Que l'on considère la déflation comme une baisse progressive du prix des actifs financiers ou bien, selon sa définition réelle, comme une contraction de la masse monétaire, dans les deux cas - bien que ces deux situations relèvent de contextes totalement différents - ses conséquences sont bénéfiques. La déflation est favorable au développement économique, à l'augmentation du niveau de vie des individus, et à l'éradication progressive de la pauvreté dans le monde. Bien entendu, ce n'est pas la perception qu'ont de la déflation la majorité des personnes, y compris les lecteurs de daily-bourse, et ce n'est surtout pas l'avis des autorités financières, ni des gouvernements, qui démonisent la déflation comme une menace redoutable contre laquelle il faut lutter à n'importe quel prix. Essayons de clarifier cette situation !
L'idée du présent exposé m'est venue en raison d'un processus exceptionnel qui est en cours de développement, mais dont pratiquement personne ne parle, et dont l'impact sur les évolutions économiques et le comportement des marchés sera véritablement lourd de conséquences au cours des mois à venir. J'y reviendrai plus bas !
Afin de faciliter la compréhension de ce qui suit, je vous invite tout d'abord si vous en avez le temps à reprendre la lecture des articles suivants:
La monnaie, le système bancaire et le Système de la Réserve Fédérale , A LIRE IMPERATIVEMENT sur mon blog
L' OR et l' INFLATION, sur la relation entre évolution des masses monétaires en dollars US et le stock d'or mondial.
Trillion Dollar Baby, sur les deux leviers majeurs de l'inflation monétaire: la création monétaire et le multiplicateur bancaire
Dans le cas contraire, les premiers paragraphes ci-dessous reprennent quelques éléments essentiels sur la monnaie, l'or et l'inflation.
La monnaie revêt une importance capitale en tant qu'unité de compte et moyen d'échange. Elle permet en effet, au delà du troc, de mettre de l'ordre dans l'incroyable complexité des flux de matières premières et de produits manufacturés tout autour du globe.
L'aspect primordial de la monnaie fut toutefois son apparition spontanée sur les marchés, sous forme essentiellement de matières premières utiles auquelles une valeur propre était attribuée en raison de leurs propriétés intrinsèques, telle que rareté, divisibilité, stabilité ou densité élevée.
Avec le développement progressif des échanges commerciaux, les métaux précieux remplirent tout naturellement ce rôle de monnaie d'échange, bien que toutes sortes d'autres matières premières furent également utilisées.
De tout temps, la plupart des gouvernements ont tenté d'étendre leurs pouvoirs, ce qui requiert l'abolition du contrôle de leurs dépenses qu'impose une monnaie tangible telle que l'or. Au cours de l'histoire, les rois ont tout d'abord monopolisé la création monétaire en se réservant le droit de battre monnaie, ce qui leur en procurait un accès prioritaire. Mais comme la manipulation d'un stock d'or limité ne suffisait généralement pas, les Etats endettés recourraient à la manipulation de la valeur des pièces d'or par rognage, ou par la dégradation en refondant des pièces pour en diluer la quantité d'or.
Avec le développement rapide du secteur manufacturier au cours du 18ième siècle, le besoin se fit sentir de remplacer les encombrantes pièces d'or par un moyen de paiment plus commode. Le système monétaire du 19ième siècle permettait aux gens de convertir leurs billets en pièces d’or. En d'autres termes, les billets étaient des substituts des pièces en question. Le dollar américain s’échangeait contre 1/20 d’once d’or, la livre anglaise équivalait à 1/4 d’once d’or, etc. Ces taux de change étaient fixes, il s’agissait de définitions, tout comme on dit que 100 centimètres sont la même chose que 1 mètre.
L’étalon-or n’a pas été imposé par les gouvernements, il s’est développé librement au cours des siècles. La provision d’or était stable, car elle était sujette aux seules forces du marché plutôt qu’aux décisions arbitraires des hommes de l’État.
Depuis environ un siècle, c'est à dire depuis la création de la Réserve Fédérale Américaine (la "Fed"), l'économie fonctionne selon un mode inflationiste, qui est unaninement considéré comme le mode de fonctionnement universel du système économique capitaliste. RIEN N'EST PLUS FAUX!
L'inflation monétaire est la seule et unique cause de la hausse ininterrompue des prix dans l'économie réelle, résultant des deux moteurs inflationnistes principaux: la création de nouvelle monnaie, et le multiplicateur bancaire:
Lorsque la Fed fut établie en 1913, elle abaissa les exigences de réserves de moitié durant les quatre années qui suivirent, amenant ainsi à un doublement de l’offre monétaire à l’issue de la première guerre mondiale.
Mais le réel pouvoir de la Fed se situe au niveau de son monopole à créer de la monnaie. Bien que les Etats-Unis s’appuyaient encore sur l’étalon-or en 1913, ce dernier s’éroda rapidement alors que la Fed continuait de développer l’offre monétaire. Au cours de cette première étape, la contre-valeur en or des billets émis par la Réserve Fédérale n’étaient que de 40%, permettant ainsi l’accroissement de la masse monétaire par un facteur de deux fois et demi.
Ces mécanismes ont été maintenus et amplifiés jusqu'à ce jour, et reproduit par toutes les autres banques centrales et systèmes bancaires de l'ensemble des pays et des zones économiques.
Au cours de cette évolution, l'or fut remplacé par des monnaies fiduciaires, c'est à dire des monnaies sans contre-partie tangible. Après que les gens se soient habitués à la monnaie papier, ils se sont mis à penser que le papier constituait effectivement la monnaie.
Ceci eut pour conséquence, aux Etats-Unis notamment, que le peuple accepta sans broncher la décision prise en 1933 par Franklin Delano Roosevelt, le président des USA de l'époque, de ne plus assumer l'obligation contractuelle du gouvernement de rembourser les billets contre de l'or. Il en vint même à forcer les citoyens à remettre leurs possessions d'or au gouvernement en échange de bouts de papier. Puis en 1971, Richard Nixon mit une fin définitive au dernier lien qui reliait formellement le dollar US et l'or, en refusant aux banques centrales étrangères d'échanger leurs dollars fiduciaires contre l'or US.
Lorsque la discussion est abordée au sujet de la différence entre l'or et une monnaie fiduciaire, la plupart des gens prétendent effectivement que , par exemple, les dollars sont garantis par le gouvernement US en personne. D'un stricte point de vue, ceci n'a toutefois aucun sens: rien ne garantit la contre-valeur d'une monnaie fiduciaire. La monnaie fiduciaire maintien sa valeur aussi longtemps que ses détenteurs pensent qu'ils pourront toujours trouver un partenaire avec qui les échanger dans le futur.
Nous nous retrouvons donc au coeur d'un système économique ou règnent les monopoles financiers des banques centrales, libres de créer autant de monnaie qu'elles estiment nécessaire - à partir de rien - pour soutenir le développement économique, tout en permettant aux banques commerciales d'accorder des crédits en démultipliant leurs réserves de compte, c'est-à-dire par un second niveau de création monétaire aussi dénommé crédit de circulation par Ludwig von Mises.
Nous avons récemment fait l'expérience du danger que pose un tel système avec l'effondrement des quatre établissement financiers US qui avaient reçu l'autorisation d'appliquer un levier de 40 pour 1, soit un niveau de fonds propres requis de seulement 2,5% par rapport aux crédits, alors que la norme des accords de Bâle II est de 8%.
Cette création monétaire injecte donc sur la marché de la monnaie virtuelle ne résultant pas d'une quelconque activité économique. L'augmentation de la masse monétaire implique qu'une quantitié toujours plus grande de monnaie (ou plutôt de crédit dans le cas des prêts bancaires), chasse des quantitiés de produits dont la production n'augmente pas forcément, ou faiblement.
Comme l'"inflation" (c'est à dire la hausse du prix) des matières premières fut un thème récurrent depuis 2007, j'ai choisi de me pencher sur le prix d'un produit de consommation courante, le blé, pour lequel les données historiques sont disponibles ici. Comme c'est généralement le cas pour la plupart des produits courants, on observe que le prix du blé est tendantiellement haussier sur le long terme:

C'est aussi le cas du prix des maisons, des salaires, des repas au restaurant, des billets de train, des séjours touristiques, des voitures, des frais de scolarité, des revenus économiques, etc... Bref, tout ce qui est habituellement consommé ou gagné tend à progresser, menant au rituel annuel des négociations salariales ou des allocations budgétaires.
Faisons maintenant abstraction de la création monétaire institutionalisée, et supposons que l'étalon-or fasse son grand retour dans l'économie: toute valeur d'un bien, d'un service, d'une prestation, d'un salaire, d'un crédit, doit désormais être mesurée par rapport à la disponibilité de l'or, que l'on peut facilement estimer à partir du stock d'or disponible au niveau mondial.
On remarque que la progression de la quantitié d'or disponible ne progresse que faiblement, de l'ordre de 1,5% par an en moyenne, ce qui constitue une caractéristique essentielle de toute monnaie physique tangible, qui est l'impossibilité d'en créer des quantitiés artificielle compte tenu de sa nature physique et de sa rareté.

Les agrégats monétaires que nous utilisons sont la base monétaire de la Fed de Saint-Louis, ainsi que le True Money Supply tel que défini sur mises.org, pour des raisons expliquées ici, et qui correspondent respectivement à la monnaie physique (pièces et billets en circulation) et les dépôts sur comptes à vue pour le premier, et à une définition de la monnaie immédiatement disponible pour le second (ndlr: passage modifié le 1er Janvier 2009).
La représentation de l'évolution entre l'évolution de la taille des aggrégats monétaires et celle du volume du stock d'or total donne la représentation suivante:

La courbe bleue démarre à 0,136 environ en 1917 pour atteindre 5,226 fin 2007. Ses deux décrochages haussiers successifs correspondent pour le premier à la fin de l'étalon-or et la confiscation de l'or par le gouvernement de F.D. Roosevelt en 1933, et pour le second à la suppression définitive de tout lien entre l'or et le dollar US par R. Nixxon en 1971.
La courbe rouge montre l'incroyable progression de la quantité de dollars US par rapport au stock d'or disponible, et encore n'inclue-t-elle pas certaines composantes importantes du crédit bancaire ((ndlr: passage modifié le 1er Janvier 2009)). Elle se situe à un niveau de 32,72 en 2007, mais on doit pouvoir l'extrapoler vers l'origine de la courbe bleu et au delà vers la date de création de la Fed en 1913.
En prenant en compte les deux seuls points extrêmes: 0,136 en 1917 et 32,72 en 2007, la quantité de dollars aura donc progressé au minimum 241 fois plus vite que le stock d'or disponible en seulement 90 ans !
Le prix de l'or augmente donc forcément, tout comme le prix du blé, car une quantitié bien plus importante de monnaie est disponible et que, par conséquent, chaque nouvelle unité monétaire créée réduit la valeur de la monnaie existante. Mais que se passe-t-il alors si on corrige le prix du blé en le rapportant au prix de l'or ?

Oh, MIRACLE ! La tendance du prix du blé est à la baisse sur le long terme, et finalement le blé coûte cinq fois moins cher en 2007 qu'il ne valait un siècle plus tôt.
C'est la déflation, quelle horreur !
Mais réflexion faite, est-ce tellement dramatique ?
La déflation ne serait-elle pas dans l'ordre des choses en présence d'une monnaie tangible?
Comme cette relation n'est pas forcément intuitive, prenons donc un exemple.
En simplifiant à l'extrême, envisageons l'évolution économique sur cinq ans d'un pays imaginaire constitué au départ de 100 personnes. Cette population dispose la première année d'une monnaie tangible constituée de 10 000 unités monétaires et produit 100 000 unités de divers produits acquis par les membres de la société durant l'année. On suppose également que l'inflation monétaire, par le biais de l'exploitation minière par exemple, s'élève à 2% par an, et que dans le même temps, la production progresse 5% par an, tandis que la population augmente de 3 personnes par an.

Que constatons-nous: comme l'inflation monétaire est limitée par son côté tangible, elle reste inférieure à la hausse de la production annuelle selon notre hypothèse de départ. Dans ce cadre, la productivité de la population est en progression moyenne, ce qui correspond à la situation que l'on rencontre dans la plupart des pays développés et émergents.
Dès lors, chaque unité monétaire permet d'acquérir en moyenne d'une année sur l'autre PLUS de produits, ce qui correspond à une BAISSE DES PRIX continue. Ce système à l'économie florissante fonctionne sur un mode DEFLATIONNISTE.
Quant aux salaires, on observe qu'ils sont également - en moyenne - orientés à la baisse. Une baisse de salaire n'a strictement rien d'anormal, dans la mesure ou la masse monétaire progresse moins vite que la croissance économique.
Ceci n'a rien de dramatique, d'une part parceque tout individu est psychologiquement disposé à accepter de voir le montant nominal de ses revenus ou de ses possessions baisser, si cette baisse touche également les autres individus du groupe auquel il appartient, et d'autre part parceque LE POUVOIR D'ACHAT PROGRESSE MALGRE LA BAISSE DES SALAIRES ! Il progresse d'autre part de manière identique à la hausse de la productivité.
C'est ce qui est représenté par la dernière ligne du tableau, et pour laquelle le pouvoir d'achat est obtenu en divisant le revenu moyen par le prix moyen d'une unité produite.
C'EST LE MIRACLE DE LA DEFLATION !
C'est pour cette raison que des voix de plus en plus nombreuses se font entendre, réclamant un retour à l'étalon-or, ceci afin de mettre fin à la contre-façon monétaire officielle des gouvernements et à la fraude inflationniste à laquelle nous sommes tous conditionnés idéologiquement depuis plusieurs générations.
Quelque soit le produit, le bien ou le service considéré, il n'y a donc aucune raison de voir son prix monter, hors inflation monétaire.
Il y a une seule et unique explication à ceci: l'innovation, qui conduit à des développement technologique, à l'automatisation, à la hausse de la productivité, et à l'amélioration de la qualité des produits. Bref ! Le progrès permet de rendre tous les processus productifs plus efficace, fait progresser la qualité des biens et des services, tous en en faisant baisser le prix.
On l'observe dans tous les domaines.
Dans le cas de l'agriculture comme mentionné ci-dessus, le taux de la population employé dans le secteur agricole US est passé de 60% à 6% au cours du vingtième siècle, en raison des fantastiques progrès réalisés dans ce secteur.
Si l'on se penche sur le prix des énergies fossiles, il n'est pas possible de réaliser une étude de l'évolution du prix du pétrole qui furent très longtemps contrôlés. Néanmoins, un coup d'oeil à l'évolution du prix de l'essence aux Etats-Unis, ou elle est bien moins taxé que chez nous, donne le résultat suivant:

Si le prix de l'essence avec plomb (courbe bleue) et de l'essence sans plomb (courbe verte) donnent l'impression d'être très fortement orientés à la hausse, c'est en raison de l'inflation monétaire. En effet, rapporté au prix de l'or (courbe rouge), le prix de l'essence reste pratiquement sur ses niveaux les plus bas.
Dans le cas de BP Amoco, le coût de l'exploration pétrolière en l'an 2000 était de moins de un dollar US par barril, contre près de 10 dollars en 1991.
Dans ce qui précède, il est fait état de phénomènes "déflationnistes" seulement à partir du moment ou les prix sont corrigés de l'inflation monétaire par l'utilisation d'une référence monétaire tangible telle que l'or. Toutefois, les phénomènes "déflationnistes" accélérés sont à l'oeuvre dans l'économie tout entière, et ceci en dépit de l'incroyable inflation des monnaies fiduciaires. De nombreuses activités parviennent encore et toujours à se développer PLUS VITE que les banquier centraux et le système bancaire ne sont en mesure de créer de la nouvelle monnaie à partir de rien. Il faut quand même relever la nature de cet exploit.
C'est ce que Ray Kurzweil caractérise par la Loi des Rendements Accélérés, qui concerne tous les processus évolutifs, depuis l'évolution de la vie sur terre jusqu'aux progrès réalisés par les technologies développées par l'homme. On l'observe sur le graphe suivant qui représente la capacité de calcul des ordinateurs en opérations par secondes pour 1000 dollars. Compte tenu de l'échelle verticale logarithmique, une ligne droite implique une croissance exponentielle, mais cette ligne droite se réoriente à la hausse avec une fréquence en progression (lignes grises sur la partie droite du graphe), ce qui caractérise la croissance exponentielle double mise en évidence par Kurzweil.

Les années 1990 et 2000 ont connu les forces "déflationistes" pratiquement les plus puissantes de l'histoire économique toute entière, qui ont largement contribué à contrebalancer les facteurs monétaires inflationnistes. Ces forces "déflationnistes" sont provoquée par une désintermédiation massive dans les canaux de distribution, une progression rapide de la productivité, ainsi que par la décentralisation de l'information et sa pénétration dans tous les domaines de la société.
La croissance du secteur des semi-conducteurs a par example atteint 17% par an en moyenne au cours du dernier siècle, et ceci en dépit d'un niveau de "déflation" (de baisse des prix) de 40 à 50% par an. Compte tenu du dévelopement considérable de ce secteur, on se rend compte avec cet exemple que les craintes déflationnistes sont loin d'être justifiée.
La Loi des Rendements Accélérés est fondalement une théorie économique, et selon Kurzweil, il faudrait anéantir le capitalisme ainsi que tous les vestiges de la compétition économique pour en arrêter la progression. La croissance économique exponentielle sous-jacente est une force bien plus puissante que les récessions périodiques. De plus, les récessions et les crises profondes ne représentent que des déviations temporraires de la courbe de croissance économique dans les domaines bénéficiants de l'innovation technologique. Même la Grande Dépression de 1929 n'a représenté qu'un petit accroc dans le contexte du schéma de croissance technologique.
Les processus d'innovation qui obéissent à cette règle peuvent être développés par la succession des quatre étapes suivantes:
La radio et la télévision, par exemple, ont suivi ce schéma, tout comme les téléphones portables. L'accès à Internet en est au niveau 3. pour l'instant. Ce processus d'innovation se développe en s'accélérant, avec un délai entre le passage du stade 1. au stade 4. qui se réduit actuellement de 10 à 5 ans et qui tendra vers 2 ou 3 ans d'ici 2020.
Kuzweil présente un exemple pertinent relatif au domaine des programmes de reconnaissance vocale:

Fin 2007, j'ai fait l'acquisition d'un ordinateur portable de marque HP, qui intègrait un programme de reconnaissance vocale, ce qui correspond pratiquement au stade 4. du processus de développement, les trois étapes précédentes étant décrites dans le tableau précédent.
Ce schéma de développement progressif tend bien entendu à réduire les inégalités sociales bien plus que toute décision gouvernementale, puisque le délai d'accès aux nouvelles technologies se réduit rapidement, ce qui permet à une frange toujours plus large de la population d'accéder aux dernières innovations à un coût faible, voire négligeable, et ceci s'entend également pour tous les développements dans le domaine de la santé, qui contribuent de manière fantastique à l'allongement de la durée de vie tout en conservant, voire en améliorant notre état de santé. Sur ce point, on pourra aisemment prétendre que les phénomènes déflationnistes sont bien plus efficaces que la structure inflationniste de notre système de sécurité sociale étatique.
Les gains de productivité du secteur privé US continuent quant à eux à progresser de façon exponentielle, une tendance qui remonte à l'origine des données disponible au milieu du siècle dernier:

L'industrie informatique, essentiellement non-régulée, réalise des gains de productivité considérables, ce qui n'est pas forcément le cas de secteurs fortement contrôlés tel que celui des biotechnologies, alors qu'il constitue avec les nanotechnologies et la robotique l'un des trois pilliers des secteurs les plus prometteurs selon Kurzweil.
La hausse de la productivité n'est, à l'échelle mondiale, qu'un facteur "déflationniste" parmis d'autres qui conduisent à la baisse du coût des produits.
Un autre aspect primordial est celui de l'amélioration de la qualité des produits à prix constant, dont la progression est estimée selon Kurzweil à 1,5% par an au cours des vingt cinq dernières a
nnées. Cette progression "déflationniste" de la qualité ne prend toutefois en compte ni l'apparition de nouvelles gammes de produits, ni le développement de produits complètement nouveaux (telles que les téléphones portables, les ordinateurs miniatures, les navigateurs, le téléchargement de musique sur internet, les programmes informatiques, etc...).
Pour ne prendre qu'un seul exemple, le téléchargement - ou plus généralement l'écoute - de musique sur internet signe probablement la mort de l'industrie musicale sur support physique. Sans aucun doute des milliers d'emplois sont-ils menacés de disparition définitive dans ce secteur, mais d'un autre côté, ce processus est inéluctable. Il bénéficie d'une part de manière formidable à l'augmentation du pouvoir d'achat des consommateur, élargit l'audience dans la population du monde entier, et autorise le transfer des ressources disponibles vers d'autres secteurs d'activité
plus innovants, qui pourront à leur tour créer de nouveaux emplois.
L'accumulation de la connaissance s'effectue elle aussi à un rythme exponentiel double sur la base de la Loi des Rendements Accélérés. Les technologies de l'informations sont en train d'envahir tous les domaines d'activités économiques et culturels. L'information elle-même est amenée à devenir la composante principal de l'ensemble des produits manufacturés. Pratiquement toutes les technologies et toutes les industries sont destinées à devenir des technologies de l'information.
A titre d'exemple, dans le secteur bancaire, le coût du traitement d'une trans
action par internet coûte moins de un penny, à comparer au prix de un dollar pour une transaction au guichet.
Incontestablement, le développement des technologies de la communication, le développement des réseaux virtuels, la mise en commun des informations, sont des contributeurs essentiels à la hausse de la productivité, à l'amélioration de la qualité des produits, et représentent les principales causes de la tendance "déflationniste".
Dans ce cadre, Internet constitue un formidable outil de libération économique. Gennady Stolyarov explique par exemple dans cet article que la chute de l'Union Soviétique à la fin des années 1980 n'a pas été le résultat d'une quelconque invasion militaire, mais de l'infiltration des flux d'informations grâce au réseau Internet, qui n'en était alors qu'à ses balbutiements.
Le flux des informations qui transite par le réseau Internet est totalement décentralisé et permet de mettre en relation sans intermédiation d'aucune sorte l'ensemble des membres de la société. Les dictateurs préfèrent évidemment les moyens de communications mono-directionnels tels que la radio, la télévision ou la presse écrite, mais là aussi une époque s'achève. Nous sommes de ce fait passé après la deuxième guerre mondiale d'une vingtaine de pays démocratique à plus d'une centaine. Internet émancipe donc les populations du joug des dictateurs, mettant ainsi fin à des situations d'hyperinflation monétaire insoutenable - une situation telle qu'on la rencontre malheureusement encore actuellement au Zimbabwé (13,2 milliards de pourcents par mois le 13 Novembre 2008) - et libère les forces économiques qui, comme nous l'avons vu, sont naturellement déflationnistes.
La libération des populations grâce aux technologies de l'information, ainsi que l'énorme potentiel de création de richesse des technologies modernes et notamment des technologies du futur, les GNR (Génétique, Biotechnologie, Robotique) permet d'anticiper une réduction majeure de l'extrême pauvreté et des classes sociales les plus défavorisées d'ici la fin des années 2020.
On observe par exemple que dans les pays en développement, le pourcentage de la population ayant moins de 1,25 dollar par jour est passé de 52 à 26% entre1990 et 2005. Le cas de l’Asie Orientale et Pacifique est le plus spectaculaire, puisque le nombre de pauvres y est passé en 25 ans de 80% à 18%. En Chine même, le recul est encore plus important, de 84 à 16% et, en valeur absolue, de 835 à 208 millions.
Rien ne pourra donc sans doute arrêter ces processus DEFLATIONNISTES, bénéfiques pour tous les individus: ni les crises économiques, ni les tentatives de contrôle imposées par les gouvernements. Internet et le e-commerce par exemple ont montré une croissance exponentielle au travers des cycles économiques, y compris de l'explosion de la bulle technologique en l'an 2000. Au fur et à mesure que ces technologies deviennent moins coûteuses, les capitaux sont déployés pour leur développement, ce qui accélère encore leur progression et conduit par conséquence à un taux de croissance exponentiel double. De ce fait, les récessions auront à l'avenir un impact moins direct sur notre niveau de vie.
Bien entendu, toutes ces évolutions, ainsi que l'accélération du rythme des changements, devront affronter des réactions virulentes de la part de groupes fondamentalistes et de ludittes, opposés à l'accélération du rythme du progrès, si ce n'est au progrès lui-même. Mais à moins que cette opposition ne se développe jusqu'à conduire à l'émergence d'un gouvernement mondial totalitaire, l'économie de marché et toutes les forces sous-jacentes au progrès économique ne peuvent que se développer grâce aux avancées en cours.

L'éclatement des bulles immobilières et du crédit que nous constatons actuellement est comprise par une écrasante majorité de personne comme caractérisant un phénomène déflationniste.
Jörg Guido Hülsmann explique dans son livre Deflation & Liberty fraichement sorti de la presse que ce contexte n'a toutefois rien de diabolique car:
"La déflation remplit la fonction sociale très importante de nettoyer
l'économie et le corps politique de toute sorte de parasites qui ont
prospéré durant la période inflationniste précédente."
Toutefois, l'aspect principal de cette crise est le suivant: "Il n'y aucune raison de s'inquiéter des conséquences économiques de la déflation - à moins de relier la richesse de la nation à celle de ses fausses élites", comme l'explique Hülsmann. "Tant que ce sont les sociétés surendettées et les établissements qui ont accordé des crédits excessifs qui font faillites, il n'y a pas de problème. Le fait est que ces liquidations n'ont pas d'effet sur la richesse réelle d'une nation. Elles n'empêchent en rien la poursuite efficace des activités de production".
Il n'y a en effet aucune raison de penser que ces processus de liquidation purement financiers soient en mesure d'abattre le développement économique, bien au contraire, pour autant qu'on les laissent se poursuivre naturellement jusqu'à leur terme, offrant ainsi l'opportunité à de nouveaux propriétaires de reprendre les activités des mains des faillitaires à un prix très bas dans un processus de redistribution légal de la propriété par la banqueroute.
Les autorités monétaires et politiques ne l'entendent toutefois pas tout à fait de cette oreille, et mettent l'accent sur le sort des entreprises en faillite et de leurs propriétaires, tout en occultant le rôle des repreneurs potentiels que l'on prive de fantastiques opportunités d'investissement, sachant que les premiers sont généralement proches des cercles du pouvoir, contrairement aux seconds.
La communication officielle, ainsi que la perception générale, étant que, si les consommateurs peuvent satisfaire leurs besoins avec MOINS de Dollars (ou d'Euros bien entendu), l'économie va se contracter. Celà revient à faire abstraction des attentes insatiables des consommateurs et du fait que, dans un contexte déflationniste, le pouvoir d'achat progresse pour autant que la quantité de monnaie baisse plus vite que les prix des produits et biens intermédiaires, comme expliqué dans l'exemple présenté plus haut. Par conséquent, des mesures de relance sont proposées, visant à sauvegarder les sociétés en difficultés (ou tout au moins certaines d'entre elles).
Le phénomène exceptionnel mentionné en introduction en est sa conclusion logique: on observe depuis le mois d'Octobre un violent priapisme monétaire du côté de ce cher Bernd Bernanke, le directeur de la Fed :

C'est ce que nous découvrirons prochainement dans un second exposé sur l'hyperinflation, ses origines, et ses conséquences (in)attendues !
Nicolas, alias philippulus
Autre sources d'information et lectures recommandées:
Etalon-or sur Wikipedia
The politically incorrect guide to capitalism, par Robert P. Murphy
Les différents systèmes monétaires depuis 100 ans, par André Dorais
Monnaie, Or, et Liberté, par André Dorais
The singularity is near, par Ray Kurzweil
Imminence d' un Krach : Info ou Intox ?
Les cycles d' Armstrong : Une pertinence hors pair.
Faites sauter la banque - Seconde partie
Crise financière : risques systémiques Part 3
Subprime, secteur bancaire, crises et conséquences
La FED soutient Wall Street, le cas Grec n'inquiète pas ! L'élastique se tend ...
L'économie mondiale sous pression en 2011, il n’y aura pas de miracle en 2012
Indices Boursiers
|
Cotation Devises
Matières Premières
|
| Atari | 2.15 | +11.40% |
| Jacquet Metal Service | 10.62 | +6.36% |
| Devoteam | 13.20 | +4.35% |
| Oeneo | 2.26 | +4.15% |
| Chargeurs | 4.30 | +4.12% |
| Dassault Systèmes | 62.11 | -3.88% |
| Montupet | 5.78 | -3.99% |
| Hubwoo | 0.24 | -4.00% |
| NicOx | 1.74 | -4.92% |
| GDF Suez | 20.11 | -5.67% |
|
ALCATEL-LUCENT ALSTOM EDF |
Votre Liste |