Au début de 2009, les marchés obligataires étaient caractérisés par d’importantes distorsions. Depuis mars, les obligations d’entreprises ont connu un solide «rally» et les valorisations extrêmes ont largement disparu. Nous pensons que les obligations d’entreprises ont perdu leur attrait par rapport aux actions.
FOCUS Janvier 2010
Les divergences augmentent également au niveau des marchés obligataires. D’une part, ceci pourrait refléter les différences accrues en matière de tendances fondamentales et monétaires des régions et des secteurs. Certains pays ont entamé leur resserrement monétaire ou sont sur le point de le faire, d’autres sont encore très éloignés de ce scénario. D’autre part, ceci pourrait également signifier que les investisseurs sont davantage enclins à diversifier les risques au sein de leur portefeuille. Ils seront également nombreux à souhaiter prendre leurs bénéfices sur leurs investissements risqués dont les performances ont largement dépassé les attentes du début de l’année. Le principal message à retenir est que les marchés deviennent moins corrélés sur des périodes plus longues et sont susceptibles de changer de direction plus fréquemment. Nous recommandons par conséquent de diversifier le risque au sein des portefeuilles obligataires tout en mettant l’accent sur la solidité des bilans.
Nous surpondérons dès lors les obligations d’entreprises, les titres liés à des hypothèques et les obligations souveraines (des pays émergents). Nous nous attendons de surcroît à une volatilité accrue en 2010. Nous préférons donc les obligations d’entreprises affichant des ratings supérieurs et recherchons une exposition diversifiée aux fondamentaux macroéconomiques sains des marchés émergents.
Nous sommes surtout positifs pour les Asset Backed Securities AAA européens (ABS, titres adossés à des actifs). Il s’agit de l’un des rares marchés sur lesquels des primes de liquidité existent encore, alors que les fondamentaux sous-jacents s’améliorent. Les liquidités abondantes favorisent également cette classe d’actifs, comme elles le font pour la plupart des actifs offrant un rendement significativement plus élevé que le cash.
Nous sommes aussi surpondérés en obligations d’entreprises «Investment Grade» et en obligations des pays émergents en devises locales. Comme nous nous attendons à ce que les banques centrales maintiennent leurs taux d’intérêt à un faible niveau plus longtemps que ce que les marchés anticipent, nous sommes d’avis que la plupart des autres segments
obligataires (par ex. les obligations à haut rendement) enregistreront également des performances raisonnables en 2010. Toutefois, ces derniers semblent davantage exposés aux risques potentiels liés à la suppression des mesures d’assouplissement quantitatif et aux signes d’essoufflement de la reprise cyclique au cours de l’année.
Au second semestre de 2009, nous avons assisté à une légère baisse des rendements des obligations d’Etat. Normalement, les cours des actions et les cours obligataires évoluent dans des directions opposées. Une raison majeure
expliquant cette situation réside dans les importantes injections de capitaux. En dehors de la reprise économique, la liquidité a constitué une importante force motrice de la hausse des marchés.
Les grandes quantités de liquidités injectées dans le système financier par les banques centrales et les positions de trésorerie disponibles dans les fonds monétaires se dirigent vers toutes les classes d’actifs affichant un rendement
supérieur à celui du cash. Dans les principales économies développées, les taux du marché monétaire sont redescendus sous 1%. Les investisseurs se tournent par conséquent vers des segments se situant plus haut dans la courbe des taux et les obligations d’Etat peuvent alors constituer une alternative intéressante. La faiblesse des taux monétaires a également poussé les investisseurs vers les obligations d’entreprises dans un effort pour améliorer leur rendement.
Eu égard aux faibles taux d’intérêt fixés par les banques centrales et aux pressions baissières persistantes s’exerçant sur l’inflation, nous nous attendons à ce que le taux allemand à 10 ans fluctue entre 3 et 3,5% en 2010.
A lire également :
Economie : divergences accrues
Action : Contexte toujours favorable
Obligation : diversification des risques
Avertissement légal :
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