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7.4 Australie

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Posté par : philippulus le 12 Nov 2006, 15:19
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Origine étymologique
Le terme Austral se réfère à l'hémisphère sud, par opposition à l'hémisphère nord ou Boréal. Nous nous souvenons tous de nos leçons de géographie scolaire, au cours desquelles nous apprenions que si l'on transperce une mappemonde de part en part avec une aiguille à tricoter en partant de la France, la pointe de l'aiguille ressortirait aux antipodes à proximité de l'Australie (en Nouvelle-Zélande pour être plus précis)


C'est le sens donnée à cette figure pour laquelle les cours ont tout d'abord fortement décalé dans un sens, provoquant ainsi une forte augmentation de la volatilité, puis ont complètement traversé l'enveloppe de volatilité sans permettre à la volatilité de faiblir notablement, avant de poursuivre leur mouvement au dela de la bande de Bollinger la plus proche :



Définition de l'Australie d'après le GLB
Le concept de l'Australie est abordé dans le GLB, p. 115 et 116. Les explications apportées sur cette figure de la volatilité sont peu claires et sujettes à interprétation. Même une lecture poussée ne permet pas d'interpréter correctement les critères exposés. On peut néanmoins en retenir les aspects suivants, qui me semblent les plus pertinents. Je les ai annotés pour mettre ces critères en correspondance avec l'interprétation que j'en ai faite (mais qui n'est peut-être pas la bonne):

(1) La volatilité dépasse son précédent maxima sur l'unité de temps supérieure à celle qui nous concerne.
(2) Des parallèles se forment sur l'unité de temps inférieure
(3) mais le niveau de la volatilité est trop éloigné du niveau minimal pour prendre position.
(4) Lorsque cette figure est validée,
(5) le décalage de cours est déjà important.
(6) Dans cette configuration, les décalages de cours sont systématiquement supérieurs à tout ce qui peut être observé sur cette unité de temps.



Je fait volontairement abstraction de la notion de pré-parallèles qui ne me parait ni pertinente, ni exploitable en terme d'intervention sur le marché dans le cadre de cette figure.

Volatilité maximale
Le critère principal pour valider une figure Australie selon Cahen est donc le dépassement du dernier maxima de volatilité. Il convient de remarquer que l'exemple donné à ce titre dans le GLB, p.116, est en contradiction avec cette définition :


puisque même si les cours clôturent au delà de la bande de Bollinger dans une situation de volatilité élevée (1), la volatilité corrigée du niveau des cours ne dépasse pas son précédent sommet (2). Ce n'est que lorsque la volatilité fut redevenue historiquement basse (3) qu'une nouvelle tendance a pu se développer (4) sur la base très conventionnelle d'une séquence T1, T2 :


D'autre part, le rapport Gérardin réalisé sous la direction de Cahen remet en cause la notion de volatilité maximale. Dans ce sens, il n'existe pas de limite à l'expansion de la volatilité qui peut devenir le moteur d'une tendance dans certaines situations particulières telles que les configurations de type Australie.

Australie vraie
Observons tout d'abord quelques exemples de configurations Australie, selon mon interprétation personnelle (et qui n'engage d'ailleurs que moi):












Les caractéristiques de l'Australie sont les suivantes:
C'est une figure exceptionnelle, donc très rare.
De nature exclusivement haussière.
Qui se forme sur des échelles de temps longues exclusivement.
Durant la phase de plateau, les bandes de Bollinger présentent un écartement considérable proportionnellement au prix maximum atteint par les cours (qui représente au minimum 50% sur les exemples présentés), et sont généralement plates avant le démarrage de la figure (1),
La volatilité de départ est par conséquent très élevée et proche de son niveau maximum (2)
La figure peut être anticipée par un croisement haussier fort entre les moyennes 7 et 23 périodes (3)
Qui précède (ou accompagne) une hausse de la volatilité vers des niveaux historiquement élevés (4)
Tandis que les cours de l'actif affichent une progression considérable (au minimum un doublement, même si ce potentiel n'est pas encore atteint sur toutes les figures précédentes, qui sont encore en cours au moment de la rédaction).

Australie, une figure haussière exclusivement
Par définition, une Australie est forcément haussière : lorsqu'une configuration de départ présentant les caractéristiques d'une Australie se met en place dans un contexte baissier, son potentiel est en effet borné par le niveau de prix zéro. Aucune figure Australie ne peut donc se développer à la baisse, comme le montre les deux exemples suivants:






C'est également le cas pour ce dernier exemple, pour lequel l'échec de la figure baissière permet d'ailleurs d'envisager une Australie vraie, donc haussière. Nous en reparlerons dans quelques trimestres pour vérifier si cette hypothèse s'est concrétisée:




Australie ou feinte de corp
Selon ma propre interprétation, qui n'est pas celle de Cahen, la plupart des figures pour lesquelles les cours décalent dans un sens avant de traverser les bandes pour en ressortir aux antipodes relèvent de situations de feinte de corps.

Compte tenu de la définition donnée plus haut de la figure Australie, ceci est notamment vrai pour toutes les figures qui se forment sur les échelles courtes d'une part, ainsi que pour toutes les figures baissières d'autre part.

Sur les échelles courtes, les cours sont confrontés à des obstacles qui peuvent être des résistances ou supports dynamiques des échelles plus longues (cf, la feinte de corps), mais sont également confrontés à la difficulté de franchir des seuils de volatilité historiques.

La volatilité issue d'un niveau bas effectue une première progression (1), puis les cours inversent leur tendance naissante pour traverser les bandes de Bollinger (2) et poursuivre leur mouvement en sens inverse. Lorsque ce phénomène intervient, la volatilité n'a généralement progressé qu'au delà d'un niveau moyen (3). Même si elle parvient ensuite à s'affranchir de ses précédents sommets (4), cette situation ne semble pas être en mesure de garantir un décalage ayant la puissance de ceux normalement observés en présence d'une Australie vraie. On peut comparer cette évolution à celle d'un cycliste qui devrait tout d'abord franchir plusieurs cols avant de s'élancer dans une course de plat contre la montre, après avoir brûlé une bonne partie de ses ressources énergétiques :



On observe d'autre par sur la figure précédente que l'écartement des bandes relativement au prix maximum de l'actif n'est en rien comparable à celui observé sur les exemples d'Australies vraies présentés plus haut.

Mode d'intervention en présence d'une Australie
Il faut garder à l'esprit que lorsqu'une Australie potentielle est detéctée, le potentiel haussier est tellement prometteur qu'il ne faut pas tarder à se positionner (contrairement à ce qu'affirme Cahen, qui prétend que cette figure n'est pas exploitable par les particuliers).

Je l'ai d'ailleurs démontré sur Technip, pour laquelle un achat sous 34 a été recommandé fin Mai 2005, tandis que les cours sont actuellement à 49 après avoir progressé jusque 61, dans une tendance haussière qui est probablement loin d'être terminée.

Il est bien entendu déconseillé de traiter l'Australie comme une configuration atd classique et d'acheter le dépassement du T1 ou la confirmation de pré-parallèles haussières (lien à venir). Au contraire, il faut anticiper la formation de la figure lorsqu'un croisement haussier vient de se former, ou est sur le point de se concrétiser, entre les moyennes 7 et 23 sur une échelle de temps longue.
Pour reprendre l'exemple d'Apple Computer, lorsque les cours sont entre les bandes de Bollinger en situation de volatilité élevée tandis que la tendance est neutre, et que le Stochastique (ainsi que le Macd) réalise un croisement haussier fort en (1), on doit s'attendre à voir les cours progresser jusque la bande de Bollinger supérieure. On s'attend ensuite à voir se concrétiser un croisement haussier fort M7/M23 en (2):



En recherchant un signal sur les échelles inférieures, il était possible d'intervenir sur des séquences T1/T2 qui se sont produites simultanément sur les échelles hebdomadaire et mensuelle par anticipation du croisement des moyennes mobiles trimestrielles:



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