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Europe et US sous le cycle japonais.

Analyse postée le 14 Jul 2010, 22:05

La saison des résultats trimestriels vient de démarrer , et il faut s' attendre à une certaine volatilité des marchés . Une fois de plus , le Dow a repassé la barre des 10 000 pts qui semble être le point de fixation des autorités monétaires dans leur gestion de l' indice .  Pas question d' admettre que l' économie US est en prise avec une contraction économique sévère . La vitrine du système se doit de garder le cap des 10 000 pts quoiqu' il advienne .

Officiellement , la reprise économique s' effectue sur un rythme moins soutenu qu' anticipé . Place au 5ème passage des 10 000 pts !

 

 

 

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L' économie US à l' heure japonaise .

 

Mais l' interventionnisme quasi permanent , via tous les canaux possibles , ne suffira pas à redresser un système chancelant . Malgré sa toute puissance et sa force de frappe monétaire , les US suivront la voie déja empruntée par le Japon en son temps .

Richard Koo's , chef économiste chez Nomura , vient d' ailleurs d' ajouter de l' eau au moulin des Bears . Sur de nombreux points , les US et l' Europe revisitent les chemins parcourus par l' Empire du Soleil Levant durant les années 90 . Les graphiques ci dessous sont extraits de ses documents .

Tout a commencé par l' implosion d' une bulle immobilière , et le reflux quasi similaire de ces actifs dans les deux économies , à une quinzaine d' années d' intervalles .

Cet événement , qualifié en son temps d' épiphénomène sans gravité par Ben Bernanke , n' en a pas moins provoqué une forte récession , un effondrement de la production industrielle et une montée du chomage inégalée depuis les années 30 , aussi bien aux US qu' en Europe , par effet décalé .

 

http://www.businessinsider.com/richard-koo-austerity-2010-7#-1

 

 

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La recette japonaise : Efficace pour le PIB US ?

 

Cette contraction économique implique une contraction du crédit sous de nombreux aspects , qu' il s' agisse des crédits aux particuliers , comme aux entreprises , comme également au niveau des prises de risques sur les marchés financiers . Le deleveraging fait désormais partie du paysage , depuis 2007 . Si l' on s' en réfère au précédent japonais , celui ci n 'est pas prêt de disparaitre , malgré les incitants fiscaux , les taux Zéro et autres formes de stimulus imaginés par les élites politiques et monétaires désireuses de relancer la mécanique .  Cette phase de rééquilibrage du circuit a duré plus de 10 ans .

Cependant , il convient de tempérer les perspectives les plus pessimistes , si l' on se base sur l' évolution du Japon . En effet , malgré cette phase de contraction , le Japon est parvenu à maintenir une croissance de son PIB suite aux initiatives gouvernementales .

Le gouvernement japonais s' est peu à peu substitué au secteur privé pour soutenir le PIB , via un net accroissement de sa dette souveraine .

Là aussi , les gouvernements occidentaux poursuivent le même but en utilisant les mêmes recettes . Mais il existe une différence de taille . La dette japonaise , émise en Yens , a été absorbée en majeure partie par les japonais dont le taux d' épargne est l' un des plus élevés au monde . Cette capacité d' absortion de la dette en interne a facilité le maintien des taux zéro durant plus d' une décennie , alors que le pays est l' un des premiers exportateurs mondiaux .

Ce qui n 'est pas le cas des US , importateur majeur au défivit colossal .

 

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Quid de l' évolution des taux ?

 

D' autre part , si le taux d' épargne des Européens est réel , il n' en va pas tout à fait de même pour les US , patrie de la consommation à outrance via l' usage intensif de la carte de crédit .

Selon l' analyste de Nomura , le surplus financier des ménages US est actuellement supérieur à celui des japonais . Je ne mettrai pas en doute ses données , mais il y a tout de même un détail qui doit être pris en compte . Les statistiques officielles de calcul de l' épargne , aux US , intègre la réduction des crédits en cours , ce qui n 'est pas à proprement parler une épargne nette , mais plutôt une réduction de l' endettement  . Il faudrait donc être certain de comparer des pommes avec des pommes , et non des oranges .... Quoiqu' il en soit , le niveau d' épargne actuel est inférieur à celui du Japon au même niveau du cycle de contraction   ( environ 9% pour le Japon versus 4% pour les US ) .

Il s' avère donc impossible pour les citoyens américains d' absorber  la grosse majorité des besoins en capitaux du Trésor US.

Dés lors , la véritable question à se poser , n 'est pas de savoir si l' économie US est à même de redémarrer concrétement à brève échéance  ( en dehors des fantasmes statistiques de Wall Street ) , mais plutôt de s' interroger sur la durée probable de cette période de taux Zéro , dont semble dépendre la survie du système économique .

La question d' une reprise réelle et durable est exclue , et fait simplement partie de la propagande officielle . L' expérience japonaise , comme celle des US immergés dans la même phase hivernale du cycle de Kondratieff dans les années 30  , démontre que la crise est toujours bien présente et fera encore partie du paysage durant plusieurs années . Si l' on s' en réfère à l' évolution des taux durant la Grande Dépression , ceux ci devraient rester au plancher durant pas mal de temps encore .

Malgré tout , je ne peux m' empêcher d' émettre un doute face à ces réfèrences historiques , car jamais la mondialisation n' avait provoqué un tel niveau de concurrence entre les blocs commerciaux , rivalité qui est à l' origine des escarmouches sur les devises et la pression sur la dette souveraine . Si certains états européens , ou certains états de la bannière étoilée doivent déja offrir des taux dont le spread s' écarte de plus de 2 à 3 % sur les cours officiels , il me parait difficile d' envisager une mer de sérénité permanente dans le secteur des taux souverains .

 

 

 

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Contraction de la croissance , mais le Dow garde le cap des 10 000 pts !

 

En attendant , préparons nous à vivre d' intenses moments d' euphorie et de rechutes au fil des publications des résultats d' entreprises . Nul doute que certains vont une fois de plus saluer la reprise qui s' annonce avec tout le faste nécéssaire . Mais en attendant , les indicateurs plus larges confirment plutôt une nouvelle phase de contraction .

En clair , l' état réel du système ressemble un peu à une auberge espagnole . On y trouve ce qu' on veut bien y rechercher ......

Mais tant que les autorités monétaires parviennent à maintenir le Dow alentour des 10 000 pts , l' illusion peut perdurer .

 

http://www.consumerindexes.com/index.html

 

 

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Affaire à suivre .......


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