, comparable certainement au pire de la crise pétrolière des années 70. La dette des pays de la zone euro étant libellée en euros, une nouvelle banque centrale pourra racheter la dette des états au moyen d'une augmentation de la masse disponible, de la même manière que la FED a agi aux US. Si les mécanismes d'un tel plan restent à définir (l'appauvrissement des uns profitant aux autres de manière plus ou moins immédiate), il n'en demeure pas moins qu'une zone euro à forte inflation peut devenir attractive sur plus d'un point. D'une manière ou d'une autre, une population dont le pouvoir d'achat s'amenuise de manière constante pendant un laps de temps donné revoit ses revendications sociales à la baisse, ce qui est arrangeant (pour les marchés) sur plusieurs points...
Il est impossible pour les états du nord de "partir avec la monnaie", rien ne serait réglé à travers un système qui verrait les faillites successives de plusieurs états. En revanche, passer par une scission plus ou moins inévitable leur permettrait de sauver pour un temps leurs acquis sociaux (et politiques) et marquerait la prépondérance des zones les plus industrialisées (et soi-disant les plus vertueuses) sur celles qui ont été trop dispendieuses et subiront les effets de l'inflation et de la baisse rapide du pouvoir d'achat par habitant. A terme pourtant, la perte de clients rapprochés auxquels finalement on faisait complaisamment crédit ne facilitera pas -et loin s'en faut- "l'égoïsme" (que l'on peut tout de même comprendre) des états du nord: ils subiront la crise plus tard, lorsque le bassin méditerranéen se tournera, au final, vers d'autres fournisseurs ravis de pouvoir émerger eux aussi, et dont le pouvoir d'achat par habitant est actuellement encore plus bas. La monnaie "forte" (des pays du nord) dont on pourrait voir la création dans les 18 mois qui viennent ne sera certainement pas une aubaine, si ce n'est celle de payer moins cher les dettes libellées en euros au moment de leur création. Encore faudra-t-il qu'elles restent en euros au moment de leur remboursement, ce qui est une autre histoire!
Que de propos simplistes!
Posons le problème d'une manière différente, et plus imagée: - ou le créditeur accepte de payer les dettes de son débiteur mais s'appauvrit et n'entretient plus son appartement puisqu'il n'en a plus les moyens, - ou le créditeur refuse de payer les dettes de son débiteur et conserve son appartement en bon état, mais s'ampute des moyens de le chauffer et d'y vivre de la même façon que jusqu'à présent. Il lui faudra maintenant travailler pour couper son bois, il ne pourra plus s'acheter du mazout pour le chauffage central, si confortable.
C'est encore plus simpliste, mais encore plus réel. Et que de coups de tonnerre en perspective pour les indices!
Tracer les zones paraît au départ peu compliqué (on peut voir en gros la partie nord-occidentale du bassin méditerranéen), mais n'est pourtant pas simple: la France par exemple, choisira-t-elle d'être le plus faible de la zone forte ou le plus fort de la zone faible? En tout cas, dans un tel schéma elle devrait être courtisée... Son intérêt est certainement de rejoindre la zone faible, pour des raisons aussi économiques que politiques... Rien ne dit que ce sera le cas. Pire: l'un ou l'autre pays du nord pourrait avoir des intérêts communs avec la zone faible!
Bah, encore un bon vieux délire, qui sera effacé par le défaut de la Grèce si l'Allemagne refuse de mettre au pot... J'avais envie d'écrire l'avenir: je l'ai fait. Parce qu'il y a cette vieille légende, inscrite sous une représentation de la tour de Babel, et qui disait: <<des innocents ignoraient que la chose était impossible. Alors ils l'ont faite>>. La tour de Babel... Toute une histoire!
Et l'envie d'écrire... Quelle belle merde.
|
 | J'suis pas grand mais je trade... |
|
|
Re : Situation générale Long Terme
|
Posté par : hydron le 06 Sep 2011, 14:13
|
|
|
|
 | J'suis pas grand mais je trade... |
|
|
Re : Situation générale Long Terme
|
Posté par : hydron le 06 Sep 2011, 14:17
|
|
Si les états du nord sortent de l'euro: Les banques allemandes et françaises verront leur poids international diminué, mais certainement moins que si un ou plusieurs pays européens se trouvaient en état de défaut de payement de leurs dettes. En cas de dévaluation de l'euro, je ne pense pas que la survie de ces banques soit mise en cause, seulement leur taille relative à l'échelle internationale. Alors qu'en cas de défauts de payement cumulés, je pense qu'il s'agirait de la survie de nombre d'entre elles. Les pays qui ont le plus intérêt à sortir de l'euro à TCT sont à première vue les pays les plus endettés. Mais là il convient de mettre des lunettes, leur dette étant libellée en euros. Ce n'est donc que contraint et forcé qu'un pays sortira éventuellement de la monnaie commune, et vraisemblablement plus pour des raisons d'ordre politique interne que pour des raisons cartésiennes concernant le règlement de la dette. Si vous avez suivi les développements récents de l'actualité, vous avez peut-être compris que la création d'un euro-bond devient de moins en moins probable. C'est donc du côté du FESF qu'un salut doit éventuellement être recherché, et de ce côté-là non seulement la mise au point n'est pas encore réellement faite entre les véritables bailleurs de fonds et les récipiendaires, mais encore entre les bailleurs de fonds eux-mêmes (ceux qui en ont les moyens). Entre les atermoiements de l'Allemagne (qui passent d'une manière ou d'une autre par la décision de la cour constitutionnelle à venir, puis par la posture de la chancelière qui met sa survie politique nettement en cause) et les exigences (en matière de garanties) des futurs créanciers rien ne va être simple, et rien ne va se jouer à TCT de manière définitive (ce qui est pourtant ce qu'attendent, à tort, les marchés). Rien si ce n'est l'éventuel (et amha peu probable, mais une cour constitutionnelle n'est pas une assemblée de politiques, elle est sensée se prononcer sur l'intention du législateur au moment du vote d'un texte de loi et sur rien d'autre: faites très attention à ce point précis!) refus de l'Allemagne... A MT/LT (dans un intervalle de 6 à 18 mois) il ne fait aucun doute à mon sens que les pays qui ont le plus intérêt à sortir de l'euro (sous sa forme actuelle) sont les pays du nord (à savoir les pays aux dettes publiques les moins importantes par rapport à leur PIB et leur "croissance espérée"). Je n'ai pas dit que les choses étaient simples, loin de là. Et peut-être que d'avoir employé le mot "solution" est une erreur: c'est vraisemblablement plutôt de "situation future" qu'il fallait parler. Je peux retourner le Rubik's cube dans tous les sens: cette "situation future" me paraît, dans l'état actuel des choses (et je vois mal comment cette situation pourrait changer) inévitable. Quant aux pots qui seront réellement cassés d'ici que le cube ait toutes ses faces de couleur homogène, c'est une autre histoire...
|
 | J'suis pas grand mais je trade... |
|
|
Re : Situation générale Long Terme
|
Posté par : hydron le 26 Sep 2011, 11:58
|
|
Personnellement, je suis d'avis qu'un rebond "excessif", qui pourrait nous mener vers les 3800pts pour décembre, voire au plus tard pour janvier, est plus que probable. Il y a, pour schématiser, trois principaux déclencheurs de la chute : a) L’abaissement de la note des US par S&P a été le premier de ces facteurs ; b) Le ralentissement de la croissance mondiale, indiqué en particulier et dans un premier temps par les chiffres US et EU a inspiré un sentiment de défiance, allant jusqu’au pricing d’une réelle récession ; c) La cacophonie politique européenne concernant le règlement de la crise de la dette, grecque en particulier. Ces trois facteurs sont apparus dans un intervalle de temps rapproché (juillet-août), et la saison estivale aidant les réactions (de tous les intervenants) ont été désordonnées, voire parfois à la limite de l’inconscience. Les commentaires de l’actuelle directrice du FMI, à la limite de l’Allzheimer puisqu’elle a oublié en l’espace de deux mois qu’elle occupait avant le poste de ministre des finances français, sont éloquents à ce sujet. En effet, la volte-face évidente de la manière de penser et de réagir du personnage instille le doute sur les déclarations de tous les personnages politiques en poste, à partir du moment même où ils sont en charge d’une quelconque gestion financière : ils ne sont tout simplement plus crédibles, puisque susceptibles de changer radicalement d’analyse dès lors qu’ils changent de fonction. Or, ces commentaires arrivent à plat après l’affaire de l’autorisation de l’augmentation du déficit budgétaire américain, qui avait déjà elle-même impliqué de sérieux doutes sur la gestion de la crise par les responsables en poste. Quant à l’Allemagne, soufflant tour à tour le chaud et le froid en Europe au gré des petites phrases des détenteurs du pouvoir économico-politique, elle n’a fait guère mieux… Ainsi, la peur a pris le dessus sur l’avidité des opérateurs, et la nécessité de se mettre à l’abri a fait loi, puis boule de neige. La boule de neige a grossi, et a causé l’avalanche. Or, si l’on examine ces trois facteurs, il est vraisemblable que la perception qu’en a le marché est totalement excessive. Et le premier élément qui devrait le prouver sera la publication des résultats d’entreprises T3 2011, qui ne devrait pas à priori être aussi catastrophique que les cours des actions le laisseraient attendre dans l’état actuel des choses. Reprenons les trois facteurs principaux : a) Les effets sur les T-bonds américains ont été simplement nuls. Passée l’incurie des hommes politiques qui a été indirectement (ou même directement) la cause, le déficit du gouvernement US est loin de se payer plus cher qu’avant. En restant objectif, le a) peut simplement être effacé des tablettes en tant que raison encore valable de la chute des cours ; b) Le ralentissement de la croissance mondiale n’est pas encore la récession. Evidemment, il a fallu se rendre à l’évidence du fait que la planète ne peut se passer de ses deux zones les plus fortes en matière de consommation pour sauvegarder une croissance économique réelle, et que les émergents ne peuvent à eux seuls être la locomotive du monde. Les remèdes appliqués par les occidentaux sont certainement à revoir dans cette matière, et beaucoup devront mettre de l’eau dans leur vin. C’est pourtant bien une récession à venir qui a été pricée par une chute aussi brutale des cours, au moins en Europe ; c) La cacophonie politique en Europe touche à sa fin. D’une manière ou d’une autre, le problème de la dette étatique en Europe trouvera un embryon de solution en octobre, quelle que soit cette solution. Et dans tous les cas, même si elle devait causer un mouvement baissier éphémère (à travers une « faillite » de la Grèce par exemple), l’ébauche d’une solution ne pourra que soulager les marchés à terme. Je suis même d’avis que le chapeau des joyeux magiciens politiques de la finance peut voir sortir encore un de ces fameux lapins blancs dont le marché est si friand. Dans tous les cas, le mouvement baissier à MT a été trop rapide et brutal, même s’il n’a pas vraiment donné lieu à une séance de capitulation. Là non plus je ne suis pas étonné, les règles techniques des échanges boursiers ayant considérablement évolué au cours d’une période récente : rien ne veut dire que la baisse finira par une capitulation finale, d’abord parce qu’il existe des pare-feux, ensuite parce que cette capitulation est trop attendue. Pour les trois raisons que je viens d’exposer, ainsi que pour des raisons politiques (par exemple : les espoirs de gains en terme de vote devraient être supérieurs s’il y a règlement, même douloureux, de la crise de la dette en Europe aux risques de pertes, le même raisonnement étant valable aux US) , ainsi que pour un ensemble d’autres raisons qu’il serait trop long et peut-être trop ardu pour moi de développer, je pense qu’un rebond d’ici la fin de l’année est beaucoup plus probable qu’une continuation baissière au rythme actuel. Et comme les « intervenants boursiers » ne connaissent que l’excès, il est à parier que le rebond sera excessif. Pour conclure, je souligne le fait que la manière surprenante dont on est passé de l’euphorie organisée au broyage du noir le plus sombre peut avoir lieu dans l’autre sens, et être lui-même un facteur d’excès. En effet, le sentiment euphorique, trop récent, n’est à mon avis pas encore complètement oublié. Quant à la suite à long terme, il s’agit là d’une toute autre histoire… Les véritables effets des atermoiements de toutes sortes, comme les réelles mesures d’austérité ne sont au menu que pour les années 2012/2013. Le consommateur aura alors bien le temps de broyer, à son tour, du noir. Et les politiques, en poste pour quelques années à venir, pourront faire l’étalage complet de leur incompétence sans craindre immédiatement le suffrage populaire…
|
 | J'suis pas grand mais je trade... |
|
|
Re : Situation générale Long Terme
|
Posté par : hydron le 26 Oct 2011, 09:54
|
|
Un petit point sur le sommet de l'eurozone:
1) Qu'attendent les marchés de la réunion de l'eurozone?
- Une fixation "définitive" de la décote qui sera pratiquée sur la dette grecque - Un renforcement du FESF avec un chiffre qui "tienne la route" - Une clarification du rôle respectif des acteurs: FESF, BCE, FMI, créanciers privés, avec en particulier leur rôle en cas de difficultés de grands états européens, tels que l'Italie ou l'Espagne, ainsi que leur implication dans les problèmes que rencontreront les créanciers privés suite à la décote de la dette grecque. 2) Que peuvent décider les dirigeants de l'eurozone?
- Il est amusant de constater que les marchés attendent une décision politique relative à la fixation de la décote grecque. Non seulement décider à ce niveau du non-payement d'une partie importante de sa dette par un débiteur, fûsse-t-il un Etat, peut paraître d'une légalité douteuse, mais encore faut-il que la notion de "volontariat" de la part des créanciers privés soit vraiment éclaircie (or elle ne le sera pas). S'il est impossible à un créancier d'ester en justice avant que ne soit constaté le non-payement d'une partie de sa dette par son débiteur, en revanche il n'en va pas de même lorsque les échéances ne sont pas honorées. Or, à moins d'une unanimité totale des créanciers privés en matière de décote (et je serais bien surpris d'apprendre qu'elle existe!), comment empêcher un créancier d'aller, au final, en justice faire valoir ses droits? Et quels seront les tribunaux et les instances internationales compétents? Ce point n'a pas encore été soulevé, puisqu'il est trop tôt dans le déroulement des faits pour assister à la mise en oeuvre d'actions par les créanciers qui s'estimeraient floués. Mais rien n'empêche de s'y intéresser, et au moins de se poser la question. Un précédent a déjà existé avec un certain emprunt russe, mais l'Histoire était alors autrement chahutée! - Le renforcement du FESF ne devrait pas poser de grand problème. Même si le mécanisme d'actionnement sera au final une nouvelle fois plus proche de l'usine à gaz que d'un montage propre, un chiffre vraisemblablement colossal sera cité. - Le troisième point quant à lui contient le ferment des problèmes à venir. Le délai imparti (jusqu'à cette nuit) est de toute évidence totalement insuffisant pour clarifier les choses à ce niveau. Cette attente ne peut qu'être déçue, renvoyant optimistes et pessimistes dos à dos pour la suite des choses... Les avancées se feront à petits pas, et certains points nécessiteront des délais plus proches du mois, du trimestre ou de l'année que de la semaine.
3) quels seront les effets sur les marchés:
A TCT le chiffrage de la décote grecque et la fixation d'un montant important pour le FESF dans ses moyens d'action pourraient être bien accueillis, puisqu'il devraient à la fois faire retomber la pression sur les états européens et rassurer les parties en matière de crédibilité des banques européennes." Pourraient" est le terme exact, puisque passé l'effet d'annonce, qui sera très bref, les marchés pourraient s'intéresser de plus près aux mécanismes mis en oeuvre, et constater que techniquement rien ne sera réglé. A MT/LT c'est bien de la construction technique définitive, qui prendra des mois voire des années, que dépendra la stabilité économique non seulement de la zone euro (première zone de consommation au monde à l'heure actuelle) mais de la planète économique toute entière.
Alors le boursicoteur peut être rassuré (ou inquiété selon sa manière d'agir en bourse): le problème des dettes d'états (qu'ils soient européens ou pas) n'a pas fini de faire des vagues!
Et rien ne sera définitivement réglé demain matin, surtout pas en matière de stabilité européenne...
|
 | J'suis pas grand mais je trade... |
|
|
Re : Situation générale Long Terme
|
Posté par : hydron le 27 Oct 2011, 13:31
|
|
L'enfer est pavé de bonnes intentions...
Le sommet de l'eurozone a donc répondu aux attentes du marché (et j'avoue être un peu surpris).
La réaction des indices est excessive (mais il n'y a là rien d'étonnant, nous sommes bien dans le TCT). La décote de la créance privée sur le Grèce, qui passera par "profits et pertes" pour les financières, est pricée à l'envers...
Le rôle respectif des institutions paraît clarifié, et pourtant la BCE pourra continuer à acheter des obligations d'états européens. Sa mission, sans qu'elle soit modifiée dans les traités et dans ses statuts, est donc changée de fait. Ce point ne manquera pas de créer des affrontements politiques entre la ligne allemande et la ligne française dans l'avenir: il promet encore des beaux jours d'incertitude!
Le FESF est bien une usine à gaz, on ne sait même pas à l'heure actuelle qui acceptera d'y risquer ses billes (par conséquent de passer au crachoir) en dehors de la Chine, qui y a un intérêt politico-économique certain...
A travers cette dernière remarque d'ailleurs ont peut se demander si, au final, le montant annoncé tient vraiment la route.
L'euphorie à TCT pourrait être douchée très vite.
J'arrête cette file ici, je compte passer en forum privé.
|
 | J'suis pas grand mais je trade... |
|
|