La 1ère partie de cette série passe en revue les différentes étapes qui se sont déroulées depuis le départ de cette crise majeure. Elles sont reprises dans cet article.
L’ explosion de la bulle Immo , en 2005-2006, peut-être considérée comme le point de démarrage de la crise du secteur financier. La déresponsabilisation du secteur des prêts hypothécaires, grace à la titrisation de la dette , a généré la mise en place d’ un système de prêts octroyés sans aucune garantie, auprés d’ une frange d’ investisseurs manifestement incapables d’ honorer les remboursements à venir. Cette gamme de prêts , surnommés NINJA (No Income, No Job or Asset) a servi de détonateur à l’ explosion de la bulle.
Celle ci, désormais bien dégonflée, subit la même loi que toutes les bulles de par le monde. Pour autant ses conséquences continueront à se faire sentir durant de nombreuses années.
L’ ensemble des prêts Immo sont titrisés , compartimentés, découpés en tranches et vendus auprés des investisseurs institutionnels, sous le nom barbare d’ ABS.
Naturellement, l’ incapacité de paiement des emprunteurs n’ a pas tardé a augmenter le nombre de saisies immo et à générer des pertes de valorisation des ABS, variables en fonction de leurs qualités.
L’ augmentation brutale du nombre de faillites finit par jeter un voile de suspicion sur le modèle de valorisation de ce type d’ obligations. Peu à peu le marché prit conscience de la légéreté du modèle mathématique en place, et la chute s’ accéléra. Le graphique ci dessous illustre bien le processus.
A partir de février 07, le secteur financier commença son reflux, dans l’ indifférence générale, voire même une certaine euphorie boursière. Les graines de la méfiance étaient malgré tout semées. Il fallut attendre l’ été 07 pour que la crise des Subprime éclate au grand jour et provoque un début de panique boursière.
L intervention massive des banques centrales , au cours de l' été, permit de calmer le jeu. Mais le mal était fait. La crise des subprime a mis en lumière la fragilité d’ un système financier presque exclusivement basé sur un effet multiplicateur, via le principe de la réserve fractionnelle , elle même pratiquement réduite à sa plus simple expression, doublée d’ un effet de levier considérable à travers l’ utilisation massive de dérivés
Ce graphique issu de Pimco illustre bien l’ importante réduction de la réserve fractionnelle des banques en une vingtaine d’ années.
http://www.pimco.com/LeftNav/Featured+Market+Commentary/IO/2008/IO+January+2008.htm
L’ effet de levier sur dérivés a multiplié le montant des pertes à provisionner pour les organismes financiers , dont le capital n ‘est toujours pas en adéquation avec les risques pris sur les marchés. Pour éviter le dépôt de bilan, les banques les plus exposées sont à la recherche de capitaux frais auprés d’ investisseurs disposant de fortes liquidités. Les pays émergents s’ invitent au conseil d’ administration des grandes banques US, contraintes et forcées d’ accepter ces derniers au prix fort.
Mais faut-il pour autant croire que la crise est réglée….. ?
Absolument pas. Le consommateur US, à l’ origine de la crise, est de plus en plus étranglé par les révisions haussières de ses prêts hypothécaires, la hausse du cout de la vie et l' entrée en récession qui apparait bien souvent suite àl' éclatement d' une bulle immobilière ( En la matière, le Japon est un cas d' école).
Dans un ultime réflexe de survie, les ménages américains augmentent le recours à la carte de crédit, pour tenter d’ honorer leurs engagements. Et c ‘est bien de ce coté que réside la prochaine crise potentielle que devra affronter le secteur financier. L’ explosion de la bulle du crédit, qui fera l' objet de la 2ème partie de cette série…….
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