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Analyse technique - Préambule

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Posté par : joe coe le 28 Jul 2005, 01:37

Les fluctuations des cours sont-elles prévisibles ?


La question fait débat et ne trouve de réponse que dans les actes et les faits.
Les théoriciens pourfendeurs de la vérités se battent sur cette question depuis bien trop longtemps. Les quelques arguments trouvés ici et là sont présentés ci après.
Une chose est sûre, quelque soit la méthodologie, celui qui a raison en bourse c'est celui qui gagne de l'argent. Le reste n'a pas de sens...


Un élément essentiel pour comprendre l'évolution des cours en Bourse est le rôle clé joué par les anticipations des agents économiques. Acheter une action ou une obligation c'est acheter une chronique de flux futurs de revenus (et éventuellement un flux de revente) procurés par cette action ou cette obligation. Si les revenus (les coupons) sont connus d'avance pour une obligation à taux fixe, ils ne le sont pas pour une obligation à taux variable ou pour une action. Quant au prix de revente, il est incertain tant pour une action que pour une obligation. C'est donc bien sur la base d'anticipations de flux incertains que les décisions d'achat et de vente de produits financiers se prennent et que les prix d'équilibre se forment sur le marché.

Il existe plusieurs approches pour étudier l'évolution des prix des actifs négociés en Bourse.

 

L'approche fondamentaliste

L'analyse fondamentale essaie de quantifier l'effet des statistiques et autres résultats d'entreprises ou économiques sur l'évolution générale des marchés.
L'approche fondamentaliste considère que tout actif financier a une valeur intrinsèque égale à la valeur actualisée de la chronique de flux futurs anticipés procurés par cet actif. La valeur « vraie » ou intrinsèque d'un actif financier repose donc sur des prévisions subjectives, établies à partir des informations économiques disponibles, tant microéconomiques que macroéconomiques. Cela explique que tous les investisseurs ne puissent s'accorder sur cette valeur intrinsèque. Mais le prix de l'actif observé sur le marché fluctuerait autour de sa valeur intrinsèque. Aussi, les fondamentalistes pensent que les marchés sont prédictibles, à moyen et à long terme, dans la mesure où les prix finiraient toujours par converger vers la valeur intrinsèque des titres.

 

L'approche chartiste

L'approche chartiste tente, pour sa part, de prévoir l'évolution à court terme des cours futurs, en se basant sur des graphiques et des configurations représentatifs de l'historique des cours des valeurs. Cette approche se fonde sur le comportement mimétique des opérateurs sur les marchés. En effet, si les opérateurs appliquent tous les mêmes recettes de gestion, les cours auront tendance à évoluer dans le sens qui correspond à leurs prévisions ou croyances (selon le principe des anticipations auto-réalisatrices). En d'autres termes, ce n'est pas forcément parce qu'ils prévoient correctement une hausse ou une baisse que celle-ci survient, mais simplement parce qu'ils alimentent massivement le marché avec leurs ordres d'achat ou de vente.

 

L'approche de la marche aléatoire

L'approche de la marche aléatoire (Random Walk Theory), plus moderne, s'appuie quant à elle sur l'hypothèse d'efficience des marchés financiers. Un marché est considéré comme efficient si, à tout moment, les cours intègrent toute l'information disponible, c'est-à-dire toute l'information passée et toutes les anticipations sur les événements futurs. Or les prévisions sur ces événements futurs sont entachées d'erreurs qui sont, elles, totalement imprévisibles. Elles relèvent du hasard. Aussi, les cours des actifs financiers vont suivre une marche au hasard. Cela ne signifie pas que les cours évoluent de façon aléatoire, sans rapport avec les fondamentaux de l'économie et des entreprises cotées. Cependant, comme leur évolution dépend d'événements largement imprévisibles, les cours futurs ne peuvent pas être prévus. Selon cette approche, les investisseurs et les gérants de fonds ne peuvent espérer obtenir sur le long terme un rendement supérieur à celui du marché.

 

L'analyse technique

L'histoire de l'analyse technique

Les Japonais ont été les premiers à utiliser l'analyste technique pour faire du commerce financier sur l'un des plus anciens marchés à terme de la planète, à savoir celui du riz. Les Japonais ont commencé à traiter ce marché au XVIIe siècle. À cette époque, il arrivait que la récolte future de riz soit vendue à l'avance. Ces contrats étaient appelés contrats vides de riz. C'est l'origine du marché à terme qui engendra une forte spéculation qui engendra elle-même l'analyse technique japonaise. Munehisa Homma (1724-1803) découvrit que les marchés étaient influencés par la psychologie et les émotions des intervenants. La perception des récoltes pouvait être ainsi très différente de la réalité. Autrement exprimé, il se rendit compte que le prix et la valeur d'un bien étaient deux notions distinctes. Homma pourrait être à l'origine de la représentation en chandeliers japonais qui semble apparue à la fin du XVIIIe siècle au Japon sous l'ère Meiji. Cette technique est restée secrète aux yeux de l'Occident jusqu'en 1990 lorsque Steve Nison la dévoile à la suite d'un voyage professionnel au Japon.
Steve Nison est l'expert occidental le plus respecté en analyse graphique en chandeliers.
Jesse Livermore auteur du livre Mémoires d'un spéculateur, prend ses décisions sur de simples considérations de marchés et non sur des données fondamentales. En étudiant la psychologie du marché sur la base de son expérience personnelle, il découvre des similitudes dans certaines situations qui lui permettent de prévoir des retournements de tendances. En cela, on peut le voir comme un précurseur de l'analyse technique.
Mais ce fut à la fin du XIXe siècle qu'apparurent les premières grandes théories : la théorie de Dow par Charles Dow, la théorie des vagues d'Elliott de Ralph N. Elliott (qui se base en partie sur les bases de DOW).
C'est au début des années 1990 que les analystes techniques recommencent à publier des livres et articles et popularisent leurs méthodes de gestion. Prechter qui a complété et expliqué la théorie des vagues d'Elliott, S. Nison qui préconise l'utilisation des chandeliers japonais et Wilder qui a développé le DMI, le SAR et le RSI (oscillateur borné qui ouvrira la voie à une analyse technique plus quantitative permettant d'avoir des indications sur l'ampleur et la force d'un mouvement). Stan Weinstein a également beaucoup influencé les techniques de trading utilisés par les analystes techniques, en dévoilant une technique basée sur quatre phases qui lui ont permis de passer au travers des grands krach boursiers. Il est à l'origine du fameux slogan "the tape tells all" qui signifie le cours dit tout. Autrement dit, toutes les informations importantes sont inscrites dans les cours de bourse.

Les fondements

le cours consensus entre acheteurs et vendeurs 
Le cours d'une action représente la valeur à laquelle s'est effectuée la dernière transaction entre un vendeur et un acheteur.
La bourse met en relation deux personnes : l'acheteur et le vendeur. Ces deux personnes ne se connaissent pas et ne peuvent pas se connaître. Ainsi le vendeur d'une action ne peut connaître le nom de son acheteur. En bourse, le marché est influencé directement par le nombre d'acheteurs (demande) et le nombre de vendeurs (offre). De la confrontation entre les offres et les demandes résulte le prix d'équilibre. Le prix d'équilibre d'une action peut varier plusieurs fois en une seule minute.
La rencontre de l'offre et la demande fixe donc le prix d'un actif, d'une action ou de tout autre bien s'échangeant en bourse. Quand il y a davantage d'offreurs (vendeurs) que de demandeurs (acheteurs), le prix du bien tend à baisser.

 

la psychologie du marché

L'avenir est déterminé par le passé sur les marchés et les mêmes « erreurs » se répètent toujours (formation de bulles spéculatives et krachs). Là encore, cette idée découle de l'analyse psychologique d'une foule. Les sociologues qui se sont intéressés aux foules ont affirmé que celles-ci avaient des comportements propres n'ayant pas de lien avec une simple somme de comportements individuels. Une foule est mue par certains principes qui parviennent à transcender la psychologie de chaque individu la composant. Le tout aura plus d'influence sur la partie que chaque partie n'en aura sur le tout du fait du phénomène d'imitation existant au sein de tout groupe. La décision d'un individu au sein d'une foule est fondée sur l'idée qu'il se fait de la décision que vont prendre les autres individus composant cette foule et non sur sa perception normale de la réalité. Si l'individu peut apprendre du passé, la foule, elle, n'en apprend rien et évoluera souvent de la même façon dans des situations identiques. Ceci s'applique aux marchés : le fait que krachs et bulles spéculatives soient récurrents sont les exemples les plus probants de l'existence de ce principe d'imitation qui interdit toute leçon du passé à la foule.
Les lois ou phénomènes remarqués par les analystes techniques et dont ils essaient de tirer profit ne sont pas pour eux des absolus puisqu'ils imaginent en général plusieurs scénarios avant une décision. Considérer l'analyse technique comme une approche pratique du trading plus que comme une science n'est donc pas une erreur, les tenants de cette discipline en ayant eux-mêmes souvent cette vision. Toutefois ce qui fait la force de l'analyse technique et qui peut amener à la considérer comme une science (sociale et non dure) est qu'elle est produite et utilisée par des opérateurs qui ont une vue quotidienne et pragmatique des marchés.

 

l'analyse technique : tout est dans le cours

Ce point est certainement le plus important de tous puisqu'il justifie le fait que l'analyse technique ne s'intéresse qu'aux seules données de marché et non pas aux données fondamentales comme les statistiques économiques ou les résultats des entreprises. En effet si, à chaque instant, le cours d'un actif sous-jacent intègre immédiatement toute l'information disponible sur les marchés, alors il n'est plus besoin de s'intéresser aux données fondamentales puisqu'il est quasiment impossible de profiter d'un effet d'annonce.

 

Source : Wikipédia / universalis

Je suis le maître de mon destin,Je suis le capitaine de mon âme.
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