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Euphorie et risques

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Posté par : dupilon le 24 Oct 2006, 23:39
Les marchés financiers s' euphorisent peu à peu, avec la bienveillante complicité de la FED.








dont les Primary Dealers, acolytes de référence, maintiennent la volatilité plaquée au sol, via les OMO et les POMO sur l' Open Market.







Cependant, la déconnexion entre le monde réel et la planète financière apparait de plus en plus flagrante. Comment justifier une telle hausse et une si bonne santé officielle de l' économie à la lecture d' un graphique sur l' Immobilier, vache à lait du consommateur Us depuis plusieurs années déja .




et en observant la corrélation marquée entre le NAHB et le SP500, décalé de 12 mois...




Ou encore en voyant le manque de participation du public à cette hausse, via le Rydex cash flow ratio......


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Macroéconomiquement, les doutes se rendforcent encore à la vue du graphe sur la croissance de l' emploi, nettement moins dynamique que les communiqués triomphalistes officiels







En réalité, on extirpe systématiquement des grilles officielles du chomage tout individu sans emploi depuis plus d' un an, ce qui facilite grandement la publication d' une statistique " Light " trés appréciée par Wall Street.

Si les arguments présentés par les partisans de la théorie de la manipulation des marchés sont parfois un peu légers, il existe néammoins des cas de figure qui prouvent la réalité de ce "management" des Indices, telle cette extraordinaire modification du GSCI ( Goldman Sachs Commodity Index) sur le secteur de l' Energie orchestrée par le secrétaire d' Etat au Trésor, Paulson, ancien Directeur général de....Goldman Sachs........!
Cette réduction de la part du carburant routier (Unleaded Gas) de 7,8 % à 2,2% a forcé la main d' une grosse majorité des Mutuals Funds et Hedge Funds, les obligeant à vendre leurs contrats pour respecteur la pondération du GSCI qui leur sert de référence.





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Le malaise s' accentue encore lorsqu' on pense à l' évolution du revenu des ménages, et à l' écart croissant entre les ménages favorisés et la frange en état de faiblesse économique.
Peu à peu la classe moyenne disparait, victime d' un excés de darwinisme capitaliste.





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Darwinisme qui amène une concentration de pouvoir entre un nombre d acteurs de plus en plus réduits, les obligeant soit à se racheter,, tel le deal CME / CBOT, ou encore à s autodévorer comme le hedge Funds Amaranth , dont la faillite a nourri JPM.



http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=a9N3pFIriqGU&refer=home
Liens :
http://www.itulip.com/ http://www.jessel.100megsfree3.com/RepoWars.png http://www.safehaven.com/showarticle.cfm?id=6058 http://www.cme.com/files/gsciupdate081506.pdf http://www.fdic.gov/news/conferences/2006_Economic_Outlook/whitney.html
Posté par : dupilon le 24 Oct 2006, 23:40
2ème partie.

Un des risques majeurs véhiculés par la réduction du nombre d acteurs se situe bien dans la forte concentration de dérivés entre les mains des 5 plus grosses banques



et plus spécifiquement encore JPM qui détient à lui seul une position avec un effet de levier de X45 !


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De dérivés à dérive, il n y a qu un tout petit accent et un pas que les autorités financières ont franchi depuis bien longtemps déjà, n hésitant pas à supprimer la publication des données de M3



ou encore à « réviser » et « hédoniser » index et statistiques de référence pour maintenir à tout prix l attractivité autour de la vitrine clinquante du Corporate America.
Le CPI fait depuis longtemps partie de ces indexes « hédonisés » dont le calcul a été à maintes reprises modifié pour ne plus refléter qu une partie de l inflation réelle , qui se situe,, sur base des calculs en vigueur 15 ans auparavant 3% au dessus des chiffres officiels.



Et si l' on tient compte de cette inflation plus ou moins corrigée par les stats de la Fed, on obtient une valorisation du Dow en termes réels largement inférieure aux chiffres nominaux.


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A un tel niveau de concentration sur les produits dérivés, les risques de contagion entre les classes d actifs et l ensemble des intervenants se trouve extraordinairement amplifié.
Et j ai la certitude qu un jour ou l autre un événement imprévu, un choc exogène, non incorporé dans les nombreux modèles mathématiques mis au point par les génies de la finance viendra faire basculer tout ce fragile équilibre, comme ce fut le cas lors de la faillite de LTCM, hedge fund dirigé par un prix Nobel de mathématiques.
A l époque, la contagion a pu etre évitée de justesse, grace à l intervention lourde et particulièrement musclée de la Fed. Mais la croissance des Hedges Funds et des risques inhérents à ce type de structure a cru de façon exponentielle




Et il faut bien admettre qu' une banque comme JPM, vu la taille de son poste dérivés , n 'est ni plus ni moins qu' un gigantesque hedge Fund.
Ce risque global est bien réel, mais absolument pas pris en compte par les marchés, car nul ne peut prédire quand il surviendra

Par contre un risque bien plus proche en terme de calendrier, c est le risque de recession aux Etats Unis. L inversion actuelle de la courbe des taux en est un signe précurseur.




Depuis un demi-siècle, chaque phase d' inversion a été suivi d' une récession plus ou moins marquée.




Recession d' autant plus probable que le ratio d'endettement des ménages bat des records......




Nul doute que la proximité des élections de mi-mandat et le puissant arsenal de dérivés à disposition du cartel financier garantit une poursuite haussière des indices à CT. Mais à MT, la dichotomie entre marchés financiers et économie réelle sera appelée à disparaître, via une correction importante des Indices boursiers
Que la cause en soit une nouvelle contraction des aggrégats monétaires japonais ou un événement géopolitique majeur, tout est dans le domaine du possible, sans oublier que la Fed sera bien contrainte de clarifier son message sur les taux sous peu.
Soit elle reprend le cycle haussier et donne du carburant à la hausse du $, soit elle continue sa pause, pour soutenir les indices boursiers, mais il y aura forcèment un sacrifié dans les mois qui viennent.
Et les Commercials, toujours aux premières loges pour recueillir les confidences de la banque centrale américaine, continuent d' accumuler des positions baissières sur certaines classes d' actifs


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Quoiqu 'il en soit, les autorités monétaires US feront tout pour sauver le trends haussier des marchés et s' apprêtent à lever une des dernières barrière de protection et de précaution en termes de régulation des marchés. Désormais, les investisseurs institutionnels pourront augmenter leur effet de levier grace à une baisse des margin requirements.

SEC Expected to Ease Margin Requirements
"Margin requirements, set by the Federal Reserve, limit borrowing to 25 percent to 50 percent of a security's purchase price. Under the new system, they could be reduced to as low as 15 percent for institutional investors."
http://www.chron.com/disp/story.mpl/ap/fn/4263548.html
$100 to invest on 50% margin is $200. On 15% margin it's $666 (there's that number again) or more than 3x the currently available investment capital.

Le risque augmentera donc en conséquence. Et l' écart entre une réalité morose pour une frange de plus en plus importante de la population et une véritable euphorie dopée par une mer de liquidités financières pourrait finir par donner raison aux adeptes de la thèse déflationniste chère à Prechter, ce qu' il ne faut absolument pas souhaiter.
Avec, dans ce cas, le Nasdaq en vedette en lieu et place du Dow dans un scénario catastrophe, car le Nasdaq est bien le " jeune Indice" actuel tout comme l' était le Dow dans les années 30, avec en parallèle aux emplois perdus dans l' industrie des années 30 ceux perdus dans les nouvelles technologies au profit des économies asiatiques, qui se portent de mieux en mieux,



au point de faire la couverture récente de The Economist




pendant que les USaggravent leurs déficits et le risque sur le Roi Dollar.




Une mixité stagflationniste où l' appauvrissement des ménages serait compensé par une croissance monétaire fortement inflationniste pourrait justifier un scénario comme celui évoqué par Eric Janszen sur son site de référence :
http://www.itulip.com/forums/showthread.php?t=527

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Pour conclure, et même si je participe comme tout un chacun à la hausse actuelle, la combinaison d' euphorie financière alimenté par la Fed ainsi que l' instabilité géopolitique me rendent extrémement circonspect sur la durabilité du rally actuel au delà de quelques semaines post électorales, et je ne peux me résoudre à enfiler des lunettes roses pour me laisser bercer par les douces illusions des sirènes de Wall Street.

Liens :
http://www.occ.treas.gov/ftp/deriv/dq405.pdf http://www.shadowstats.com/cgi-bin/sgs? http://www.investorsinsight.com/otb_va.aspx?EditionID=399 http://www.macromavens.com/reports/MacroMonitorFeb2006.pdf
Dupilon
Posté par : dupilon le 24 Oct 2006, 23:40
Merci d' envoyer vos commentaires sur cette file........

Dupilon
Posté par : meteor13 le 25 Oct 2006, 08:22
Bonjour Dupilon ,
Bravo pour cette étude trés documentée . Vendredi nous aurons une premiére estimation du PIB US pour le troisiéme trimestre : un chiffre nettement inférieur à 2 % pourrait calmer l'euphorie actuelle . Si le chiffre pour le quatriéme trimestre est proche de zéro , nous aurons confirmation d'une forte probabilité de recession pour 2007 .



http://www.safehaven.com/article-6145.htm
Il est impossible d'empécher l'effondrement d'une bulle spéculative formée par la liquidité excéssive d'une expansion des crédits .
Posté par : michel le 25 Oct 2006, 09:07
pour cette étude remarquable


Bref, dans une partie de poker, quand 1 joueur triche et que les autres s'en apercoivent, en général on siffle la fin de la partie et cela se finit toujours mal.

Sur la position commercial sur le 10 ans, on voit une accumulation de position short.
D'après toi quel pourrait etre le ou les déclencheurs d'une chutte du 10 ans?
Posté par : dupilon le 27 Oct 2006, 07:56
Un article duSpiegel qui vaut la peine d' etre lu.

L' auteur de l' article, par ailleurs extrait d' un livre traitant du sujet, y décrit la faiblesse réelle du $ et la perception de plus en plus criante d' une multiplication aberrante de la monnaie américaine, avec les risques majeurs que cela comporte........

http://www.spiegel.de/international/0,1518,440054,00.html
Dans une veine un peu différente, mais qui vient confirmer une fois de plus l' intervention de la Fed et plus exactement du PPT (Plunge Protection Team) sur les marchés, en cette période particulière.

http://www.nypost.com/seven/10262006/business/treasurys_paulson_plays_with_the_plunge_protectors_business_john_crudele.htm

Dupilon
Posté par : Daniel le 29 Oct 2006, 15:34
Bonjour Dupilon

Merci et bravo pour cette étude, tu n'as pas fini de nous épater tous.

Mais pour que les plus incultes comme moi puissent en profiter pleinement, pourrais tu résumer tout ça en un texte en français simple.

Je crois avoir compris de ton travail que nous sommes dans un marché financier qui est infiniment plus optimiste que l'économie réelle, et que les gens parient sur des espoirs non confirmés par les données statistiques réelles. Ais je bien compris ? Peux tu expliquer et développer un petit peu s'il te plait ?

D'avance mille mercis
Daniel
Posté par : dupilon le 29 Oct 2006, 18:42
Bonjour Daniel,

Effectivement, tu as parfaitement saisi le sens de cette analyse. C 'est vrai que ca peut paraitre assez hermétique au 1er abord, et que malheureusement, je ne réalise pas toujours à quel point j' utilise un jardon trés "abstrait" pour la majorité des lecteurs.

Je vais tenter d' etre clair :

La FED met à disposition, sur l' Open Market, d' importantes liquidités qui servent à soutenir les marchés financiers lorsque ceux ci ne peuvent absolument pas tomber ( causes électorales, par ex...) ou encore lorsque ceux ci prennent une tournure trop baissière.

Globalement, elle procède de la manière suivante.
Les liquidités sont empruntées à taux zéro (ou presque, une spécificité de l' Open Market) par les Primary dealers. Ceux ci injectent une partie de ces liquidités en contrats calls sur les futures, les options, bref, tout type de dérivés susceptibles de produire un fort effet de levier et d' orienter le marché dans le sens voulu.
Aprés plusieurs jours ou semaines, ces contrats sont réalisés et les sommes empruntées retournent sur l' Open Market en remboursement, le Primary dealer a au passage , empoché une trés belle plus value avec la complicité et la bénédiction de la Fed......

Cela permet de tenir un marché " Bull" meme quand les stats sont mauvaises, ou encore malgré un marché de l' emploi qui se détériore ou des conditions économiques dans la vie réelle qui réduisent le pouvoir d' achat du consommateur ordinaire ( prix du pétrole, hausse des loyers, couts d' acquisition d' un bien immo, etc, etc....).

La concentration de produits dérivés entre les mains de quelques acteurs ( les petits privilégiés de l' Open Market) représente à terme un risque de contagion majeure en cas d' un choc exogène non intégré dans les modèles mathématiques de gestion du risque développés par ces professionnels. La taille meme de ces géants leur procure une sensation d' invincibilité qui leur sera certainement fatale un jour ou l' autre.
De plus, le manque de régulation des hedges funds leur permet des prises de risques considérables, toujours avec la bénédiction de la Fed. Greenspan, en son temps, s' était d' ailleurs fait l' avocat de ces hedges Funds.
D' autre part, plusieurs signes avant coureurs plaident pour une récession économique aux US. De quelle ampleur ? On peut se perdre en conjectures.....le temps nous le dira. Mais elle ne sera pas évitée, c 'est une certitude. Et les résultats des entreprises en patiront.

Pas toutes, bien entendu...... D' ailleurs les plus grosses multinationales continueront certainement à afficher des performances honorables, mais la majeure partie de ces bénéfices proviendront de l' extérieur, d' Europe ou d' Asie, et plus spécifiquement de Chine, où la capacité de consommation augmente fortement.
J' ai d' ailleurs vu récemment un mini-reportage sur une chaine française concernant la rapide croissance des salaires chinois et le manque de main d' ouvre "formée et qualifiée" sur place, tirant vers le haut toute l' échelle des salaires.
Selon certains analystes macroéconomiques, la Chine est arrivée au point d' inflexion où elle ne dépendra plus des USA pour continuer à maintenir sa croissance.
La part des US dans l' export chinois est en forte régression, remplacée par une demande intérieure, notamment.





La croissance de la consommation y est trés forte.




D' ou cette couverture de The Economist de la semaine dernière.




Jette un coup d' oeil à l' article dont sont extrait ces charts...
http://www.financialsense.com/editorials/phillips/2006/1027.html
Le transfert de richesse de l' Ouest vers l Est est bien en cours et s' accentue. On a commencé par la sous traitance basique, mais aujourd'hui ce sont les transferts de technologie les plus sophistiquées de meme que le transfert de puissance financière qui sont en cours.
Les US perdent peu à peu leur statut de pays "incontournable" et lca pourrait s' avérer extrémemnt désastreux pour le $.
Dollar qui leur sert d' ailleurs essentiellement à exporter des risques financiers à travers toute la planète.........

Dupilon
Posté par : s.totem le 29 Oct 2006, 19:13
heureusement qu on a Dupillon...

Posté par : boots le 29 Oct 2006, 19:25
Dupilon

J'ai lu avec attention ton dernier post.


Mais je ne suis pas d'accord.

Que les marchés soit manip c'est une chose mais tout est manipulé le pétrole beaucoup plus que le reste. Soit on l'accepte et on fait avec soit on arrête la bourse.

Quelle somme la Protect Plunge team si c'est à ça que tu fais allusion a t ell ?
D'ou proviennent les sommes ?
Pourquoi vendredi le nasdaq a perdu 1.20 % ?

Pour moi ca ne tient pas debout même si paradoxalement ça m'étonnerais pas mais dans le fond ça m'interesse pas cette question.

Tu dis que la concentration des produits dérivés va poser un risque. C'est entièrement faux ! Le seul risque réside dans le Hedge fund qui a la mauvaise position.

L'argent des pertes et gagner par une contre partie donc les forces s'équilibres.
Si quelqu'un perd un autre va gagner.

Y a aucun risque de ce côté là.
Posté par : Daniel le 29 Oct 2006, 19:47
Meci Dupilon d'avoir pris la peine de répondre à ma demande Je peux profiter pleinement de ton analyse à présent.
Daniel
Posté par : dupilon le 29 Oct 2006, 19:56
Boots,

C 'est entièrement ton droit de ne pas etre d' accord.
Et je te remercie d' avoir posté ton opinion.
Quand à moi, ne t' inquiète pas, j' intègre cette donnée dans ma manière de fonctionner, c 'est tout............

J' essaie simplement d' élargir le champ de vision du lecteur au delà de la simple prise de position sur un titre ou un tracker et de permettre à chacun d' établir des relations entre les différents marchés qui composent le système financier global.

Si tu ne vois aucun risque dans les dérivés et les Hedges Funds, c 'est ok pour moi.
A chacun sa perception du marché. C 'est précisément grace à cette diversité d' opinion qu' un marché peut fonctionner et qu' on trouve toujours un acheteur pour un vendeur.

Bonne semaine et bons trades !

Dupilon
bourse