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La Crise Financière : Chronologie

La Crise Financière : Chronologie

Analyse postée le 24 Jun 2009, 23:50

Les principales étapes du déroulement de la crise et de l’action des autorités publiques de juillet 2007 à décembre 2008

 

2007

Juillet Bear Stearns annonce la faillite de deux hedge funds spécialisés dans les dérivés de crédit.
31 juillet
La banque publique allemande KfW apporte son soutien financier à IKB pour 8,1 milliards d’euros.
1er Aout
Le ministre des Finances allemand annonce un plan de sauvetage de 3,5 milliards d’euros pour éviter la faillite d’IKB.
7 août BNP Paribas gèle la valorisation de ses fonds.
9 août L’Eurosystème propose des liquidités en quantité illimitée au jour le jour.
17 août Le Système fédéral de réserve américain (Fed) étend la maturité maximale de sa facilité d’emprunt permanente de 1 jour à 30 jours.
23 août et 12 septembre La BCE lance une opération supplémentaire de refinancement en euros à 3 mois (opérations renouvelées par la suite tout au long de 2007 et 2008).
14 septembre L’annonce par la Banque d’Angleterre de l’octroi d’un prêt d’urgence, garanti par l’État, à la cinquième banque anglaise, Northern Rock, déclenche une panique sur les dépôts bancaires de cette banque.
18 septembre La Fed abaisse son taux directeur de 0,50 %, à 4,75 %.
1er octobre UBS, première banque suisse, annonce des dépréciations d’actifs pour 2,4 milliards d’euros.
24 octobre Merrill Lynch annonce des dépréciations d’actifs pour 8,4 milliards de dollars.
31 octobre La Fed abaisse son taux directeur de 0,25 %, à 4,5 %.
11 décembre La Fed abaisse son taux directeur de 0,25 %, à 4,25 %.
12 décembre Actions coordonnées de la Fed, de la BCE, de la Banque du Canada, de la Banque d’Angleterre et de la Banque nationale suisse afin de répondre aux besoins de financement à court terme en dollars.
Naissance du dispositif d’injection de dollars à terme : les TAF (term auction facilities) à 28 jours.

 

2008

15 janvier Citigroup publie des pertes record (9,83 milliards de dollars au quatrième trimestre 2007). Le groupe annonce, en outre, des dépréciations d’actifs pour 18,1 milliards de dollars.
22 janvier La Fed abaisse son taux directeur de 0,75 %, à 3,5 % lors d’un comité FOMC (Federal Open Market Committee) extraordinaire.
24 janvier La Société générale dévoile la fraude commise par l’un de ses traders, Jérôme Kerviel. Les pertes associées se montent à 4,9 milliards d’euros.
30 janvier La Fed abaisse son taux directeur de 0,50 %, à 3 %.
15 février UBS a perdu 12,4 milliards de francs suisses au quatrième trimestre 2007.
17 février Le gouvernement britannique nationalise Northern Rock.
11 mars La Fed lance une nouvelle facilité : la term securities lending facility. Cette facilité de 1 mois permet aux banques d’investissement d’emprunter des titres d’État en échange de titres de qualité de crédit inférieur (titres d’agences, mortgage-backed securities – MBS).
16 mars La Fed étend la maturité maximale de sa facilité d’emprunt permanente de 30 jours à 90 jours.
Elle introduit une nouvelle facilité, la primary dealer credit facility, qui permet un refinancement des banques d’investissement au jour le jour, contre des garanties élargies.
18 mars La Fed abaisse son taux directeur de 0,75 %, à 2,25 %.
24 mars Bear Stearns est repris par JP Morgan sous l’égide de la Fed qui prête 30 milliards de dollars au repreneur.
28 mars La BCE introduit un refinancement en euros à 6 mois.
1er avril UBS annonce un doublement de ses dépréciations qui s’élèvent à cette date à 37,4 milliards de dollars.
30 avril La Fed abaisse son taux directeur de 0,25 %, à 2 %.
Juin- août Dégradation de la note de trois grandes banques d’affaires américaines (Lehman Brothers, Merrill Lynch et Morgan Stanley) et de deux assureurs monoline (MBIA et Ambac).
7 septembre Le Trésor américain met les agences de crédit hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae sous tutelle et s’engage à leur apporter, au besoin, 200 milliards de dollars de capital.
15 septembre Lehman Brothers dépose son bilan.
Bank of America annonce le rachat de Merrill Lynch.
16 septembre La Fed et le gouvernement américain nationalisent de facto l’assureur AIG, menacé de faillite, en lui apportant une aide de 85 milliards de dollars en échange de 79,9 % de son capital.
18 septembre La banque britannique Lloyds TSB rachète sa concurrente HBOS menacée de faillite.
La BCE, la Fed, la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon, la Banque nationale suisse et la Banque du Canada ouvrent une nouvelle facilité conjointe en dollars. Il s’agit d’une TAF au jour le jour qui sera renouvelée jusqu’au 15 octobre.
19 septembre Le président George W. Bush annonce un plan de sauvetage des banques américaines (Plan Paulson).
La Fed lance une nouvelle facilité qui vise à soutenir le marché des fonds monétaires.
25 septembre Le président Nicolas Sarkozy appelle à un nouvel ordre financier international.
Les dépôts de Washington Mutual, en faillite, sont repris par JP Morgan.
26 septembre Le cours de bourse de Fortis s’effondre en raison de doutes sur sa solvabilité. Fortis est renfloué le 29 septembre par les États belge, néerlandais et luxembourgeois. BNP Paribas en prend le contrôle en Belgique et au Luxembourg pour 14,5 milliards d’euros.
29 septembre La Chambre des Représentants américaine rejette le plan Paulson.
L’État allemand et un consortium de banques apportent une garantie de crédit de 35 milliards d’euros à Hypo Real Estate, quatrième banque du pays.
Les banques Bradford & Bingley (au Royaume-Uni) et Glitnir (en Islande) sont nationalisées.
30 septembre Le gouvernement irlandais apporte une garantie générale de 2 ans aux six grandes banques du pays.
Les États belge, français et luxembourgeois assurent le sauvetage de Dexia en souscrivant à une augmentation de capital de 6,4 milliards d’euros.
3 octobre La liste des contreparties éligibles aux opérations de réglage fin de l’Eurosystème est élargie.
Le plan Paulson est adopté par la Chambre des représentants.
5 octobre Le gouvernement allemand lance un nouveau plan de sauvetage pour Hypo Real Estate.
7 octobre La Fed annonce le lancement d’une nouvelle facilité : la commercial paper funding facility. Par cette facilité, le Système fédéral de réserve acquiert directement des billets de trésorerie à 3 mois.
8 octobre Baisse des taux concertée par plusieurs banques centrales (Fed, BCE, Banque d’Angleterre, de Suède, du Canada et de Suisse) de 0,50 %. Le taux directeur de la zone euro est abaissé à 3,75 %, le taux directeur américain à 1,50 %.
La BCE revoit les modalités techniques d’adjudication ; elle annonce que les appels d’offres se feront à taux fi xe et que 100 % des demandes sont honorées jusqu’en janvier 2009 et elle rétrécit le corridor constitué par les taux des facilités permanentes.
Les ministres des Finances de l’UE décident de relever la garantie des dépôts de 20 000 euros à 50 000 euros dans un premier temps. Ils prévoient que le 31 décembre 2010 au plus tard, le niveau de garantie pour l’ensemble des dépôts d’un même déposant sera fi xé à 100 000 euros.
10 octobre Le G 7 adopte un plan d’action international qui vise à assurer la viabilité du système financier, éviter la faillite des institutions financières importantes, garantir l’accès à la liquidité, recapitaliser les institutions financières publiques, restaurer la confi ance des épargnants par des garanties publiques sur les dépôts et soutenir le marché des financements hypothécaires en lançant des travaux de réflexion sur les thèmes de la valorisation, la transparence et les règles comptables.
12 octobre A l’initiative du président Nicolas Sarkozy, adoption à Paris du plan anti-crise européen autour de l’action des États selon plusieurs axes (protéger les épargnants, assurer le financement de l’économie et éviter la faillite d’institutions financières systémiques).
13 octobre Le gouvernement français annonce son « Plan pour assurer le financement de l’économie et restaurer la confi ance ».
Les TAF de la BCE sont désormais adjugées sans limite de montant et à taux fi xe. La mesure est également mise en oeuvre par la Banque d’Angleterre et la Banque nationale suisse. Les lignes de swaps octroyées par la Fed à ces banques centrales sont dès lors illimitées.
15 octobre La BCE élargit son système de garantie (titres de dette négociables en devises, certifi cats de dépôts, dette subordonnée bénéfi ciant d’une garantie, prêts syndiqués sous droit anglais) et revoit à la baisse la notation minimale pour l’éligibilité des titres à BBB- contre A- auparavant.
La Banque nationale suisse et la BCE annoncent des mesures conjointes pour accroître les liquidités en francs suisses.
16 octobre La BCE conclut un accord avec la Banque nationale de Hongrie qui permet à cette dernière d’emprunter jusqu’à 5 milliards d’euros pour soutenir ses opérations.
Les autorités suisses annoncent un plan de sauvetage d’UBS, qui allie  recapitalisation par l’État (à hauteur de 5 milliards de dollars) et création par la Banque nationale suisse d’une structure de défaisance des actifs toxiques.
17 octobre Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, installe le conseil d’administration de la Société de financement de l’économie française (SFEF).
20 octobre Le gouvernement français annonce qu’il est prêt à souscrire pour un montant de 10,5 milliards d’euros à des émissions de titres subordonnés émis par les six principaux groupes bancaires français : Banques Populaires, BNP Paribas, Caisses d’épargne, Crédit agricole, Crédit mutuel et Société générale.
23 octobre Le président Nicolas Sarkozy annonce la tenue de la réunion du G 20, ainsi que la mise à disposition de 26 milliards d’euros de prêts pour assurer le financement des PME françaises et la nomination de René Ricol au poste de médiateur national du crédit.
27 octobre La BCE et la Banque nationale du Danemark mettent en place un accord de swap de devises pour un montant de 12 milliards d’euros.
28 et 29 octobre Octroi par la Fed de nouvelles lignes de swaps à quatre banques centrales de pays émergents (Mexique, Brésil, Corée du Sud et Singapour).
La Fed baisse son taux directeur de 0,50 %, à 1 %.
Le FMI annonce une facilité de prêt à court terme pour les pays en voie de développement.
31 octobre La Banque du Japon baisse son principal taux directeur de 0,2 %, le ramenant à 0,3 %.
4 novembre La SFEF annonce une première émission obligataire sur les marchés, émission bénéfi ciant d’une garantie autonome d’une maturité de 3 ans.
6 novembre La BCE baisse son taux directeur de 0,50 %, à 3,25 %.
La Banque d’Angleterre baisse son taux directeur de 1,50 %, le ramenant à 3 %.
9 novembre Les autorités chinoises annoncent un plan de soutien de 4 000 milliards de yuans (environ 470 milliards d’euros).
15 novembre Le G 20 publie un communiqué dans lequel il confi rme l’intention de ses membres (y compris donc les grands pays émergents) d’agir rapidement afin de répondre au ralentissement économique mondial et fi xe une feuille de route afin de tirer les leçons de la crise financière.
20 novembre Le président Nicolas Sarkozy annonce la création du Fonds stratégique d’investissement (FSI), destiné à renforcer les fonds propres et à stabiliser le capital des entreprises françaises.
23 novembre Le président élu Barack Obama annonce un plan de relance américain qu’il s’engage à mettre en oeuvre dès son investiture le 20 janvier. Le plan pourrait approcher les 1 000 milliards de dollars.
Le gouvernement américain garantit 306 milliards de dollars de dettes de Citigroup et injecte 20 milliards de dollars dans son capital.
2 décembre Un plan de relance européen de 200 milliards d’euros (1,5 % du PIB) est approuvé par les chefs d’États européens.
4 décembre Le président Nicolas Sarkozy annonce un plan de relance de l’économie française de 26 milliards d’euros.
La BCE abaisse son taux directeur de 0,75 %, à 2,50 %.
La Banque d’Angleterre baisse son taux directeur de 1 %, à 2 %.
10 décembre Le Congrès et la Maison Blanche concluent un accord de principe sur un plan de sauvetage des constructeurs automobiles, qui se chiffre à 13,4 milliards de dollars.
11 décembre Une fraude estimée à 50 milliards de dollars, montée par le fonds d’investissement de Bernard Madoff, est mise à jour. L’Autorité des Marchés financiers (AMF) estime à environ 500 millions d’euros l’exposition des OPCVM français ayant investi dans des OPCVM de droit irlandais et luxembourgeois touchés par la fraude Madoff.
16 décembre La Fed baisse son taux directeur de 0,75 % à 1 %, le ramenant dans une marge de fluctuation allant de 0 à 0,25 %.
19 décembre La Banque du Japon baisse son taux directeur de 0,20 %, le ramenant à 0,10 %.

 

la crise vue par les marches

Cette courbe reflète la défiance des marchés financiers à l'égard du secteur bancaire. Il s'agit, en effet, de l'évolution des cours de « CDS - credit default swaps », instrument qui estime la prime de risque sur le défaut du secteur bancaire et représente le « prix » que coûterait une assurance contre la défaillance de ce secteur. Il est construit en utilisant la moyenne arithmétique simple des primes de CDS (cf. chapitre 2, encadré décrivant cet instrument financier) sur un panel d'entités de référence du secteur bancaire : Bear Stearns, Citigroup, Goldman Sachs, JP Morgan, Lehman Brothers, Merrill Lynch, Morgan Stanley, ABN Amro, BNP Paribas, Société générale, Deutsche Bank, HSBC, RBS, UBS.

 

Articles du dossier :

CHAPITRE 1 : CRISE FINANCIÈRE : MÉCANISMES ET DYNAMIQUES

CHAPITRE 2 : INNOVATION, PRODUITS STRUCTURES ET STABILITE FINANCIERE

  • La technique de la titrisation
  • Le rôle de la désintermédiation
  • Les produits structurés : un terrain d’élection pour l’innovation financière

 

 

FEVRIER 2009 N° 2 - DOCUMENTS ET DEBATS

La Crise Financière

 

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