Les résultats du "stress test" - le test de résistance des banques US à la crise économique - ont été publiés de manière officieuse. Bien que ces résultats aient été démentis par les autorités financières, certaines informations contradictoires permettent de penser que ces résultats publiés sont exacts. Les plus grandes banques commerciales, notamment celles impliquées dans la manipulation des marchés, sont aussi les plus exposées. Le risque pour le système bancaire est énorme, car il se retrouve virtuellement en faillite totale. Les questions qui se posent sont de savoir comment les meubles peuvent-ils encore être sauvés et quelles seront les interventions qui pourraient encore être tentées.
Le Turner Radio Network a publié le 19 Avril le résultat du "stress test" bancaire - le test de résitance des banques commerciales US - dont il prétend avoir pris connaissance. Cette investigation a été mené afin de vérifier si 19 grandes banques américaines seraient en mesure de supporter une poursuite des difficultés économiques ou un durcissement de la crise.
Au vu des résultats, la Fed et le Tresor se sont affrontés sur le fait de savoir s'il fallait publier ou non ces résultats, tellement ils seraient mauvais, un conflit au plus haut niveau des autorités financières mis en exèrgue par ce rapport (en anglais).
Dés le 10 Avril, comme le rapporte Bloomberg, la Fed a déclaré à Goldman Sachs Group Inc., Citigroup Inc. et à d'autres banques de rester muettes sur les résultats de ce stress test, qui est censé jauger la capacité des banques à affronter la récession, afin d'éviter un nouvel effondrement en bourse des établissements considérés comme les plus faibles.
En réponse aux résultats publiés par le Turner Radio Network, le Trésor US s'est empressé de répondre le 20 Avril que ces allégations son fausses, et qu'il n'a lui-même toujours pas pris connaissance des résultats, que des fuites sont donc impossibles. Cette affirmation apparait toutefois contradictoire avec l'annonce précédente.
L'urgence avec laquelle les membres de la "Federal Reserve" s'emploient à pousser les banques à reconstituer leurs réserves de capital afin de restaurer leur image auprès du public, d'après un article récent du Wall Streeet Journal tend également à confirmer les excécrables résultats de ce test de résistance bancaire.
Quels seraient donc les conclusions de ce fameux stress test selon le Turner Radio Network?
*Le risque de crédit est le risque qu'un contrat ou un prêt ne soit pas honoré par le débiteur, auquel cas la banque doit intégrer la perte dans son bilan.
Il ne nous est pas possible de valider définitivement ces données rapportées par Turner Radio Network, mais dans la mesure ou elles seraient exactes, cela signifie tout simplement que le système bancaire US tout entier est en faillite intégrale et totale.
Force est toutefois de constater que ces chiffres sont en droite ligne avec les données officielles de l'exposition des banques aux produits dérivés, tels que mentionnés dans le récent "Federal Office of Comptroller of the Currency’s Quarterly Report on Bank Trading and Derivatives Activity", et dont les données sont exposées dans le premier opus de la présente série.
Nous discutons présentement de l'exposition des banques au risque de crédit par le biais de produits dérivés qui représentent des engagements hors bilan, c'est-à-dire non comptabilisés dans l'actif de la banque. Il faut donc additionner ce risque supplémentaire à la situation bilantielle déjà dramatique du système de la banque centrale, qui fonctionne - est-il encore nécessaire de le rappeller - comme une méga-banque privée unique.
On retrouve en tête de liste de la prise de risque la société Goldman Sachs, l'actrice principale du Plunge Protection Fund, celle qui a fait monter les marchés depuis plusieurs semaines par ses interventions massives par le biais de ses fonds quantiques, comme cela a été démontré dans le deuxième article de la présente série.
En deuxième et troisième position dans le même domaine, on trouve respectivement HSBC et JP Morgan, les banques manipulatrices des marchés de l'or et de l'argent, tel que cela fut expliqué dans le troisième commentaire de la présente série.
Suivent ensuite Citibank et Bank of America. Il est d'ailleurs très curieux de lire dans un communiqué publié ce jour que les "régulateurs" auraient précisemment signifié à ces deux banques qu'elles devraient être amenées à lever des capitaux frais.
Pourquoi ces deux banques là justement, et non pas Goldman Sachs, JP Morgan et Citibank?
Les "régulateurs" auraient-ils déjà manigancé de laisser tomber Citibank et Bank of America pour être en mesure de sauvegarder les grosses entités de contrôle des marchés?
Concernant Bank of America, ses besoins en capitaux se chiffreraient en milliards de dollars. Le management des deux banques a toutefois rejeté ces résultats préliminaires relatifs au stress test et s'apprête à y répondre.
Ce ne seraient toutefois pas la première fois que Bank of America verrait sa conduite dictée par les autorités, les grandes manoeuvres de sauvetage du système bancaire étant loin de se dérouler dans la sérennité.
Dans ce cadre, un article de cyberpresse.ca du 23 Avril revient sur le sujet du rachat de Merryl Lynch par Bank of America au moi de Septembre dernier: le prédécesseur au trésor de Geithner, Henri Paulson, avait menacé de débarquer les dirigeants de Bank of America au cas où ceux-ci décideraient de renoncer à l'acquisition de la banque d'affaires, tandis que le président de la "Federal Reserve", Ben Bernanke, est accusé, comme M. Paulson, d'avoir demandé et obtenu le secret sur les comptes de Merrill Lynch, tenant non seulement les actionnaires mais même la SEC dans l'ignorance.
Dans cette histoire, la justice confirme que c'est à la demande de la Réserve fédérale et du Trésor que l'étendue réelle des pertes de Merrill Lynch est restée confidentielle, alors que «certains cadres» de Bank of America étaient déjà au courant de leur montant, qui a fini par atteindre 15,8 milliards de dollars entre octobre et décembre.
Si la Fed devait laisser tomber Citigroup et Bank of America, quel pourrait bien être leur destin?
Tout d'abord, faisons nous une idée de ce à quoi ressemble le graphe d'une banque sur le point de faire faillite, par l'exemple de Lehman Brothers en Septembre dernier:
Nous pouvons aussi visualiser le graphe d'une banque plus "chanceuse", puisqu'il s'agit de Merryl Lynch, qui a été rachetée au mois de Septembre comme nous venons de l'expliquer:
En conséquence de quoi, dans quel cas de figure s'inscrivent respectivement Bank of America:

ainsi que sa consoeur Citigroup Inc.?:

C'est en principe le 4 Mai que les résultats officiels, c'est-à-dire retraités, édulcorés et enjolivés devraient être présentés au grand public. Nul doute, comme le suggérait déjà récemment Dupilon, que nous allons assister à une grande farce, un rocambolesque spectacle de Granguignol au cours duquel nous sera expliqué au son des violons que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possible, que les banques ont passé le stress test avec succès, et que donc l'économie est sur le point de redémarrer.
La réalité est tout autre: le système bancaire est en faillite en raison de l'éclatement de la bulle du crédit qui emporte avec elle, tel un tsunami, l'ensemble des actifs surévalués, dont font notamment partie les produits dérivés, qui n'ont pas fini de s'effondrer, détruisant avec une célérité encore inconnue la solvabilité des banques. La vague vient tout juste d'attaquer la plage.
Nicolas, alias philippulus
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