La technique de la titrisation se caractérise par la combinaison de trois mécanismes :
La titrisation s'est appliquée à une gamme toujours plus élargie d'actifs, pourvu que ceux-ci puissent générer une séquence de revenus suffisamment prévisibles pendant une période donnée. L'élargissement du spectre d'actifs sous-jacents a été lié pour un bonne part à des facteurs d'offre. Le resserrement rapide et prononcé des spreads de crédit à partir de la fin 2002 a progressivement réduit le gisement d'actifs offrant suffisamment de rendement pour être titrisés de manière rentable, contraignant les arrangeurs à recourir à des sous-jacents plus spécifiques offrant un surcroît de rendement du fait de leur complexité, de leur moindre liquidité ou de leur faible qualité. C'est ainsi que des actifs de plus en plus risqués ont été inclus dans les montages de titrisation, alors que ce marché était traditionnellement réputé pour sa sécurité car il s'appuyait sur du collatéral de première qualité (notamment prêts immobiliers de bonne qualité tout au long des années quatre-vingt-dix. Certains facteurs de demande ont cependant aussi joué un rôle, certaines institutions, notamment des compagnies d'assurances, fonds de pension, petites banques mais aussi des entreprises et même quelques États, cherchant à dynamiser leurs rendements et à diversifier leurs portefeuilles d'investissement, à l'image des grandes banques.
Ainsi, deux tiers des prêts subprime octroyés aux États-Unis ont été titrisés. Seul un tiers reste dans le bilan des banques. Leur titrisation comporte souvent plusieurs « étages » (cf. diagramme) : les prêts sont d'abord assemblés dans des RMBS (residential mortgage-backed securities) ou des ABS (asset-backed securities). Certaines tranches de RMBS sont ensuite assemblées dans des CDO (collateralised debt obligations, cf. encadré) ; enfin, un « conduit », véhicule se finançant par l'émission de titres à court terme -- via des ABCP (asset-backed commercial paper) --, achète à son tour des tranches de CDO et de RMBS.
En bout de course, des investisseurs (fonds mutuels dont OPCVM monétaires, compagnies d'assurance) achètent ces produits structurés. Ils les achètent d'autant plus volontiers qu'ils sont bien notés par les agences de notation et qu'ils procurent un rendement attractif par rapport aux titres d'entreprises de même notation.
Par le biais des mécanismes de titrisation, les expositions risquées se trouvent largement dispersées auprès de nombreux investisseurs, et dans plusieurs zones géographiques. Même des investisseurs perçus comme présentant une aversion au risque (OPCVM « monétaires dynamiques » en France par exemple) peuvent en détenir à titre de diversification ou d'amélioration du rendement.

Articles du dossier :
CHAPITRE 1 : CRISE FINANCIÈRE : MÉCANISMES ET DYNAMIQUES
CHAPITRE 2 : INNOVATION, PRODUITS STRUCTURES ET STABILITE FINANCIERE

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La technique de la titrisation
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