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| Posté par : dupilon le 06 Dec 2005, 19:20 |
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Sur la toile, il est possible de trouver à peu prés n' importe quoi, tout et son contraire, notamment en termes d' analyses et d' écrits économiques.
Cependant, un article vient de retenir toute mon attention. Par un examen minutieux des discours et propos de Mr Bernanke et de quelques membres de la FED qui feront toujours partie de « l après-Greenspan », son auteur, Robert Blumen, a cherché à cerner l état d esprit et leur positions sur la future politique à conduire sur le plan monétaire. Cette vision économique s articule essentiellement autour de trois thèmes principaux ; 1) - La menace déflationniste 2) - Les stratégies préventives pour l éviter 3) Les mesures non conventionnelles à prendre, en cas de poussées déflationnistes importantes Selon l auteur, nous avons connu l ère Greenspan, nous allons désormais entrer de plein pied dans une nouvelle ère, celle du « Bernankisme », dont la priorité absolue est la lutte contre la déflation., qu il faut éviter à n importe quel prix., et ce, de la manière suivante : - Encourager la consommation à tout prix, au détriment de l épargne, génératrice de récession - Créer un « effet de richesse « par l augmentation de valeur des sous jacent, afin d accélerer l accroissement de la consommation - La déflation est un mal, quasi impossible à stopper lorsque le processus est en place. A cet égard, Bernanke et ses acolytes sont littéralement obsédés par l exemple de 1929, et plus récemment celui du Japon des années 1990, voir " America's Great Depression and the Case of Japan in the 90s." Ils sont 100% adeptes des théories monétaristes de Milton Friedman, que Mr Bernanke a dailleurs publiquement honoré et remercié dans plusieurs de ses conférences. Par conséquent, le point prioritaire , dans l esprit du futur président de la Fed, est de maintenir un taux d inflation au minimum de 2 à 3%, taux nécessaire pour éviter tout potentiel déflationniste. Dans un discours de 2002, intitulé "Preventing Deflation: Lessons from Japan's Experience in the 1990s", rédigé par plusieurs économistes de la banque centrale américaine, on peut lire : « Le processus déflationniste né au Japon dans les années 90 n a pas été correctement anticipé par les autorités nipponnes, et fut l un des facteurs clés dans l incapacité de la B.O.J. à fournir un stimulus adéquat à une reprise de la croissance - Quand l inflation devient négative, il devient extrémement difficile pour les autorités monétaires de réactiver l économie « . Un autre point clé réside dans la sémantique utilisée par la FED. Par exemple, les termes « mesures conventionnelles » signifient en clair - Intervention sur les taux courts (Fed Funds) - achat/vente d émissions du Trésor US, Interventions sur l Open Market (Marché réservé aux seuls membres agréés, les Primary Dealers) Ces opérations sont parfaitement légales et autorisées par la Fedral Reserve Act. Face au constat d échec de la BOJ à éviter la recession japonaise sur base de mesures conventionnelles, la seconde priorité de Bernanke et acolytes a été de dresser un catalogue de « mesures non conventionnelles » à utiliser en cas de perception de spirale déflationniste. La liste n est certainement pas exhaustive, mais les mesures les plus citées se retrouvent dans un discours datant de 2004, .. - Tentatives d intervention sur les taux longs via le rachat de Tbonds longue maturité - Création d options sur les taux d intérets - Rachat de devises étrangères pou tenter de faire baisser les taux de change du $ - Rachat par la FED de titres et obligations émises par le secteur privé Cette première ébauche contient déjà des éléments non autorisés par le Federal Reserve Act. Mais bon, les lois sont faites pour être modifiées .
Ceci, en termes clairs, signifie purement et simplement début d intervention massive de la FED dans tous les marchés financiers US. En pratique, certaines de ces mesures sont déjà appliquées, mais à des échelles variables et relativement ponctuelles L avénement de Bernanke, l apôtre de l helicopter money » va en quelque sorte officialiser ce soutien inconditionnel de la FED aux marchés financiers. Cet élément a d' ailleurs du jouer un role important dans la mise sur orbite du BKX ces dernières semaines. Si ces méthodes, pratiquées à grande échelle s avèrent elles-même insuffisantes, la FED serait prête à franchir un pas supplémentaire dans la monétarisation, en accordant directement des prêts couverts par n importe quel types d acti fs privés, de manière à offrir une meilleure liquidité à un marché « gelé » par ces actifs non liquides, tel qu' énoncé dans l' article " Monetary Policy and Price Stability" Dans un autre article de cette année, "Monetary Policy When the Nominal Short-Term Interest Rate is Zero"., est décrit une stratégie plus étrange encore, bien entendu totalement en contradiction avec l esprit des lois qui régissent la Banque Centrale US, stratégie dénommée « Money Rains » Pas besoin de vous traduire, le principe de cette « pluie d argent « consistant littéralement à multiplier le nombre de billets en circulation, tout en dévaluant la valeur de chaque $ en circulation Hallucinant, non, comme déclaration de la part de membres de la FED ?
En fait, laugmentation permanente des aggrégats monétaires depuis des décennies est déja une mise en pratique de ces théories, sauf pour la reconnaissance officielle d' une volonté de dévaluer le $ si nécessaire. Mais de là à promouvoir cette réalité comme une mesure forte, officielle et déclarée pour soutenir l économie en dit long sur la perte totale d orthodoxie monétaire de la part des membres de cette institution,, et de la structure financière de la société américaine, totalement « addicted » au crédit facile et permanent.
Pire encore, en cas de retour des FEDS Funds vers un taux proche de zéro, c.a.d. de taux d intérets réels négatifs, perçus comme tel par le grand public, il pourrait être envisagé d instaurer une taxe sur les instruments d épargne classique, afin de décourager l épargnant US de se créer un bas de laine. Bref, toutes les options sont sur la table pour forcer le consommateur US à s endetter jusquau bout, tel un paysan du Moyen-Age mené au servage à vie pour le seul bénéfice d une structure financière de plus en plus puissante.
Bref, je ne peux que vous encourager à parcourir cet article de référence au lien suivant http://www.safehaven.com/article-4214.htm De toute évidence, certaines des mesures envisagées sont déjà partiellement d application, mais leur extension peut devenir monnaie courante (sans jeu de mot.) et avoir des répercussions graves sur l ensemble du système financier mondial. D' ailleurs, à l approche de sa date de départ, Greenspan, comme pour se dédouaner d une situation qu il a lui même crée, n a pas hésité à jeter quelques avertissements sur l état précaire du système financier US et sur la nécessité pour l Etat de modifier sa politique actuelle.. A échéance plus ou moins longue, la devise américaine devrait être le premier actif à souffrir. Mais il faut être réaliste ; en cas d hyperinflation monétaire US, tel qu envisagé dans certaines de ces mesures, les autres Banques centrales majeures ne pourraient pas rester les bras croisés et suivraient plus ou moins le même chemin avec moins de frénésie, toutefois. Dés lors, l ensemble de ces actifs papiers, devises en tête, continuera à glisser face aux actifs tangibles, pétrole, métal jaune, etc. J' ai l' intention d' alimenter cette file par des articles, charts et autres éléments susceptibles de vérifier la mise en application de ces concepts de cavalerie monétaire dignes de John Law....... Et je vous encourage, pour ceux que cela intéresse, à y poster vos constatations et réflexions..... Dupilon
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : ilan le 06 Dec 2005, 19:27 |
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Tres interressant article , merci Mr.
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : antoine le 06 Dec 2005, 19:34 |
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merci, Dupilon, c'est passionnant ... ça va aller de pire en moins bien, alors ?
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : BURGOS le 06 Dec 2005, 19:47 |
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Très intéressant, merci Dupilon
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : dupilon le 06 Dec 2005, 21:08 |
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Merci pour les commentaires,
Ca m' encourage à creuser le sujet.
Comme par exemple, le fait qu' en Mars 2006, soit quelques semaines aprés l' entrée en fonction du nouvel homme fort de la FED, les économistes de la planète n' auront plus accés aux données de M3, ni à celles des opérations effectuées sur l' Open Market.. Quanq on sait que c' est à partir de cet Open Market que la FED et ses "bras armés" lancent les opérations de soutien aux indices US, ou encore contre l' Or., dont ils coiffent le marché pour détourner l' attention de ce gardien de l' inflation. Curieusement, c 'est à la meme période que l' Iran a planifié l' ouverture de son "Iran Oil Market", nouvelle et première bourse d' échange pétrolière du Moyen Orient, destinée à tailler des croupières au monopole détenu par Londres et Chicago......... Un simple concours de circonstances? J' ai quelques doutes.....
Et je ne suis pas le seul..... Ci joint copié-collé de l' article de référence : Kish Oil Exchange Planned TEHRAN, Jan. 24--The much-publicized oil exchange will be established on the Persian Gulf island of Kish, declared the managing director of Kish Free Trade Zone Organization (KFTZO). According to a report faxed to Iran Daily by the KFTZO Public Relations Office, Hossein Qassemi told reporters that a consortium comprising of the KFTZO, the Oil Ministry and the Ministry of Economic Affairs and Finance would be in charge of setting up the exchange. He hoped that the island would turn into the oil trade hub in the Persian Gulf region. "We have prepared the ground for transferring foreign companies from the Asalouyeh area to Kish Island by creating the necessary infrastructure," he said, adding that the island possesses great potentials in the key tourism, trade and banking sectors. Petrochemicals, crude oil and oil and gas products will be traded at the petroleum exchange. The oil exchange would strive to make Iran the main hub for oil deals in the region. Iran had announced in September its petroleum exchange will become operational by March 2006. Experts from International Petroleum Exchange (IPE) and the New York Mercantile Exchange (NYMEX) have reportedly confirmed the feasibility of the project. Mohammad Javad Assemipour, who is in charge of implementing the oil exchange project, said the petroleum exchange could help create further transparency in the Oil Ministry's performance and help attract more foreign investments in national energy industries. The proposal was first put forward in the beginning of the Third Development Plan (2000-2005) and became a national project only in 2003. Lien : http://www.iran-daily.com/1383/2199/html/economy.htm De plus, certains stratèges indépendants ne sont pas dupes et l' affirment clairement : http://www.globalresearch.ca/articles/CLA410A.html http://www.csmonitor.com/2005/0830/p03s01-wome.html Alors quoi? Une grosse poussée monétaire pour prévenir la montée d' inquiètude des marchés financiers face à une intervention en Iran? Envisageable, pour le moins....
Il s' en passe des choses, sousla surface lisse, tranquille de nos indices boursiers baignant dans un optimisme béat........
Suite au prochain numéro..... Dupilon |
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : meteor13 le 06 Dec 2005, 21:25 |
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Merci Dupilon pour cette étude !
Dans cet article http://www.safehaven.com/article-4228.htm , on peut voir que la véritable inflation , qui est celle de la masse monétaire , est proche des 8 % . Les pays occidentaux s'endettent et remboursent grace à la planche à billet : une histoire qui finit toujours trés mal ! |
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : meteor13 le 08 Dec 2005, 08:14 |
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Un autre article interessant sur le Bernankeisme :
http://www.safehaven.com/article-4236.htm On voit que la grande dépression des années 1930 a été provoquée par la folle augmentation de la masse monétaire des années 1920 qui a entrainé la création de bulles financiéres . En voulant lutter contre la déflation , Bernanke prépare la prochaine grande dépréssion . |
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : dupilon le 08 Dec 2005, 08:38 |
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Dans d' autres circonstances, l' Europe a connu elle aussi de grandes catastrophes suite à une "machine monétaire" en folie.
A la fin de la 1ère guerre mondiale, l' exigence des vainqueurs (la France et l' Angleterre) d' obtenir réparations et remboursement de l' effort de guerre par le vaincu (l' Allemagne) a entrainé les dirigeants allemands vers une course à l' inflation monétaire débridée. En effet, le remboursement avait été exigé en Deutsche Marks. L' Allemagne, ruinée, n' avait plus qu' à imprimer des millions de billets, remboursant à la fois les sommes exigées et dévaluant d' une manière KOlossale la valeur réelle de chaque billet en circulation. Je t' invite à lire quelques documents (via Google, c 'est trés facile) sur l' état financier de la République de Weimar......Edifiant ! Et surtout à l' origine de la montée en puissance d' un autre fléau moustachu......
Les US étant détenteurs de la principale monnaie d' échange internationale, ne peuvent absolument pas laisser s' écrouler le monopole du Dollar, c 'est grace à cela qu' il peuvent se permettre d' emprunter une voie identique à celle de Weimar sans avoir eu encore à en payer le prix......
Dupilon |
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : matokade le 08 Dec 2005, 09:22 |
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Bonjour Didier
Merci encore pour toutes tes files qui nous permettent d'être un peu moins bêtes , de mieux nous faire comprendre le dessous des cartes de cette partie de poker menteur.!! Merci à Nico pour toutes ses analyses , Merci à tous les intervenants qui animent ce site.
Vous ne me lisez pas souvent car, comme tu le sais, je suis fort occupé et le peu de temps de disponible me sert à vous lire . Passez une excellente journée
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : dupilon le 08 Dec 2005, 09:26 |
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Jacques,
Merci à toi pour ta bonne humeur permanente, c 'est toujours un plaisir de te rencontrer.....
A un de ces jours..... Dupilon |
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : matokade le 08 Dec 2005, 09:32 |
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le plus vite possible , nos rencontres ne peuvent que me faire du bien et ainsi je décompresse ( actu , je viens de changer hier de progamme comptable et je me dois de mettre à jour certains parmétres - les prix pour aujourdhui- )
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| Re : Le Bernankisme, une nouvelle doctrine. | Posté par : dupilon le 26 Dec 2005, 16:04 |
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Les véritables enjeux.
Sans chercher à refaire la genèse de notre civilisation et surtout de la sté industrielle dans laquelle nous évoluons, je vais tout de même évoquer quelques points de repères au sens large. La Sté industrielle, telle que nous la connaissons est née au 19ème siècle. Cet essor industriel a permis aux différentes nations européennes, continent phare à l époque, d enclencher la vitesse supérieure , d de raccourcir les distances et d accélérer ses échanges avec leurs colonies. Un certain nombre d événements économiques et politiques, causes et conséquences à la fois de la révolution industrielle en cours, sont venus bousculer la courbe de prospérité du Vieux Continent. Pèle-mêle, l approche du 20ème siècle a donné lieu à plusieurs conflits tels que la guerre franco-allemande, la guerre de Crimée, etc. Oscillant en tre un certain archaisme et la modernité, le continent meurtri s est embarqué dans ce siècle nouveau plein d espoirs et s est rapidement retrouvé face à la désintégration de ses anciennes frontières et un nombre encore accru de conflits, prélude à l effondrement d empires pourtant bien établis, tels que l empire austro-hongrois, ou l empire ottoman, sans parler de la Russie tsariste. Affaiblies, la majorité des nations européennes ont encore assisté à la désintégration lente de leurs empires coloniaux, comme la France, l Italie ou les Pays-Bas. Seule la Grande Bretagne réussit à maintenir un lien privilégié avec la majeure partie de ses anciens territoires. L étendue de son empire, regorgeant de matières premières et riche en pétrole, ainsi que la montée en puissance d une nouvelle nation riche et entreprenante, les USA, contribua peu à peu à étendre l influence de la langue anglaise, et à imposer cette dernière comme la 1ère langue commerciale mondiale. La Livre Sterling se trouvait au sommet de sa gloire. Les choses changèrent suite aux ravages de la 2ème guerre mondiale. L Angleterre, affaiblie par ce conflit démesuré, se vit contrainte de céder sa 1ère place à la nouvelle nation émergente, les Etats Unis, désormais perçus comme libérateurs du barbarisme nazi et peu à peu protecteurs du monde libre face à une nouvelle menace forte, le Communisme version stalinienne. La montée en puissance du $ ne faisait que commencer. Grâce à son statut d important producteur pétrolier, et aux accords passés avec l Arabie Saoudite, l Amérique installa le $ au titre de première monnaie d échange internationale, détronant la Livre anglaise. La consécration définitive eut lieu lors des accords de Bretton Woods, accordant au $ un statut tout à fait particulier, car le nouveau Roi Dollar fut déclaré « as good as Gold » , réduisant le métal précieux au second rôle comme actif de réserve dans les coffres des Banques centrales des nations industrialisées. Offrir à un bout de papier le même rôle que celui historiquement attribué au métal précieux depuis des millénaires par l ensemble des communautés, royaumes et empires depuis le début de l humanité ne pouvait que déboucher qur des excés. Il ne fallut pas longtemps , à la nation montante pour émettre des masses de plus en plus importantes de $, financant à bon compte sa course aux étoiles et son hégèmonie commerciale. ![]() D autres conflits ont bien eu lieu depuis 1945, mais aucun d entre eux n a eu la puissance de cette 2ème guerre mondiale. Les Etats-Unis sont devenus peu à peu le gendarme du Monde, et l empire soviétique, seul challenger face à la toute puissance américaine, se sont effondrés sur eux mêmes, minés par les contradictions de la bureaucratie soviétique. Afin de garantir « ad vitam aeternam » ce statut à leur devise, les US ont réussi à l imposer dans toutes les institutions financières de la planète, créant de fait l impossibilité pour un pays déchapper au Roi Dollar. Il suffisait pour cela de faire adopter la devise américaine comme devise de référence au FMI, à la Banque Mondiale, à l OMC, bref, à chaque point clé du système financier mondial. En effet, chaque programme économique, chaque aide financière octroyée par les grands Argentiers de la planète aux pays demandeurs, riches ou pauvres, est accordée en $ et se doit d être remboursée dans cette seule et même devise, créant par la sorte, l obligation pour la Banque Centrale de chaque Etat de la planète de détenir la majeure partie de ses réserves en USD Le tour était joué. Cette situation particulière confère aux Etats Unis un avantage considérable. C est le seul pays de la planète à ne pas se trouver dans l obligation de détenir de devises étrangères, ce qui leur permet de pouvoir , en permanence, consommer plus qu ils ne produisent et ne vendent au reste du monde. De ce fait, chaque nouvelle émission de titres US, chaque appel au marché via les Treasury Bonds ou autres, trouvent immédiatement preneur, car la plupart des Banques Centrales ont besoin de la devise américaine pour leur programme d échanges internationaux. Et il suffit à la Fed de faire ce que l on appelle communément de la « cavalerie », à savoir faire sans cesse de nouveaux appels aux capitaux étrangers, de nouvelles dettes pour payer les anciennes, arrivant à échéance, tout en augmentant sans cesse leur niveau d endettement.global. Bien entendu, cela crée des fluctuations dans la parité du $, mais personne ne peut échapper à l emprise du $ dans le système mondial, il y aura toujours preneur pour la devise américaine, tout au moins tant qu elle bénéficiera de ce statut envié. Ce ne fut pas le cas du Peso argentin, lors de la crise qui secoua ce pays en 2000/2001, suite à une situation économique précaire et un endettement excessif. En l espace de 8 mois, la devise argentine perdit les ¾ de sa valeur, tel que le montre le graphique inversé ci dessous ![]() Cependant, l omniprésence du $, et l abus de position des USA ont amené au fil du temps de nombreuses secousses financières, crises d importances diverses, dont les victimes furent presque invariablement les pays asiatiques, latino-américains, voire européens, mais jamais les USA. Peu à peu, la construction de l Europe a permis la mise en place d une devise de protection, face aux menaces créées par le $. L Euro fit son entrée sur la scène internationale au tout début de la décennie, avec la ferme intention, de la part des autorités européennes de se sortir du joug d un système « dollarisé ». Au fil des années, la nouvelle devise européenne s est peu à peu imposée comme un interlocuteur de qualité aux yeux de la communauté internationale, et les Banques Centrales ont diversifié leurs réserves, quoique toujours modestement. Ces dernières années, suite l éclatement de la Bulle technologique et aux excès monétaires américains, le prix des matières premières s est enflammé, renversant la tendance baissière LT, et adoptant un profil définitivement haussier, . Cet événement d apparence anodin a des conséquences fortes sur l économie des pays importateurs. De plus, la guerre au terrorisme, déclarée par la Maison Blanche, a pris pour cible les pays islamiques, sommés de choisir leur camp. De part et d autre de la chaine pétrolière, l idée d abandonner le $ en tant que monnaie d échange pour le pétrole a germé dans les esprits. ![]() Les quelques tentatives qui ont déjà eu lieu ont été sévérement réprimées, sous des prétextes les plus divers et fallacieux par le grand frère américain. Ce fut le cas de l Irak, dont Saddam Hussein avait commis le crise de lèse-majesté Dollar, dés 2000. Car c est bien là l enjeu principal de la nation financière américaine. Le maintien du $ à son poste est la condition sine qua none au maintien des privilèges que se sont peu à peu octroyés les US face au reste du monde, privilèges que l ensemble de la communauté mondiale finance à coup d achats massifs des emprunts d Etat US. Toute perte de statut du Roi $ équivaut à une plongée aux abysses pour la devise américaine, avec les cons équences macroéconomiques que l on peut facilement deviner ; comme prix des importations dramatiquement revus à la hausse, plongée vertigineuse d un déficit commercial déjà abyssal, forte dévalorisation de facto des réserves de l ensemble des Banques Centrales mondiales, etc, etc Actuellement, le conditionnement médiatique vis a vis de l Iran bat son plein. Il faut reconnaître que son président actuel fait tout ce qui est en son pouvoir pour jeter de l huile sur le feu, avec ses déclarations incendiaires sur le génocide juif., cherchant définitivement à provoquer les US et la nation israelienne. En fait, les deux camps s invectivent et fourbissent leurs armes. Mais il est un fait acquis, qui va servir de déclencheur à un conflit armé entre les deux factions, c est l ouverture programmée de l Iranian Oil Bourse, en Mars 2006, date à laquelle, comme je l ai déjà souligné, les Etats Unis ne publieront plus leurs données sur M3 ni leurs opérations sur l Open Market. Le prétexte nucléaire qui servira de justificatif,vraisemblablement couplé à un attentat, une fois de plus, comme pour l Irak, a peut-être un peu plus de fondement. Mais si ce nucléaire est la base réelle d une intervention, pourquoi les US ne sont pas intervenus en Corée du Nord ? Pas de pétrole, en Corée du Nord, c est évident.. Donc aucun risque sur le plan Pétrodollar, aucune menace en termes déchanges internationaux. Voilà, on peut discuter longtemps du sujet, et ce genre d article , j en suis conscient, peut facilement tourner à la discussion de comptoir, entre les partisans des US, et l autre camp, ceux du nucléaire et les autres, les défenseurs de l Islam et les autres, etc, etc, etc. Mon but n est pas là, et je souhaite que toute argumentation ou élément nouveau que je vous invite à poster dans cette file le soit toujours à travers le prisme économique et financier, car les événements qui se préparent pour 2006 seront lourds de conséquence sur la communauté financière mondiale. Ci dessous quelques articles de référence sur le sujet, dont j' ai notamment extrait l' un des charts de ce post. http://www.feasta.org/documents/review2/nunan.htm http://www.thetrumpet.com/index.php?page=article&id=1704 http://www.aljazeera.com/cgi-bin/review/article_full_story.asp?service_ID=9752 http://www.conspiracyplanet.com/channel.cfm?channelid=49&contentid=3017 http://www.altpr.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=355&mode=thread&order=0&thold=0 Dupilon |
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