Selon la version officielle, le redressement économique est en cours, suite à l' interventionnisme des banques centrales . S 'il est indéniable que les actions concertées des autorités monétaires ont permis de mettre un frein à la spirale infernale , il convient néammoins de nuancer la réalité .

Cette fameuse reprise n 'est tout au plus qu' un jeu de miroirs déformants destinés à grossir une phase d' accalmie dans le déclin de l' activité économique occidentale , via un spectaculaire rebond des indices boursiers . Dans la vie réelle , stagnation des commandes , chomage et contraction du crédit à la consommation sont toujours à l' affiche .
Concrétement , le seul résultat à mettre au crédit des banques centrales consiste en l' arrêt du dégonflement de la bulle globale , via une injection massive de liquidités . Cette bulle globale est là , bien là , toujours présente . Plutôt que d' accompagner son dégonflement par le biais de mesures adaptées aux difficultés rencontrées par les entreprises et les particuliers , les autorités monétaires ont choisi de préserver cette bulle financière en orientant les capitaux vers le secteur bancaire .
Alors que les indices boursiers célèbrent la fin de la récession , rien n' a fondamentalement changé . Tous les éléments qui ont contribué au déclenchement de cette première phase d' implosion du système sont toujours en place dans la structure économique . En voici quelques exemples :
Les premières fêlures du système sont apparues suite à l' éclatement de la bulle immobilière . Les désintégration des dérivés subprime a servi de détonateur pour la première phase de cette crise mondiale . Le marasme de l' immobilier résidentiel est désormais parfaitement intégré dans le paysage global . Hélas , décalage oblige , l' attention doit désormais se porter sur l' immobilier commercial , victime des mêmes excés que le secteur résidentiel . En Avril dernier , General Growth Properties , la deuxième structure foncière commerciale US , incapable d' honorer ses engagements , a été mise en faillite .
http://www.reuters.com/article/businessNews/idUSTRE53F68P20090417
http://online.wsj.com/article/SB125185523668478151.html
Cette deuxième vague de faillites immobilières va s' avérer particulièrement meurtrière pour le secteur bancaire , et commence à peser sur les bilans de certaines banques dont les résultats du 2ème trimestre ont décus , comme Wells Fargo . La chute de l' immobilier commercial est d' ailleurs la principale cause de faillite des petites banques régionales . Ce secteur , qui regroupe les centres commerciaux , l' hotellerie et de nombreux batiments administratifs , est évalué à plus de 6 trillions $ , soit plus de 10% du PIB américain . Combien de dérivés toxiques ont été émis sur les prêts , désormais à risque , de ce secteur commercial ?

La démesure des plans de sauvetage rend difficile l' estimation des montants accordés à l' industrie financière . Selon les observateurs , les chiffres varient de 14 à 23 trillions $ . La majeure partie de ces liquidités n' a jamais trouvé le chemin de l' économie réelle , les banques préférant soigner leurs propres blessures avant toute chose . Une partie de ces sommes a donc été neutralisée en épongeant les pertes sur dérivés , évitant la dislocation intégrale du secteur bancaire . Le solde de ces liquidités virtuelles a pris le chemin de la spéculation , via les structures de trading des principaux primary dealers , davantage préoccupés par le maintien de leurs privilèges que par la survie de milliers de petites entreprises . Pourquoi s' embarasser à prêter aux entreprises en difficulté alors qu' il est si facile de réaliser des profits en influençant les marchés via l' artillerie lourde du trading automatique ou la célérité du flash trading ?

On assiste à une décorrélation de plus en plus forte entre l' économie réelle et sa représentation boursière . Une nouvelle bulle virtuelle est en formation . Rien de nouveau , si ce n 'est l' écart de plus en plus important entre fiction et réalité .
Les autorités monétaires ont failli à leur mission en n' imposant pas de strictes conditions d' accés aux plans de sauvetage destiné à un secteur financier egocentré . Les mauvaises habitudes sont toujours omniprésentes , comme en témoigne la résurgence des bonus , et l' échec de la réunion des ministres des finances du G20 à adopter une solution commune . Pendant ce temps , de nombreuses entreprises luttent pour leur survie , et n' ont d' autres alternatives que de réduire la voilure et procéder à des réductions d' effectif .
Quel est le véritable taux de chomage aux US ? Plus que probabalement , celui ci est à situer entre les statistiques officielles et les chiffres avancés par Shadowstats , sans exagération aucune .



Même Warren Buffet , d' abord acquis aux programmes de relance , vient de déclarer en juillet qu' il n' y avait pas de reprise économique , que le chomage pouvait atteindre 11 % et qu' un second programme de relance serait probablement nécessaire .......
http://www.reuters.com/article/pressReleasesMolt/idUSTRE5683MZ20090709
En réalité , la pseudo reprise actuelle est essentiellement le résultat de manoeuvres des autorités monétaires sur l' ensemble des marchés , plutôt qu' un véritable redémarrage de l' activité des entreprises . En maintenant les taux d' intérets à un niveau artificiellement bas via les dérivés IRSwaps , voire à un taux réel négatif , la Fed parvient à réorienter les capitaux en quête de returns vers les actifs à risque , ce qui justifie les signaux techniques récemment émis par les indices . Mais tout comme au Japon , le piège à liquidité nous entraine vers une longue période de stagnation . Les récents signaux de reprise attribués à l' indice ISM doit être replacé dans le contexte de récession . En 2002 , ce passage de l' index au dessus des 50 pts n' a pas empêché une nouvelle contraction des marchés jusqu' au printemps 2003 .
Idem pour le taux de croissance des indicateurs avancés .Ce taux record n' a été légérement dépassé qu' une seule fois en 40 ans ..........au seuil d' une décennie de stagflation majeure ! Comme quoi il est important de regarder dans le rétroviseur pour relativiser la portée de certains signaux .




Car il s' agit bien de sauver la vitrine économique US pour maintenir l' apparence de la bonne santé du système et attirer les capitaux étrangers , condition sine qua none à la poursuite de l' illusion de richesse via la dette . Depuis plus d' une décennie , la montée en puissance de l' expansion monétaire a favorisé l' accroissement de la dette et la mauvaise allocation des capitaux , jusqu' à la récente implosion , première phase d' une série de secousses à venir .Même si les autorités parviennent à relifter complétement la façade , le batiment continuera à se fissurer , et finira par s' effondrer . Le compte à rebours est déja enclenché . Comment justifier la taille du marché des dérivés face à l' économie réelle ? La pseudo prospérité retrouvée n 'est qu' un artifice virtuel, dont la longévité dépend des manoeuvres en cours sur le champ de bataille des dérivés du crédit et des dérivés IRSwaps . L' illusion peut encore perdurer quelque temps. Mais rien n' arrêtera le mouvement cyclique en cours . Celui ci prendra fin au cours de la prochaine décennie . Entretemps , d' espoir en euphorie , de doutes en déceptions , l' économie se purgera de tous les excés encore présents , tant dans la vie réelle que dans l' économie financière virtuelle .......
http://www.financialsense.com/editorials/bronson/0512_Forecast.pdf


Un dernier point avant de clore cette chronique . Voici une phrase que vous avez probablement déja lue ou entendue au fil de vos pérégrinations sur les médias .

Rien de bien nouveau , me direz vous . Chacun sait qu' il y a beaucoup de liquidités en réserves et qu' il existe un risque d' inflation lié à la spéculation . Oui mais......ce texte qui parle d' actualité date en réalité de 1930 , là aussi au début d' une autre décennie perdue.......Rien n' a changé.......
http://newsfrom1930.blogspot.com/2009/08/favorites-of-week-august-25-august-30.html
Affaire à suivre ......
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