Lentement mais surement, les marchés s’apaisent par anticipation d’un bon dénouement quant aux négociations engagées entre la Grèce et ses créanciers avant le 13 février prochain, dernier délai. L’échéance du remboursement de 14,5 milliards d’euros aura lieu fin Mars et les créanciers privés ne souhaitent pas aller au-delà d’une décote de 50%, ce qui ne permettrait pas à la Grèce de descendre sa dette sous son objectif de 120% du PIB, mais seulement à 130%. Se pose alors la question d’une éventuelle décote de la participation de la Banque Centrale Européenne qui détient 45 milliards d’euros de dette… une mission compliquée voire impossible du fait de ses statuts qui lui interdit de financer les Etats. Et si tel n’était pas le cas, le FMI ne pourrait pas débloquer les fonds nécessaires pour aider une nouvelle fois la Grèce … elle ferait alors défaut avec tous les problèmes que cela pose.
Le graphique ci-dessous explique clairement les différents scénarios possibles du cas grec actuel avec pour chacun, ses conséquences. Le meilleur dénouement est à gauche alors que le pire est à l’extrême droite. Le marché semble pour le moment privilégier le 2eme cas.

Source : Barclays
(http://www.zerohedge.com/news/next-steps-presenting-definitive-greek-end-game-flow-chart)
Le problème est loin d’être résolu même si les dirigeants feront leur maximum pour éviter le pire : la mise en faillite de la Grèce. Si tel était le cas, la contagion à l’échelle de la Zone Euro mais aussi sur les grandes puissances mondiales serait sans précédent. Le Japon a déjà subi de plein fouet les conséquences de la catastrophe de Fukushima en dévoilant pour la première fois depuis 30 ans un déficit commercial. La Chine est également dans une situation compliquée (Cf article précédent ici).
Seuls les Etats-Unis profitent d’une reprise molle de son activité économique (première estimation du PIB au T4 à 2.8% contre 3% attendu) et d’une politique monétaire accommodante prolongée jusqu’à la fin 2014 (taux entre 0% et 0.25%), pour tirer toutes les places boursières mondiales vers le haut. Pourtant, le contexte est loin d’être rose, mais le marché a décidé de poursuivre un peu plus longtemps et plus haut son rebond … il a intérêt à avoir raison sinon le risque d’un retour violent de la volatilité fera très très mal !
Rivés sur Wall-Street, les indices internationaux suivent la première puissance mondiale qui affiche une solidité à toute épreuve. Les indices américains enchainent les séances haussières avec très peu de volatilité et quelques prises de bénéfices avant les dates clés. Chaque tentative de repli n’est suivi que par un contre-pied. Toutefois, certains d’entre eux s’approchent d’une zone de danger.
S&P500
L’indice large américain a réussi à s’extraire de la résistance hebdomadaire des 1285 points avec une facilité affligeante. Il continue d’évoluer dans son canal haussier avec un seul obstacle en vue : ses plus hauts de 2011.

Nasdaq Composite
Dans la même configuration que son homologue, l’indice des valeurs technologiques n’a fait qu’une bouchée de la résistance des 2700 points. Le Nasdaq Composite ne compte donc pas s’arrêter en si bon chemin et s’oriente droit vers la prochaine résistance clé des 2900 points.

DOW Jones
L’indice des valeurs industrielles est le seul à être déjà en zone de danger vers les 13.000 points. Même s’il a déjà traversé l’oblique identifiée en données hebdomadaires, l’indice n’est pas à l’abri de refluer sous cette zone. L’opportunité semble trop belle pour au moins réaliser de nouveaux plus hauts de 4 ans même si les volumes haussiers s’affaiblissent à son approche. Bulls : attention !

CAC 40
Les chartistes auront apprécié la sortie du Diamant que nous avions identifié. La première résistance des 3350 points a été ralliée et à l’image du Dow Jones, un sursaut au-delà, vers les 3400 points sur le CAC40, n’est pas à écarter. La tendance est clairement haussière, mais prudence extrême dans les prochaines séances tant qu’il évolue autour de cette résistance majeure.



BX4
La configuration inverse de l’indice CAC 40 via le BX4 permet alors de confirmer qu’aucun signe de retournement n’est à déclarer pour le moment. Seul un retour au-delà de son oblique baissière et de la moyenne mobile à 20 jours remettrait en cause la tendance actuelle.

DAX
Plus significative que son homologue français, la résistance sur laquelle se heurtera l’indice allemand DAX ces prochaines séances entre 6400 et 6500 points sera activement défendue par les Bears. Il s’agit d’un point de croisement des moyennes mobiles à 50 et 100 jours et de la médiane d’un canal haussier. Là aussi, la chute des volumes à son approche n’aidera clairement pas l’indice à s’en affranchir nettement.

La vigueur des indices se heurte désormais à des résistances majeures même s’il reste encore un léger potentiel haussier pour les indices américains tirés par une politique monétaire accommodante. Il ne faudra toutefois pas s’étonner si le marché prend conscience que cette mesure de taux bas prolongée traduit un contexte économique qui nécessite une aide plus longue qu’initialement prévue, donc plus médiocre qu’anticipée. Comment le marché réagirait’ il si la FED décidait dans 6 mois de prolonger encore d’une année supplémentaire des taux aussi bas ?
VIX
Sorti de son contexte, un simple regard sur le VIX indique qu’aucun signe d’inquiétude n’est à l’horizon. Sous 20%, « l’indice de la peur » traduit un marché sans risque, sans crainte jusqu’au jour où, comme fin 2011, il sortira de son biseau. Les experts sur les produits dérivés commenceront à se placer acheteur sur le VIX, au moins pour couvrir leur portefeuille.
Baltic Dry Index
Référence historique pour mesurer le cout du fret maritime, le BALTIC DRY INDEX poursuit sa descente aux enfers. Cet indice traduit la chute de la demande en matières premières et donc d’une activité économique en berne depuis des mois. Le BDI a perdu 60% en ligne droite, alors que les indices internationaux pointent sur leurs plus hauts annuels. Attention, cet indice est historiquement précurseur d’un prochain mouvement sur les marchés …
Retour progressif de la confiance en Zone Euro et faiblesse du billet vert dû à une politique monétaire accommodante plus longue que prévue, tels sont les arguments qui ont entrainé la progression de la monnaie unique face au dollar. Nous avions alors estimé qu’un rebond au moins technique sur un horizon temps long pouvait avoir lieu, c’est chose faite. Les supports et résistances ont joué leur rôle mais la dynamique de fond n’est toujours pas remise en question ... les seuils actuellement testés seront décisifs pour les prochaines semaines.
EURO DOLLAR
La monnaie unique profite de cet étonnant retour d’accalmie sur les marchés pour se reprendre. Le seuil évoqué il y a deux semaines à 1.26 USD coïncidant avec une oblique haussière en données hebdomadaires a retenu les velléités baissières. D’autre part, le franchissement de notre canal baissier a occasionné un rebond d’ampleur d’environ 600 pips. Désormais, la parité se heurte à la zone des 1.3160 USD qui limitera les perspectives haussières, même si un excès sur 1.33 USD n’est pas à écarter, une zone clé en données hebdomadaires.

DOLLAR INDEX
Le Dollar Index n’aura pas franchi notre résistance identifiée à 81.5, sortant à la même occasion du biseau ascendant. Les indicateurs techniques sont sur le point de donner un signal de retournement … Faux signal ou effondrement du billet vert à venir ... tout dépendra de la volonté des marchés de privilégier les actifs risqués ou au contraire de se réfugier vers le dollar dans un contexte de crise aggravée en Zone Euro.
La volonté de la FED à soutenir son économie et laisser ses taux bas pendant plus longtemps, incitent les cambistes à se tourner vers une devise offrant un rendement plus intéressant : l’Euro. Les marchés anticipent clairement un bon dénouement quant aux négociations engagées avec les créanciers grecs qu’ils soient privés ou publics … mais l’échéance se rapproche et rien n’est concrétisé. Si tel n’était pas le cas, il est clair que les positons haussières sur la monnaie unique seraient rapidement arbitrées en faveur du billet vert.
Grèce
Au cœur des préoccupations, la Grèce doit absolument trouver une solution avant son échéance de remboursement fin mars. Les taux grecs ne se détendent pas et seul un accord entre le gouvernement et les créanciers privés et publics permettrait au 10 ans de retomber au moins sous les 30%. Cette situation est clairement insoutenable pour le pays.
Italie
L’Italie va mieux après les dernières adjudications et le regard des marchés qui s’esrt tourné vers la Grèce. Le 10 ans reflux sous les 6%, pour la première fois depuis octobre. Une bonne nouvelle pour la situation italienne, particulièrement tendue il y a quelques semaines à peine, avec un taux qui s’élevait à plus de 7%.
Espagne
Le 10 ans espagnol est encore très volatil oscillant entre 5% et 5,5%. Les marchés restent très incertains à son sujet mais relativement peu inquiet. Pour le moment, cette tendance se poursuivra. Tant que les taux restent sous les 6% en Espagne, aucune tension n’est à déclarer pour les finances du pays.
France
Les tensions s’apaisent sur la France alors que le pays a été dégradé d’un seul cran. Le marché l’avait plutôt anticipé et s’accorde maintenant à une détente même si le 10 ans est encore au-dessus des 3%.
Portugal
Enfin, les taux du Portugal s’envolent depuis que S&P a dégradé la note du pays en catégorie spéculative. Le 10 ans a atteint de nouveaux records proches des 15%, soit deux fois plus qu’en début 2010. Les tensions s’intensifient pour l’économie du pays que les marchés semblent pour le moment complètement délaisser. Ce sera sans doute le prochain sujet, si le cas de la Grèce arrive à être au moins partiellement résolu.
Etats-Unis
Les Etats Unis affichent leur suprématie avec une reprise économique molle mais soutenue par la FED. Le 10 ans évolue tel un long fleuve tranquille sur des niveaux particulièrement bas depuis que le pays a perdu son triple A en milieu d’année dernière. A l’image de la progression des indices, les investisseurs continuent de privilégier la première puissance mondiale pour des placements très peu risqués.
Or
La chute du billet vert favorise les matières premières libellées en dollars et notamment l’once d’Or qui reprend de la hauteur après des semaines de consolidation. La sortie par le bas du canal haussier hebdomadaire qui nous paraissait être un excès a rapidement laissé place à un retour des cours dans sa tendance de fond haussière. On restera donc encore acheteur sur le métal doré, d’autant qu’il pourrait encore profiter d’une poursuite de la chute du billet vert et de son statut historique de refuge.

Pétrole
Entre les tensions géopolitiques persistantes en Iran et l’anticipation du marché quant à une sortie de crise en Zone Euro, les prix du pétrole restent fermes au-dessus des 110 dollars. Pour autant, le drapeau identifié en données hebdomadaires retient toujours les velléités haussières. Cette sortie par le haut se traduira par une accélération en direction des 120 dollars. Seule la rupture des 100 dollars coïncidant avec une sortie du canal tracé en bleu, remettrait en cause la dynamique de fond haussière.

La situation macroéconomique peu flamboyante, les tensions géopolitiques en Iran et la crise de la dette semblent être des problèmes anodins pour les marchés qui affichent une solidité exemplaire. Les bonnes nouvelles à venir telle une solution pour la Grèce via une décote de la participation de la BCE et une économie américaine avec pour soutien la FED qui est en passe de repartir, les marchés estiment que rien ne peut être pire que le passé. Pourtant, la progression des indices, le rebond de l’or et l’apaisement de la tension sur les taux semble n’être qu’un élastique qu’on étend jusqu’à son maximum avant de le lâcher … ou qu’il cède.
Les indices s’approchent de zone très dangereuse alors que certains actifs, tels Euro et Dollar, ont pris appui sur des zones clés et devront ainsi encore confirmer leur retournement à moyen terme. Même s’il est clair que les indices US pourront encore tirer les marchés de quelques pourcents, nous ne payons clairement pas les résistances actuelles sur les indices européens et sur le Dow Jones ou encore Euro Dollar, alors que nous avions anticipé le rebond de la monnaie unique depuis les 1,26 USD. L’Or a gagné plus de 4% cette semaine, son plus fort gain en 3 mois, et nous restons haussier sur cet actif.
Il est temps de commencer à couvrir son portefeuille actions, garder une ligne d’Or en portefeuille et de sortir les positions haussières sur l’Euro. Le Batic Dry index s’effondre et un sursaut du Vix n’est clairement pas à écarter. Même si nous souhaitons clairement une amélioration de la situation économique mondiale, il est encore beaucoup trop tôt pour pricer de bonnes choses alors que de nombreuses décisions sont actuellement en cours de négociation…
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