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Marchés: on ira pas plus haut!

Analyse postée le 22 May 2009, 09:56

Plusieurs grandes banques US ont profité du rallye haussier mécanique de ces deux derniers mois pour réaliser des augmentations de capital ou revendre des actifs. La Californie est en faillite. On assite à de nouvelles faillites bancaires aux US et notamment la plus grosse d'entre elle annoncée hier. General Motors va encore recevoir jusqu'à 14 milliards de fonds de sauvegarde alors que l'entreprise est en faillite. L'administration Obama veut réguler les rémunérations des banquiers même dans les établissement qui n'ont pas fait appel aux fonds gouvernementaux. Les annonces de nouvelles régulations, de nouvelles interventions, de nouveaux impôts pour financer des plans ruineux se succèdent à vive allure, et pendant que le chômage et la dette montent en flèche, que fait le Sénat américain: il vote de nouveaux crédits pour la guerre en Afghanistan. 

La situation est tout bonnement ubuesque. C'est dans ce contexte que Standard & Poor's annonce envisager de dégrader la note Triple-A de l'angleterre (on se demande d'ailleurs comment l'Angleterre a encore un Triple-A). Alors ce qui devait arrivait arriva! Les obligations s'effondrent et les indices avec eux. Le rebond arrive donc à son terme, ou tout au moins sur son objectif, et il est fort probable que le point haut marqué cette semaine soit l'ultime point haut dans le rallye haussier auquel nous assistons depuis le mois de Mars.

 

 

La baisse des obligations constitue probablement le début de la fin pour les produits d'État, ce qui signifie clairement la fin de l'accès à une source de financement universellement employée dans le cadre des dépenses gouvernementales. Ci-dessous est représenté le prix des "bonds" à 30ans du trésor US, qui en ont pris un bon coup sur le bec hier:

 

30Years.png

 

Lorsque le prix des obligations baissent, ceci signifie que les investisseurs s'en désintéressent. Les taux montent donc en parallèle. En clair, les gouvernements - et donc à terme les contribuables - vont payer très cher leurs plans de relance et de financement.

 

30YearsRate.png

 

Lorsque les obligations d'État, universellement considérées (à tort) comme le placement financier le plus sûr au monde, n'attirent plus les fonds privés, ce sont les les banques centrales qui prennent le relai par le biais des plans de relance, ou autrement dit de l'inflation monétaire, comme on l'observe actuellement.

Les fonds des investisseurs privés, tout comme la monnaie nouvellement créée, chasse les seuls produits tangibles permettant de préserver la valeur du capital dans une situation de détresse économique généralisée. Il n'en existe guère hormis les métaux précieux, et certaines matières premières. L'or bénéficie donc à plein de la chute combinée des obligations et des marchés d'action. C'est probablement l'un des seuls placements attractifs dans la période inédite que nous connaissons actuellement:

 

Gold.png

 

La hausse des marchés arrivent donc probablement à son terme, les capitaux fuyant les marchés comme la peste. Nous avons expliqués à de nombreuses reprises que les fondamentaux ne justifient en rien la hausse des marchés depuis le mois de Mars, mais que la reprise n'est au contraire qu'une manipulation mécanique mise en place dans un contexte technique de survente prononcée.

Nous assistons donc à la mise en place d'une configuration technique sur les échelles courtes qui permet d'envisager une propagation baissière sur les échelles longues, et devrait donc conduire à terme à la reprise de la baisse à long terme des marchés.

 

DowJones.png

 

Nicolas, alias philippulus


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