Dans un article précédent, je m'interrogeais sur la signification du "spread" de rendement entre les obligation d'état BAA et AAA, qui a été par le passé le prémice d'un rebond très puissant des marchés. A deux reprises, en 1932 puis en 1938, les marchés se sont élancés dans un rallye haussier à long terme. En 1932, le Dow Jones Indiustrials concrétisa un point bas historique à 40,6 points, suite à l'effondrement des marchés qui perdirent 90% depuis leur pic haussier de 1929 à 386,1 points. Puis en 1938, un creux moins profond que celui de 1932 fut réalisé à 97,5 points suite au sommet intermédiaire formé en 1937 à 195,6 points, ce qui constituait une nouvelle rechute de 50%. Néanmoins, ce nouveau creux constitua le premier point bas d'un double-creux qui ne fut plus jamais violé depuis, et qui fut le point de départ d'une hausse presque ininterrompue jusqu'au sommet historique réalisé en 2007 à 14198,1 points. Mais depuis, le DJI s'est effondré de 54%. La question se pose donc! Allons-nous assister à un scénario du type de celui de 1932, ou alors de celui de 1938, ou bien quelquechose de différent peut-il se produire?
Pour illustrer cette situation, visualisons les évènements boursiers de l'entre-deux guerres mondiales:
Lorsqu'un krach boursier se produit, celui-ci est par définition incontrôlable, toutes les tentatives de "gestion" de la crise par des mesures de soutien, de relance, de sauvegarde ou de contrôle étant vouées à l'échec. Autrement dit, lorsque des châteaux ont été batis sur du sable, et que la marée monte, rajouter plus de sable ou prétendre que la mer n'a pas le droit de s'attaquer aux fortifications ne permet pas d'éviter l'engloutissement par les flots.
En 1932, les marchés réalisèrent un point bas, non pas en raison des interventions économiques de quelque nature que ce soit, mais tout simplement parcequ'ils avaient perdu 90% de leur valeur et donc purgé les excès financiers de la bulle qui implosa en 1929.
La masse monétaire mondiale peut actuellement être estimée à environ 50 000 milliards (50 trilliards) de dollars US, c'est-à-dire plus ou moins la taille du PIB mondial. A ceci, il faut encore rajouter les produits dérivés sous toutes leurs formes, dont les montants dépassent l'entendement. Selon cet article de globalsearch.ca, six des plus grands établissements bancaires mondiaux (dont cinq banques américaines plus une anglaise: HSBC) détiendraient près de 200 000 milliards (200 trilliards) de produits dérivés hors bilan non régulés, c'est-à-dire 4 fois la taille du PIB mondial.
En contre-partie, la monnaie réelle ne représente qu'un infime partie de la valorisation faciale totale de l'économie. Pour ce qui est du dollars US, il n'existe même pas 1 000 milliards (1 trilliards) de pièces et billets en circulation, c'est-à-dire environ 6% du PIB des USA.
Lorsque je prétend que le CAC 40 à mille points, c'est possible, j'apprends que cette analyse fait sourire, si ce n'est même rire. Qui a-t-il pourtant de surprenant dans un contexte de dégonflement du crédit et de la valeur virtuelle des actifs résultant d'une orgie de crédit de circulation, que les prix reviennent s'ajuster sur la quantité d'argent réellement disponible dans le système économique?
1 000 points restent dans ce cadre un objectif très optimiste pour le CAC40 , car si vous avez ne serait-ce que quelques notions élémentaires de maths, vous aurez déjà calculé que le pourcentage représenté par tout au plus quelques "malheureux" trilliards de monnaie circulante (en incluant les euros, les yens, et toutes les autres devises en plus du dollars US) rapportés aux centaines de trilliards d'actifs virtuels et de valorisations insensées, on est très loin d'arriver à 10%.
Les marchés financiers devraient donc être en situation de perdre 90% de leur valorisation. C'est exactement ce scénario là que je défends, celui d'une poursuite de la baisse des indices boursiers une fois que le rallye haussier technique en cours se sera achevé:
Les milliers de milliards (ou trilliards) de monnaie nouvelle créés par les gouvernements pour tenter de contenir l'implosion de la bulle du crédit commercial n'y ferons rien, car il ne représentent à leur tour qu'une nouvelle forme de monnaie illégitime générée sous forme de notes de crédits électroniques par les banques centrales.
Au mieux cet argent injecté dans l'économie et le système bancaire permet-il de générer un rebond temporraire, mais en aucun cas de sauvegarder un système financier aux abois. La folle course à la réinflation des gouvernements ne permettra pas de contrecarrer les effets de l'implosion de la bulle du crédit compte tenu de sa taille monumentale.
Les problèmes économiques en cours ne faisant que s'aggraver, le système est loin d'être purgé de tous ses excès comme un certain nombre d'économistes et de chroniqueurs spécialisés se prennent désormais à y rêver. Le seul critére pertinent dans ce cadre est sans doute la situation financière des entreprises, dont on constate qu'elle se dégrade trimestre après trimestre comme le montre le graphe du flux de trésorerie disponible pour les entreprises US.
Il est utile de préciser que le graphe ci-dessus est arrêté au 10 Janvier 2009. On doit donc s'attendre à ce que les chiffres du trimestre suivant montrent une chute encore plus profonde. Cette courbe est très clairement l'archétype d'une bulle en cours d'implosion: le flux de trésorerie doit revenir bas, très bas, et entrainer avec lui les marchés financier dans sa chute, la réelle question est de savoir jusqu'ou cette baisse peut-elle emmener les marchés financiers?
Ce n'est en fait pas très dur à calculer si l'on considére que l'on a à faire à un vrai krach mondial des marchés. Dans ce cadre, on doit s'attendre à ce que les grands indices mondiaux perdent environ 90% de leur valeur. Pour le DJI, cela représente un objectif correspondant à 10% de 14198, soit un peu plus de 1400 points. Il est étonnant de constater que cela correspond précisemment à l'objectif du scénario dynamique que je défends depuis début 2008:
Dans ce contexte, je tente de comparer l'évolution du DJI actuel avec celui de la dépression de 1929. Sur le graphe suivant, j'ai volontairement contracté l'échelle du prix de l'indice DJI pour permettre d'appréhender visuellement la zone que doit atteindre l'indice pour réaliser son potentiel de baisse d'environ 90%:
La divergence hebdomadaire Macd seule associée à la très forte volatilité hebdomadaire et mensuelle peut être considérée comme la justification technique du rebond correctif en cours. Néanmoins, le cadre dynamique de long terme étant baissier, tandis que seule la possibilité d'un croisement haussier du stochastique mensuel pouvant être envisagée, nous avons là les critères qui mettent en évidence la nature technique de la hausse actuelle.
Une situation technique pratiquement identique se produisit au beau milieu de la baisse durant la "grande" dépression, fin 1930, ce qui permit à l'indice DJI de reprendre 27,5% au premier trimestre 1931, avant de s'enfoncer à nouveau. Il est d'ailleurs remarquable de constater que la forte volatilité mensuelle, comparable à celle que l'on observe actuellement, n'a pas été un obstacle à la poursuite de la baisse à long terme.
On pourrait également comparer la situation actuelle avec celle de 1938, mais ceci serait un mauvais choix pour au moins deux bonnes raisons: certes, les marchés avaient perdu 50% depuis leur sommet de Mars 1937, mais primo, le DJI avait déjà perdu 90% de sa valeur lors de la phase de baisse précédente, et secundo, la tendance trimestrielle était redevenue haussière tandis que la volatilité trimestrielle était en baisse rapide.
Nous constatons actuellement au contraire la situation inverse: tendance trimestrielle baissière et volatilité trimestrielle haussière. 1938 n'est donc pas un bon choix pour prétendre que les marchés pourraient désormais se stabiliser depuis leur niveau actuel avant de repartir de l'avant d'ici le début 2010 comme le prétendent de nombreux Monsieurs Coué, souvent très haut placés.
A plus court terme, comme il faut bien édicter un scénario, je reprends donc celui que j'avais déjà présenté précédemment, et qui consiste en une reprise technique en direction de la bande de Bollinger supérieure hebdomadaire, qui a toutes les chances de ne pas se produire en ligne droite. Durant cette hausse qui se promet d'être cahotique, le parabolique mensuel va baisser et pourrait éventuellement être testé, voir cassé. C'est contre cette zone de résistance que la reprise technique haussière devrait - au pus tard, être remise en cause.
Dans ce cadre, il faudrait s'attendre à ce que la baisse reprenne ses droit d'ici le troisième trimestre de l'année. 2009 viendra de ce fait peut-être supporter l'adage "Sell in may and go away".
Nicolas (alias philippulus)
Il est pas cher mon DOW JONES, il est pas cher!
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Indices Boursiers
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Matières Premières
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| Société Générale | 25.13 | +5.39% |
| Devoteam | 13.32 | +5.30% |
| Jacquet Metal Service | 10.50 | +5.16% |
| Etam Développement | 16.30 | -4.51% |
| GDF Suez | 20.30 | -4.81% |
| Technicolor | 2.16 | -5.35% |
| NicOx | 1.67 | -8.74% |
| Oxis International | 0.03 | -25.00% |
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ALCATEL-LUCENT ALSTOM EDF |
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