Faites sauter la banque - Seconde partie
Les cycles d' Armstrong : Une pertinence hors pair.
Crise financière : risques systémiques Part 3
Le G20 qui s'est réuni hier à Londres vient de prendre deux décisions très concrètes sur le plan monétaire: la création d'une enveloppe monétaire de 1 000 milliards de dollars ainsi que la vente d'une partie du stock d'or du FMI. Les conséquences de ces décisions sur l'évolution des marchés financiers, des taux d'intérêt ainsi que sur le prix de l'or sont analysées.
En dehors des déclarations d'intentions sur les salaires des traders, la régulation des fonds spéculatifs ou de mise au pas des "paradis fiscaux", les décisions concrètes du G20 qui s'est tenu à Londre hier sont les suivantes:
Très clairement comme je l'explique dans mon précédent article, les 1000 milliards de dollars en question n'existent pas. C'est de la monnaie nouvelle qui sera créée par l'émission de dettes gouvernementales supplémentaires des différents pays signataires de l'accord.
Ces accords ont déclenché un élan d'optimisme sur les marchés qui ont bondi dans l'anticipation de la conclusion des accords du G20, comme s'il était logique que le soutien à la croissance se fasse par l'endettement et comme s'il était cohérent que les pertes des entreprises soient socialisées au niveau de la population mondiale.
Peu importe l'usage qui sera fait de cet argent, la seule chose à retenir est que 1000 milliards (soit un trilliard) de dettes supplémentaires vont être créées. Lorsque cette monnaie sera mise en circulation sous forme de prêts, elle pourra être multipliée et devenir plusieurs milliers de milliards de monnaie nouvelle par le biais de la circulation du crédit, générant plus que probablement un effet inflationniste puissant sur le prix de tous les biens et service.
C'est bien là le but de la maneouvre, qui est d'empêcher les prix de baisser en les maintenant artificiellement haut par une injection massive de liquidités supplémentaires nouvelles dans l'économie: l'argent chassant les produits, les biens et les services, plus d'argent pour une même quantitié de biens veut dire des prix en hausse.
Ces mille milliards de dollars viennent s'ajouter aux plans dispendieux de relance des différentes zones économiques de la planète, qui commencent à porter leur fruits en terme de stabilisation du prix des marchés financiers.
Dans ce cadre, le CAC40 a déjà repris environ 500 points depuis son niveau le plus bas qui remonte à trois semaines. Il progresse encore de 5,4% hier dans l'attente de l'annonce des accords du G20. Techniquement, on observe une divergence haussière hebdomadaire du Macd seul (le Stochastique n'étant pas en divergence haussière), ce qui est un signal haussier très puissant et devrait sans doute permettre à l'indice de reprendre quelques centaines de points supplémentaires.

Le Dow Jones Industrials affiche le même type de comportement, bien qu'il ait modéré sa hausse journalière en fin de séance suite à l'annonce finale en sortie du G20. Il est possible que les marchés aient acheté la nouvelle pour vendre la rumeur. Dans ce cas, on devrait observer une correction temporraire de la hausse d'hier, avant retour à meilleure fortune sur les marchés en direction des objectifs attendus.

Les marchés sont de moins en moins disposés à avaler la couleuvre de l'infaillibilité de la dette souveraine. En effet, les obligations ont acceuilli les annonces du G20 par une baisse de leur prix. C'est une réaction cohérente car ajouter de la dette à la dette revient à dévaloriser la dette existante. La tendance du prix des obligations reste toujours haussière, mais nous abordons probablement une longue phase de stabilisation avant un possible retournement baissier des prix obligataires.

Nous l'observons sur la tendance des taux d'intérêts obligataires, qui ont apparemment réalisé un plancher. Le taux des billets à 13 semaines, qui évolue de façon très similaire aux taux monétaires sur le dollar, ont même atteint 0% à la fin de l'année 2008, mais ils se sont quelques peu ressaisis depuis. La remontée est plus significative sur les taux à plus long terme tel que les taux des T-notes à 10 ans. La phase de stabilisation des taux risque de se prolonger, mais les effets inflationnistes de la nouvelle monnaie créée par les banques centrales et injectée dans l'économie de part le monde finira par avoir raison de la volonté des gouvernements de contrôler l'inflation en maintenant les taux monétaires artificiellement bas.

On avait coutume de dire que lorsqu'un ménage est endetté, il vendait l'argenterie pour sauver les meubles.Dans ce genre de situation, le ménage se retrouve à terme plus pauvre qu'il ne l'était auparavent, après avoir vendu des possessions (ou actifs) précieux en échange de fonds de roulement pour assurer ses dépenses.
C'est malheureusement ce qui est en cours de réalisation au niveau mondial. Il est en effet assez inquiétant de constater que les 20 plus grandes puissances économiques n'ont rien trouvé de mieux que de vendre l'argenterie mondiale pour subvenir à leurs besoins financiers.
Les stocks d'or du FMI s'élévent à 103,4 millions d’onces (3,217 tonnes), qui sont confiées à des dépositaires désignés. Considérant le prix actuel de 900 dollars l'once, les réserves du FMI ont une valeur de 93 milliards de dollars, soit moins de 10% du montant des nouveaux crédits résultants des accords du G20.
On peut d'autre part lire sur le site du FMI que:
L'institution doit continuer à détenir une quantité d'or relativement importante parmi ses actifs, non seulement par souci de prudence, mais aussi pour faire face à des situations imprévues.
Il est donc tout à fait clair que ce n'est essentiellement pas par les ventes d'or du FMI que les financements nouveaux seront apportés, mais bien par la création de nouvelles dettes gouvernementales.
Le stock d'or total actuel peut être estimé à environ 164 000 tonnes sur la base de son tonnage 2007 et d'un taux de croissance annuel moyen d'environ 1,5%. Le FMI détient donc une proportion de l'or mondial légèrement inférieure à 2% avant les ventes envisagées.
La masse monétaire mondiale M3 en Juillet 2007 était estimée à environ 45 000 milliards de dollars US. Compte-tenu de sa croissance continue, elle devrait avoir atteint 50 000 milliards actuellement. 1 000 milliards de plus représentent donc environ 2% de la masse monétaire totale. Comme les ventes d'or du FMI seront très inférieures à ce pourcentage, les décisions du G20 auront en moyenne un effet inflationniste sur le prix de l'or.
La baisse récente du prix de l'or, qui s'est intensifiée hier, ne peut donc être la conséquence des décisions du G20, mais résultent tout simplement d'un ajustement de prix en raison d'une situation de volatilité très élevée, mais peut-être aussi en raison d'une rotation sectorielle favorable aux marchés d'action dans la situation actuelle de hausse des bourses mondiales.

La volatilité doit donc revenir vers un niveau plus acceptable avant de pouvoir envisager un mouvement d'ampleur significative sur le prix de l'or. Néanmoins, les conséquences de la politique monétaire inflationniste mise en oeuvre par les gouvernements au niveau mondial ne pourront qu'être favorables à l'évolution du prix de l'or sur le long terme.

Nicolas
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