Cinq des plus grandes banques US sont détentrices de la majeure partie des actifs toxiques. Geithner, le secrétaire d'état américain aux finances, dont il convient de rappeller qu'il avait fraudé le fisc américian avant d'entrer en fonction, tente de dissimuler le fait que ces cinq banques sont les plus fragiles et les plus exposées, alors qu'il avait expliqué publiquement qu'il ne viendrait pas en aide aux banques les moins solides. Bien que des mécanismes de démentèlement de ces établissements soient prévus par la loi, Geithner tout comme Obama se refusent à y recourrir, retardant et aggravant tout à la fois les conséquences économiques de la faillite du système bancaire. Car c'est bien d'une liquidation en règle dont il faut parler, qui est clairement visible à la lecture du graphe du secteur bancaire.
Comme le rapporte globalresearch.ca, lorsque Geithner, le secrétaire d'état américain aux finances s'est expliqué à la télévision, il a déclaré qu'il ne ferait pas d'effort en faveur des banques les plus faibles, mais tenterait de renforcer le système bancaire en apportant une aide aux établissement les plus solides. Le secret de Geithner est que ce sont seulement quelques établissements bancaires, qui sont en fait les 5 plus grandes banques américaines (plus l'anglaise HSBC), détentrices de la presque totalité des actifs toxiques, qu'il essait de sauver, alors que ces banques sont en fait les plus faibles justement du fait de ces détentions.
Ces actifs toxiques, que Warren Buffet a qualifié d'armes de destruction financière massive, sont notamment des dérivés hors bilan, et tous les dérivés "OTC", dont font notamment partie les trop fameux CDS, pour Credit Default Swaps. Le montant de ces CDS, publié tous les trimestres n'est malheuresement pas encore mis-à-jour sur le site isda.org, et l'on est en droit de se demander si ce retard n'est pas, de fait, le résultat du souhait de camoufler une évolution dramatique depuis l'été dernier, alors que leur montant total s'était effondré de $5,6 trillions (5600 milliards) ou encore:
$5 600 000 000 000 000
soit environ 1/3 de la valeur du PIB des USA, au cours du premier semestre 2008:

En clair, la solidité des banques est fallacieusement présentée comme proportionnelle à leur taille selon le principe immuable du "Too big to fail", alors que la proposition devrait être inversée. Si ces banques doivent être sauvegardées, c'est parcequ'elle font partie du cartel de la Fed et qu'elles tiennent les rennes du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique.
Selon les données officielles du "Federal Office of Comptroller of the Currency’s Quarterly Report on Bank Trading and Derivatives Activity", les cinq banques en question détiennent 96% de tous les produits dérivés en valeur nominale, mais supportent également 81% de l'exposition totale nette au risque de crédit en cas de défaillance.
Ces cinq banques sont par ordre décroissant du montant des dérivés détenus:
Le sauvetage de AIG, qui a absorbé $180 milliards, a surtout servi à honorer les engagements des CDS d'AIG vis-à-vis de ses contreparties: Goldman Sachs, Citibank, JP Morgan Chase et Bank of America. Ces cinqs institutions s'imaginent à ce jour être tellement importantes qu'elles sont en mesure de dicter la politique économique du gouvernement fédéral des Etats-Unis.
Il existe pourtant une loi qui permettrait de s'affranchir du problème d'insolvabilité des banques, et qui consisterait à les mettre sous administration judiciaire, afin d'effectuer un audit qui permettrait de faire le tri dans les actifs et le passif de ces établissements. La direction irresponsable est renvoyée, les actionnaires sont spoliés, puis les banques sont fractionnées en des unités plus petites, qui peuvent ensuite être revendues le jour ou elles deviennent rentables. Le pouvoir qu'on ces banques à exercé un chantage sur le pays, et l'économie toute entière, serait ainsi réduit de manière significative.
Selon F. William Engdahl, c'est précisemment ce que Geithner tente d'éviter par tous les moyens, alors que le cancer financier est concentré au sein de ces cinq banques, et qu'il est impératif de l'isoler afin que son hôte, l'économie réelle, puisse se rétablir. Chaque heure perdue par l'administration Obama à mettre cette procédure en application a un coût énorme pour l'économie mondiale, avec un effet boule de neige qui s'amplifiera au fur et à mesure que les pertes sur les dérivés hors bilan s'aggraveront.
Cette évolution programmée aura pour conséquences toujours plus de faillites d'entreprises, de défaillances hypothécaires, et une hausse ininterrompue du chomâge, alors qu'elle est la conséquence de la politique délibéremment conduite par Geithner et le président Obama, qu'ils aient ou non pris le temps de saisir ce que leur décisions implique.
Pour prendre la mesure des problèmes qui pèsent sur le système bancaire, on ne peut que constater la différence dans l'évolution de son indice de référence, avec celui d'un indice majeur large comme par exemple le SP500:

On peut donc conclure que les évolutions du SP500 (c'est-à-dire des indices en général) suivent des règles graphiques conventionnelles. Ce n'est pas contre pas le cas des banques comme le reflète le Philadelphia Bank Index:

De manière tout à fait claire, la chute du secteur bancaire a tout les aspects d'un évènement techniquement imprévisible, mais qui prend graphiquement la forme de l'éclatement d'une bulle, ceci dans le cadre d'une liquidation en règle du secteur. La cause de cet effondrement ne peut donc qu'être fondamentalement inhérente au système, dont les problèmes sont loin d'être résolus.
Le secteur bancaire ne doit actuellement son salut qu'aux interventions monétaires massives des organismes financiers étatiques, dont les actions ne suffisent même plus à masquer l'étendue du problème, puisqu'elles en sont à permettre aux banques commerciales des manipulations à grande échelle des marchés financiers et de ceux des métaux précieux, comme nous le verrons dans deux articles que je publierai Dimanche 26 et Lundi 27 Avril. Ces diverses interventions ne pourront que retarder une inéluctable issue. Nous terminerons cette série par un article au sujet du "stress test", le test de résistance à la crise des banques, Mardi 28 Avril.
Liens de lecture complémentaires en français au sujet du plan Geithner et des actifs toxiques:
Actifs pourris: pour quelques milliards de plus!
http://moktaramablog.over-blog.com/article-29817712.html#marque5
http://www.pauljorion.com/blog/?p=2654
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