Faites sauter la banque - Seconde partie
Les cycles d' Armstrong : Une pertinence hors pair.
Crise financière : risques systémiques Part 3
Cette analyse fait suite au deux volets précédents :
Crise financière : risques systémiques Part 2
Crise financière : risques systémiques
La mécanique boursière , sérieusement grippée ; fait désormais la Une du journal télévisé.
Sur toutes les chaines de la planète, le mot Subprime vient de faire son entrée dans le vocabulaire des présentateurs télé.
Mais une fois de plus, l’ info est en retard sur la réalité. Le décrochage des marché, s’ il est toujours étiqueté « Subprime » , est plutôt une réaction de panique face à la découverte de la fragilité d’ un système prêt à lâcher une autre bombe, tout aussi mortelle.
Au cours de ces deux dernières décennies, les mécanismes internes aux marchés ont atteint un tel degré de sophistication que bien peu de professionnels en maitrisent encore les risques .
L’ effet de levier, présent à tous les niveaux du système financier, a désormais atteint un niveau extrême , grace à la magie du Carry Trade, cette technique qui permet d’ emprunter une devise à taux bas, voire zéro, et de réinvestir la somme sur un actif au rendement élevé. Le carry trade le plus connu est le Yen Carry Trade, mais il en existe d’ autres, en parallèle.
Le carry trade , pratiqué à grande échelle depuis plusieurs décennies, a permis la création d’ une véritable usine à liquidités, multipliant les effets de levier sur chacune des classes d’ actifs , dans une sorte de mouvement perpétuel réinventé.
Cet argent facile, créé ex-nihilo, a propulsé la valorisation des différentes classes d’ actifs vers de nouveaux sommets, de mois en mois, permettant, sur base de cette nouvelle valorisation , de nouveaux emprunts, eux mêmes réinvestis dans le système qui n’ en finit plus de grimper, créant au fil du temps de nouvelles bulles de valorisation à travers la planète.
La dernière en date, la Bulle Immo, a servi de machine à cash auprés des consommateurs/emprunteurs, éblouis par cette spirale haussière quasi permanente, cette dynamique merveilleuse et complétement folle , amplifiant encore l’ addiction au crédit des consommateurs US, ou anglo saxons, en général. A ce titre, les économies US, australiennes et britanniques ont d’ ailleurs été baptisées les « Fast Debt Nations ».
Le recours permanent au crédit, doublé d’ une utilisation croissante par le système financier de produits dérivés afin d’ accroitre les rendements, a fini par aboutir à une pyramide de liquidités monstrueuses, presque uniquement basée sur l’ endettement, et dont la part de capital réel est infinitésimale, de l’ ordre de 1 à 2 % seulement !
Source : http://www.prudentbear.com/index.php?option=com_content&view=article&id=4748&Itemid=58
Le graphique est suffisamment explicite, nous sommes bien en face de ce que l’ on pourrait qualifier du jeu de la pyramide, cette arnaque millénaire et bien connue de tous…..Sauf qu’ ici , il s’ agit d’ une représentation du système financier dans lequel nous vivons, basé sur la confiance dans le « Papier Monnaie »…….
Et ce qui vient de se produire, à travers l’ éclatement de la Bulle Immo, correspond à l’ équivalent d’ un sac de sable dans les engrenages d’ une mécanique parfaitement huilée depuis plusieurs générations. A trop vouloir en faire, et en prendre, on a commis l’ erreur fatale, la ligne de dérivés de trop……..
Mais ces dérivés là, les fameux CDO’s et autres ABS issus de l’ Immo, qui viennent d’ exploser à la figure de nos braves ingénieurs financiers, sont déjà de l’ histoire ancienne, bien que leurs conséquences se feront encore sentir durant plusieurs années….
Non, la nouveauté, c ‘est l’ étape suivante, l’ explosion d’ une autre classe de dérivés, les CDS, puisque la machine a liquidités est désormais grippée, la belle mécanique enrayée………
Les CDS ( Credit Default Swaps ) sont en quelque sorte des contrats d’ assurance d’ un tiers ( entreprises en général) entre deux parties concernées. Par exemple, une banque octroie un prêt (dans le cadre d’ une fusion acquisition) à l’ entreprise X, et cherche à se protéger contre tout accident de parcours de l’ entreprise. Elle conclut donc un CDS auprés d’ un organisme spécialisé (réassureur, autres organismes financiers, etc…..), afin de se couvrir de pertes potentielles subies dans le cadre du prêt octroyé à l’entreprise X.
En théorie, en cas de perte de valorisation du tiers, l’ assureur se doit de couvrir les pertes potentielles subiés par l’ assuré. Le modèle semble donc tout à fait correct. Mais hélas, il souffre lui aussi d’ un extraordinaire effet de levier, une bulle gigantesque dont les acteurs, , ne sont plus à même d’ honorer leurs engagements, face au ralentissement économique qui s’ opére et à la multiplication des problèmes à venir. Déjà en limite de sous capitalisation face aux Subprime, le secteur financier risque de s’ effondrer totalement , tel un château de cartes . Les effets de levier propres aux CDS sont repris dans les schémas ci dessous.
Et le risque majeur se trouve concentré sur un très petit nombre d’ acteurs, Primary dealers incontournables, qui, en cas d’ implosion, vont dynamiter l’ intégralité du système………
La situation peut se résumer en deux graphiques.
Le premier indique l’ hyperconcentration des dérivés sur ces primary dealers.
Source F.D.I.C.
Le second a de quoi donner des sueurs froides. …….. Je vous présente la Méga-bulle menacée d’ éclatement……http://www.stockmarketjungle.com/cdsbubble.jpg…
Nous sommes donc désormais dans la deuxième phase d’ un Bear Market démarré en l’ an 2000, et dont le rebond démarré en 2003 n’ a été qu’ une hausse en trompe l’ œil, exclusivement basé sur l’ endettement et l’ effet de levier sur les dérivés de la dette. Le tableau ci dessous est on ne peut plus clair. Les montants de ces dérivés ont explosé depuis l’ an 2000, !
http://www.isda.org/statistics/pdf/ISDA-Market-Survey-historical-data.pdf
Plus encore que pour les CDO's, les conséquences sont en passe de devenir désastreuses pour l' économie mondialisée et les indices y afférant. Cette phase de Bear Market sera beaucoup plus dévastatrice que la précédente, car elle touche le coeur du système mis en place aprés Bretton Wood. Elle ne s' achévera qu' avec une perte d' hégémonie pour les US, et une entrée sur le devant de la scène des économies émergentes, au cours d' un processus long et douloureux qui affectera tous les consommateurs de la planète......
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