Les PUT/CALL ratios pour les NULS

Analyse postée le 08 Apr 2008, 08:29

 

Les PUT/CALL ratios (ou PCR) sont présentés sur le site du Chicago Board of Exchange.

Les PUT sont des options baissières, tandis que les CALL sont des options haussières relatives à l'indice SP500 et à ses composants.

 

A partir de l'activité des marchés correspondants, le CBoE met à disposition les indices suivants: 

  • Options sur les actions : $CPCE = CBOE Equity PCR
  • Options sur indices : $CPCI = CBPE Index PCR (basées sur le SP500)
  • Total des options sur actions et sur indices: $CPC = CBOE Total PCR (basées sur le SP500) 

Une interprétation avait été précédemment proposée dans l'analyse Sentiment de marché, ne pas se méprendre. Dans celle-ci, dont les commentaires ne sont pas remis en cause, je m'étais toutefois limité à tenter d'interpréter les mouvements du PCR relatif à l'ensemble des options ($PCR). A force de triturer ces indicateurs PCR dans tous les sens, il m'est toutefois apparu que des informations complémentaires peuvent en être isolées.

Pour cette raison, je vous propose cette courte étude complémentaire, dont vous êtes invités à débattre ici ! Les différents PCRs sont représentés sous forme de deux moyennes mobiles, plus explicites dans le cadre de l'interprétation de leur évolution. 

 

Avant de commencer, rappellons qu'un niveau de PCR élevé correspond à une surpondération en options PUT par rapport aux CALL et donc à un sentiment de marché plus fortement baissier. Un niveau de PCR bas correspond donc à une surpondération en CALL par rapport aux PUT et donc à un sentiment de marché plus fortement haussier.

 

 

 

Le $CPC présente plusieurs caractéristiques qui ont été identifiées comme suit:

  • Les pics extrêmes sont généralement en déphasage total avec les pics du marchés: les pics baissiers (niveau de CALL élevé, donc sentiment plus haussier) sont formés sur des sommets de marché, et les pics haussiers (niveau de PUT élevés, et donc sentiment plus baissier) sur des creux: les intervenants sont donc systématiquement dans le mauvais sens !
  • La moyenne psychologique de long terme était positionné durant les années précédentes en territoire négatif, implicant une surpondération en options CALL (CALL > PUT => PUT/CALL < 1), ce que j'avais qualifié de prime à l'optimisme. 
  • Cette situation est en train de s'inverser, avec un nouveau pic haussier formé par la moyenne courte en territoire positif (comme anticipé précédemment) et une moyenne longue passée en territoire positif depuis le mois de Septembre dernier, ce qui caractérise désormais une surpondération systématique en options PUT, et donc un sentiment de marché qui se dégrade progressivement sur le long terme.
  • On observe donc des creux successifs, tout comme des sommets successifs, de plus en plus hauts, qui témoignent de cette évolution psychologique. 
  • A court terme, on doit s'attendre à un nouveau test de la moyenne 200 bleue par la moyenne 50 rouge (comme en été 2007 ou en Février 2008), avant une nouvelle poussée haussière de l'indicateur, ce qui devrait nous laisser quelques semaines de répis avant que la baisse des marchés ne reprenne. Pour invalider ce scénario, il faudrait que la moyenne 200 s'inverse de manière prolongée, ce qui est loin d'être acquis. 

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Le $CPCE est le PCR sur les actions (Equity) du SP500:

  • Ses cycles sont synchrones avec ceux du $CPC, ses creux et sommets étant généralement déphasés du marché comme pour le $CPC.
  • La prime à l'optimisme y est par contre bien plus prononcée, avec un niveau moyen de long terme très fortement négatif, impliquant une surpondération majoritairement haussière en produits CALL, et qui se maintien jusqu'à ce jour en territoire négatif malgrè la forte progression récente: les investisseurs (ou spéculateurs) sont donc généralement longs (ou acheteurs) sur les actions.
  • Exceptionnellement, lors du pic haussier d'Octobre 2007, le $CPCE s'est retrouvé parfaitement en phase avec le marché, le pic haussier (sentiment plus fortement baissier) correspondant étant parfaitement synchrone avec le sommet du marché, ce qui aurait permis de penser que les intervenants seraient subitement devenus intelligents, car ayant accumulés des options PUT par anticipation d'une baisse des marchés.
  • Il est plus probable que les hésitations et oscillations rapide du marché au cours du deuxième semestre 2007 ont pris les investisseurs à contre-pied, dans ce qui s'est révélé ensuite être un formidable "squeeze" baissier: cette illusion n'a duré que l'espace du mois d'Octobre.
  • Puis une formidable progression du $CPCE s'en est suivie (donc une accumulation de produits PUT), au fur et à mesure de la baisse des marchés, amenant la moyenne 50 à dépasser son pic précédent du mois d'Octobre, ce qui apparait sous ce jour comme un phénomène qui a pris la plupart des intervenants par surprise.
    => Il n'y avait pas de période plus propice aux faillites financières ou à des situations telles que l'affaire Kerviel. 
  • A court terme, l'incertitude persiste, comme le démontre l'hésitation de la moyenne 50 à s'infléchir vers la moyenne bleue malgrè la reprise récente des marchés: Chat échaudé craint l'eau froide ! Son inversion à la baisse (de la moyenne 50, pas du chat) viendrait confirmer la mise en place d'une période prolongée de stabilisation des marchés, hypothèse possible envisagée par Dupilon dans ses analyses récentes.  

 

 

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Le $CPCI est le PCR sur l'indice SP500:

  • Son comportement est complètement différent des précédents, vu qu'il évolue en territoire fortement positif, c'est à dire qu'il est surpondéré en produits PUT et caractérise une "prime au pessimisme" : il semble donc probable que les produits PUT (vendeurs) sur indice servent de couverture aux positions CALL (acheteuses) sur actions. 
  • Le $CPCI est tout autant déphasé que le $CPCE sur le court terme, dans la mesure ou ses creux correspondent historiquement à des sommets de marché et vice-versa. 
  • Pourtant sur le long terme, la moyenne 200 bleue épouse assez fidèlement les fluctuations de marché, permettant de penser que les intervenants ne sont après tout pas si stupides que celà: encore faiblement haussière jusqu'en Septembre 2007, elle s'est ensuite inversée à la baisse, dans ce qui ressemble à une nouvelle tendance de long terme accompagnant la chute de l'indice.
  • Le débouclage des positions PUT sur les derniers mois de l'année 2007 n'a pas conduit à l'évolution habituelle: l'indice ayant continué de baisser ensuite, les intervenants ont continué de déboucler progressivement des positions vendeuses (baisse de la moyenne 50 rouge).
  • A court terme, les anticipations s'avères toutefois compliquées... 

 

 

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J'espère que cette étude, bien loin des préoccupations journalières des investisseurs, vous aura néanmoins apporté quelques éclaircissements ou éléments de réflexion.

 

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