Entre les espoirs d’une reprise économique aux Etats-Unis et le poids de la dette qui pèse sur la Zone Euro, les portefeuilles tournent par zone géographique, actif et secteur. La chute de l’Euro reflète particulièrement bien le contexte de tension qui s’accentue depuis novembre dont le principal « bénéficiaire » est les Etats-Unis. La première puissance mondiale affiche une certaine solidité dans son activité économique qui n’est, certes, pour le moment temporaire, puisque la flambée du billet vert pourrait avoir un impact non négligeable sur la compétitivité de ses entreprises exportatrices… les publications du T4 qui ont commencé seront un bon indicateur. La Grèce sera également le sujet central au premier trimestre 2012 mais les banques centrales BCE, FED et les fonds FMI et FESF ou encore les banques auront-t-elles les moyens d’éviter le pire ? Cette année sera cruciale pour les marchés financiers … la croisée des chemins commence maintenant.
Tirés par la publication du baromètre mondial qu’est ALCOA mais aussi des derniers rapports sur le chômage mensuel, les indices américains poursuivent lentement leur ascension en s’approchant d’une zone dangereuse. De leur coté, les indices européens en nette sousperformance par rapport à leurs homologues US arrivent également sur le haut de leur range dont ils n’arrivent toujours pas à s’extraire. Entre signal haussier moyen terme et risque d’un nouvel échec, les prochaines semaines seront décisives pour la tendance à venir.
Le SP500 continue d’évoluer au sein d’un canal haussier mais teste désormais la résistance intermédiaire des 1285 points. Le biais haussier est encore d’actualité alors que la prudence s’accentue à l’approche de cette zone. La moyenne mobile à 20 semaines est en phase de redressement mais ne devra pas fléchir ces prochaines semaines sous peine à que la tendance reste neutre encore quelques temps entre 1285 points et 1100 points.
S&P 500 Annuel S&P 500 Hebdomadaire

Le Nasdaq Composite est dans la même situation avec une évidence frappante en ce qui concerne les volumes d’échange. L’absence des opérateurs sur le marché au cours des prochaines semaines entrainera sans doute un faux signal au franchissement de sa résistance des 2700 points. Il faudra donc prendre avec des pincettes toute tentative d’extraction par le haut de la zone de congestion dans lequel il évolue depuis 6 mois.
Nasdaq Comp. annuel Nasdaq Comp. Hebdomadaire

L’indice Dow Jones est contenu sous une oblique de polarité dont il faudra absolument déborder pour limiter les risques de rechute violentes.

In Extremis, le support annuel des 3050 points aura tenu en fin d’année ne validant pas pour le moment le « Double Top » créé en 2000 et 2007. C’est toutefois l’indécision qui prédomine sur fond de crise en zone euro qui n’a encore débouché sur rien, avec des dirigeants qui tentent par tous les moyens de prouver leur bonne volonté. Cela sera s’il suffisant pour que l’indice CAC 40 rattrape son retard avec les indices US ? Sans doute pas. Seuls les puristes en analyse chartiste ne se poseront pas de question et auront remarqué la figure en Diamant validé depuis le franchissement des 3100 points qui donne pour objectif 4000 points.
CAC 40 Annuel CAC 40 Hebdomadaire CAC 40 Journalier

Sur les contrats futures CAC 40, l’évidence du seuil majeur testé à de nombreuses reprises que ce soit en données journalières par le passage de la moyenne mobile exponentielle à 150 périodes (graphe de gauche) et la ligne horizontale en données 4H (graphe de droite) pourrait donner l’opportunité de sortir les Bears, sans beaucoup de volumes.
Future CAC 40 Journalier Future CAC 40 4H

L’indice Allemand, un peu plus fort que son homologue français, devra convaincre en s’affranchissant des 6350 points qui correspond à la médiane d’un canal haussier, à la moyenne mobile à 100 et 50 semaines, ainsi qu’aux plus hauts testés l’été 2010 et plus récemment en octobre.
DAX Annuel DAX Hebdomadaire

Ces quelques graphiques démontrent clairement que les marchés sont à la croisée des chemins entre les espoirs d’un retour d’une accalmie momentanée et d’une pression depuis des mois qui pèse sur la confiance. Les séances qui vont suivre seront déterminantes …
Le calme revient lentement, les opérateurs s’observent sans trop s’inquiéter de la hausse continue de ces dernières semaines. L’indice de la Peur VIX est au repos mais toutefois contenu dans un biseau qui se resserre dangereusement. Calme … trop Calme… l’indicateur ne devra pas en sortir par le haut sous peine de raviver extrêmement vite la volatilité sur les marchés actions.
Cette accalmie n’est clairement pas ressentie sur le marché des changes avec la monnaie unique qui atteint des abysses inexplorées depuis septembre 2010 face au dollar. La décorélation avec les marchés actions matérialise bien la situation actuelle d’une tendance des cambistes à privilégier l’investissement de l’autre coté de l’Atlantique que sur le vieux Continent. Logique … et en même temps fort appréciable pour nos entreprises exportatrices plus compétitives. Restera à savoir si l’effet de change a porté ses fruits au travers des publications du dernier trimestre de l’exercice 2011 au cours des prochaines semaines.
La dynamique baissière se poursuit lentement mais surement enfonçant semaine après semaine la parité dans des horizons vieux de plus d’un an. Une oblique passe proche des cours actuels mais il serait très audacieux d’anticiper la bonne tenue de cette zone support. Un retour sur les 1.25 USD semble évident. En l’absence de seuil tangible, restons pour le moment dans un pessimisme mesuré tant que la ligne l’oblique baissière quasi verticale n’est pas débordée.

Avec plus de 6% de progression depuis 3 mois, le billet vert face à ses homologues a rallié ses plus hauts annuels. Malgré la volonté des opérateurs américains à faire le dos rond sur les problèmes de dette en zone euro qui pèsera indéniablement sur leur économie, ils ne pourront pas longtemps encore tenir ce rythme d’autant qu’à terme ils paieront le prix fort sur la baisse de leurs exportations. Pour autant, cette dynamique est clairement soutenue par la première publication de la saison par Alcoa et des chiffres macroéconomiques en phase de reprise … mais pour combien de temps encore ?
Malgré une configuration clairement baissière sur l’Euro Dollar, son état de survente avec un RSI sous les 30 en Daily et le ralliement du Dollar Index d’une zone de danger au sein d’un biseau présage d’une inversion de tendance à venir dans les prochaines semaines. Auparavant, un excès baissier sur la monnaie unique à 1.25 USD n’est pas à écarter.
Les multiples émissions obligataires des pays de la Zone Euro à la recherche de financement auront provoqué quelques surprises. Une première vague en fin d’année dernière n’ont pas été rassurantes avec des taux plus élevés que prévu et pour certains comme en Allemagne, une souscription bien inférieure aux attentes. Les dernières en date ont été réalisées en Espagne : 2 fois plus souscrites que prévu à 10 milliards d’euros sur 3 ans et en Italie où là c’est un taux à 2.735% sur 1 an , soit 2 fois mieux que le taux émis il y a 1 mois. Une bonne nouvelle coté confiance en Zone Euro … mais attention, ils émettent sur 10 ans à des taux encore proche des récents records.
A quelques semaines de l’échéance de remboursement d’une partie de sa dette, la Grèce devra se refinancer courant Mars. Le pays est actuellement en négociation avec ses créanciers pour effacer une partie de la dette. Les discussions semblent avancer au vu de la dernière adjudication qui s’est plutôt bien passée. Le taux 10 ans s’est stabilisé depuis plusieurs semaines autour de 35%.
La détente sur le taux 10 ans après sa relative réussite sur le 3 ans ne s’est pas fait ressentir. Il faut bien prendre conscience que les émissions à court terme ne reflètent que très peu la confiance du marché à moyen/long terme. Souscrit à 1.22 fois, le marché n’a pas eu la même confiance sur l’adjudication italienne que sur la dernière émission espagnole. La tension restera tant que les 7% seront un taux de référence pour l’Italie.
Beaucoup plus volatile, le taux espagnol à 10 ans fluctue encore autour des 5% avec une pointe en novembre à plus de 6.5%, inquiétante pour les marchés. L’accalmie revient au fil des semaines notamment du à la dernière émission « très » court terme souscrite deux fois plus que l’offre mais ne sera sans doute pas suffisante pour calmer toute la tension des autres membres de la Zone Euro.
Toujours dans l’incertitude d’une perte de son triple A par Standard & Poor’s, dont l’agence fut contre dite par Fitch Ratings qui n’abaissera pas la note, la France garde un taux d’intérêt à 10 ans supérieur à 3% contre 2.5% en septembre. Sans doute les marchés obligataires ont déjà intégré la dégradation d’un cran de l’agence … à suivre lorsqu’elle dégradera la France d’une ou de deux notes.
A titre de comparaison, la dégradation du triple A de la note de la première puissance mondiale en 2011 n’aura pas empêcher le taux 10 ans de retomber sous les 2%. Lors de la dernière émission obligataire, la demande a été plus de 3 fois supérieure à l’offre permettant au Trésor de lever plus de 22 milliards de dollars. Les investisseurs se réfugient clairement vers les Etats-Unis dans un contexte de crise en Zone Euro.
La hausse du billet est en facteur non négligeable pour les matières premières principalement libellées en dollars. Les déboires de la Zone Euro n’auront pas épargné le pétrole et l’Or qui restent toutefois des actifs solides pour des raisons historiques, macroéconomiques et géopolitiques. Dans le contexte tendu que nous avons pu mettre en avant plus haut, il est clair que se « réfugier » vers cette classe d’actif n’est surtout pas à négliger.
Crise en Zone Euro et explosion du dollar auront entrainé le métal doré en chute libre de 20% en quelques mois. Les prix auront même tenté de sortir d’une longue phase haussière quasi exponentielle qui débuta en 2002. Cette sortie soudaine de tendance sera clairement exploitée pour les raisons que nous avions déjà évoqué dans nos derniers articles :
1 er partie : http://www.daily-bourse.fr/analyse-OR-Bilan-2011-perspective-2012-1ere-partie-vtptc-14237.php
2eme partie : http://www.daily-bourse.fr/analyse-OR-Bilan-2011-perspective-2012-2eme-partie-vtptc-14240.php

Uniquement liés aux tensions géopolitiques actuels, les cours du pétrole réagissent à la moindre annonce sans aucune réaction vis-à-vis de la hausse du billet vert. D’un coté, les conditions de l’embargo sur le pétrole en Iran ne seront que proposées le 23 janvier prochain et de l’autre, la reprise progressive de la production en Libye. Le premier facteur n’est pas du tout négligeable puisque l’arrêt du détroit d’Ormuz par l’Iran perturberait la circulation de quelques 15 millions de barils par jour. Pour le moment, personne ne peut savoir si l’Arabie Saoudite serait capable de combler au moins une partie de ce manque, sans développer sur les conséquences économiques en Europe et aux Etats-Unis d’un pétrole qui s’échangerait potentiellement à 150 dollars le temps de 2 semaines au maximum, car évidemment une réponse militaire américaine aurait lieu. En attendant, un retour à 120 dollars n’est clairement pas à écarter dans la continuation de la tendance de fond et d’une potentielle sortie de « drapeau ».

Tous les actifs sont sur des points d’inflexion à moyen/long terme à l’image de la Zone Euro qui n’aura plus beaucoup de temps pour redonner durablement confiance au marché. En l’état actuel, même si l’optimisme renait à court terme à chaque bonne nouvelle et sur des anticipations d’un avenir meilleur, ou peut être moins pire, comparé à l’extrême nervosité de ces derniers mois, les niveaux sur lesquels reposent les classes d’actifs ne donnent pas d’autre choix que d’être prudent sur les portefeuilles. Nous aurons inévitablement des séances d’extrême volatilité et une tendance affirmée … mais rentrer à l’achat maintenant sur les actifs risqués relève de la pure spéculation : « Les Bourses ne traduisent pas l’état des économies, mais la psychologie des investisseurs ».
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Point sur les marchés : La tension retombe temporairement, Wall Street en guise de modèle
Répit de court terme dans une économie en voie de détérioration
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