Les turbulences constatées depuis le mois d'août 2007 sur les marchés mondiaux constituent, pour de nombreuses innovations financières et en particulier pour le monde de la finance structurée, le premier véritable test. Ce test présente des défis d'autant plus complexes qu'il s'applique à un environnement financier qui a connu de profondes mutations au cours de la dernière décennie, avec une accélération de la mondialisation des marchés financiers, leur déréglementation et la libéralisation des flux de capitaux. Ces mutations ont conduit à une modification fondamentale et peut-être irréversible de l'intermédiation financière : désormais, le système bancaire n'est plus le seul à offrir du crédit à l'économie puisque la titrisation a ouvert les marchés de crédit aux investisseurs non bancaires.
Parallèlement à cet essor des investisseurs non bancaires, le rôle des banques s'est aussi significativement modifié. La titrisation a non seulement permis aux banques d'accroître leurs sources de refinancement, en rendant liquides les actifs illiquides détenus à leur bilan mais aussi de transférer le risque lié à ses actifs. Les banques sont ainsi devenues, au-delà de l'octroi de crédits, des intermédiaires tirant un pourcentage croissant de leurs revenus de la constitution de portefeuille de créances destinés à être cédés sous forme de titres à des investisseurs sur les marchés financiers.
Cependant, ces changements ne sont pas allés sans heurts. La désintermédiation s'est accompagnée de trois évolutions qui, combinées, ont conduit aux problèmes structurels que la crise des subprime a mis en lumière. D'abord, l'innovation financière a amené à la création de produits toujours plus complexes, alors même que l'historique de données pour évaluer le risque de ces nouveaux produits était inexistant ou trop limité. Ensuite, cette désintermédiation ne s'est pas accompagnée d'un niveau de transparence suffisant dans le système financier pour réduire les fortes asymétries d'information. Enfin, les incitations de chacun des acteurs se sont avérées insuffisamment alignées, favorisant une dilution des responsabilités au détriment des investisseurs.
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Articles du dossier :
CHAPITRE 1 : CRISE FINANCIÈRE : MÉCANISMES ET DYNAMIQUES
CHAPITRE 2 : INNOVATION, PRODUITS STRUCTURES ET STABILITE FINANCIERE

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